En cette chaleur de mois d’août, Du vent dans mes mollets est la dose de fraicheur qu’il nous fallait. Après un pitch un brin insignifiant, rien ne semblait laisser présager un long-métrage aussi beau et drôle à la fois, tant par des répliques hilarantes que par une grande présence de poésie, à travers la découverte du monde par deux petites filles que tout semble opposer, de prime abord. Par ailleurs, deux brillantes fillettes interprétées par Juliette Gombert et Anna Lemarchand. Ces dernières réussissent là où la plupart des gamins échouent : jamais elles n’horripilent et elles s’avèrent même plutôt attachantes ! Sans jamais tomber dans l’excès, elles forment ainsi le moteur d’une chronique juvénile imprévisible et joyeuse, où se succèdent la découverte incongrue du sexe, de la vie, de l’amour et enfin de la mort. Tout cette petite aventure ne serait certainement par aussi réussie sans la crème des comédiens français. À savoir Denis Podalydès, Agnès Jaoui ou encore la superbe Isabelle Carré. Un beau monde pour un long-métrage plutôt réussi, en dépit d’un style visuel plutôt bâclé. En effet, si l’on peut parfois déceler quelques efforts dans la photographie, on ne trouve rien de bien transcendant par ici, hormis une sorte de côté artificiel qui émane de cette tentative de retranscription des années 80. Fort heureusement, il s’agit là d’un défaut mineur qui ne suffira pas à gâcher le visionnage du film. Bien entendu, on peut aussi reprocher à Du vent dans mes mollets de jouer un peu trop la carte de l’optimisme, bien que le film soit – en quelques sortes – vu par des yeux d’enfant. Enfin, si Du vent dans mes mollets dispose d’un tel charme, c’est avant tout parce qu’il peut faire l’effet d’une réminiscence sur notre propre enfance, et ainsi rappeler les radotages des parents ou encore des éventuelles conneries de jeunesse. Tout cela en plus du côté burlesque, qui sévit particulièrement sur le personnage du père – incarné par Podalydès, à deux doigts de revivre l’idylle adultérine quelques semaines seulement après Adieu Berthe – qui semble attirer les ennuis comme la foudre. En conclusion, Du vent dans mes mollets est une comédie revigorante et poétique sans grande prétention, à laquelle vient se rattacher une excellente brochette d’acteurs.