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Un visiteur
2,5
Publiée le 12 mars 2014
Si Paris vaut bien une messe, elle vaut bien, aussi, une nuit blanche. Celle du 24 au 25 août 1944, où le gouverneur Von Choltitz, qui a pour ordre de détruire la ville, reçoit la visite de Nordling, qui tente de l'en dissuader. Un huis-clos qui, malheureusement, ne tient pas ses promesses. On attendait une montée en puissance jouissive, un feu d'artifice de rhétorique. On n'a rien d'autre qu'un film paresseux, sans inventivité ni, surtout, de dialogues percutants. Heureusement, il y a Niels Arestrup. Mais c'est insuffisant pour sauver l'ensemble.
En faisant la promotion de ce film historique de Volker Schlöndorff, André Dussolier disait à une speakerine charmée, qu'après le tournage, il savourait le plaisir de traverser Paris en voiture, pour rentrer chez lui et celui de profiter de la beauté et de la rareté des monuments qui la décorent avec âme et élégance. Et il sait de quoi il parle le souriant acteur aux mutilples Césars, puisqu'il joue dans "Diplomatie" le noble rôle de défenseur de la ville lumière, de sa population et de son architecture face à un militaire germain arrogant et aveuglément respecteux des instructions données par Hitler. Dans les faits, dans la nuit du 24 au 25 août 1944, le général Von Choltitz, gouverneur de Paris entreprend le sinistre projet de bousiller notre belle capitale à coups d'explosifs. Tous les ponts, tous les monuments sont minés et prêts à choir en poussière sur ordre du rigide général. Celui-ci obéit au dessein plein de folie et d'ego de son Fuhrer de patron, qui, jaloux que Berlin soit déjà anéanti, ne supporte pas de voir Paris toujours debout; humilié et fou de colère à cette idée. Le consul de Suède, Raoul Nordling, alias André Dussolier, se pointe comme un cheveu blanc sur l'Hôtel Meurice, où siège le dit général qui n'en finit pas de donner des ordres à ses soumis de soldats et d'envoyer paître tous ses sbires claquant comme des cons des talons à chaque remontrance. Nordling va alors tenter de calmer les ambitions destructrices du général Von Arestrup et un dialogue exquis de finesse se met en marche pour raisonner le teuton galonné. Sans jamais perdre son calme et en usant d'un humour des plus bristish, alors qu'il est censé être suédois, le consul plaide avec brio la cause de ce Paris occupé par l'occupant kaki. Paris est, soixante-dix ans après, toujours belle, de jour comme de nuit et Hitler demeure un sale con.
Un film de facture conventionnelle certes, mais il aurait sans doute était superflu de vouloir innover à tout prix. En effet, le texte est puissant et suffit à lui-même. Que dire de Dussolier et Arestrup? Ils sont, sans surprise, tout en maîtrise de leur art. Et au final, Paris brûle-t-il?
En se basant sur la pièce de théâtre, déjà savoureuse de Cyril Gély, le réalisateur Volker Schlöndorff orchestre sur grand écran un face à face qui faisait déjà des merveilles sur les planches. André Dussolier et Niels Arestrup sont tous les deux excellents dans leurs rôles respectifs et leur débat est rondement mené. Au cœur de cet échange de paroles entre le diplomate et le militaire, il y a un enjeu énorme : celui du sauvetage de Paris et de ses habitants alors que tous les grands bâtiments emblématiques de la capitale ont été piégés avec des explosifs. Entre la raison et son devoir, le général allemand doit faire un choix et le consul fait tout pour le décider à épargner Paris. On n'a certainement pas le temps de s'ennuyer devant ce film prenant, mis en scène de la main d'un réalisateur confirmé et servis par de savoureux dialogues. Il en ressort donc un divertissement de qualité, véritable hymne à la beauté de Paris, qu'on regarde sous un autre jour à la sortie de la salle de cinéma.
sans doute pas un chef d'oeuvre mais une belle lumière - y aurait a ezdire sur la mise en scène- et deux beaux acteurs dont Dussolier mimant le secours a Scoltiz
A quoi ressemblerait notre capitale si les Allemands avaient réellement mis leur plan de destruction à execution ? Se dire que l'on a failli ne plus pouvoir admirer tous nos magnifiques monuments et l’atmosphère unique de Paris fait froid dans le dos. Diplomatie raconte comment cette tragédie a pu être évitée de justesse après de longues négociations alors que le sort de Paris était dans les mains d'un seul homme.
Adaptation de la pièce de théâtre de Cyril Gely, Diplomatie suit les tractations menées par le consul de suède Raoul Nordling à la fin de la seconde guerre mondiale pour convaincre le général allemand Dietrich Von Choltitz d'abandonner ses projets de destruction de Paris suite à la débâcle des Allemands. Sous l'ordre d'Hitler tous les plus grands monuments et tous les ponts de la capitale avait étés chargés d'explosifs prêts à transformer Paris en champ de ruine en moins de vingt minutes.
André Dussolier et Niels Arrestrup reprennent ici les rôles qu'ils ont déjà tenu sur scène pendant plus de deux cents représentations. Pour Niels Arrestrup c'est l'occasion de jouer à nouveau un personnage détestable, une spécialité pour le comédien qui n'a besoin de peu pour l'être. André Dussolier est tout l'opposé, un acteur jouant bien souvent des personnages sympathiques qu'on apprécie au premier regard. Leur confrontation exceptionnelle mérite à elle seule d'aller voir le film.
Pour cette adaptation, les producteurs sont allés chercher le réalisateur allemand Volker Schlöndorff auteur du classique Le Tambour. Un amoureux de notre capitale qui arrive à donner au film un aspect suffisamment vivant pour éviter à ce huis clos de ressembler à du théâtre filmé. Il a aussi la bonne idée de laisser les allemands s'exprimer entre eux dans leur langue pour plus de crédibilité. Cela parait logique au premier abord, mais de nombreux réalisateurs n'y pense pas toujours ou l'évite pour ne pas avoir a faire subir des sous titres à leur public. Cela permet pourtant d'installer plus de suspens, les français étant pris dans une discussion en allemand pouvant s'inquieter plus de leur sort.
Pour ceux que le film intéressait particulièrement pour son aspect historique, sachez que Cyril Gely et Volker Schlöndorff se sont permis quelques libertés avec les événements. Les tractations entre Raoul Nordling et Dietrich Von Choltitz ont en réalité duré plusieurs jours. On ne sait d'ailleurs pas ce qu'il s'est dit en réalité dans la suite de cet hôtel entre les deux hommes. La vérité a aussi été plus complexe que dans le film et a necessité l'implication de plusieurs personnes. La pression de la rue ayant peut être fait plus que le consul pour arriver à sauver Paris.
Si on ne voit vraiment pas le temps passé durant toute la joute verbale entre les deux acteurs, on reste cependant un peu sur notre faim au bout du long métrage. L'envie d'en voir un peu plus sur la libération de la ville et la fin de la guerre mais ce n'était pas les ambitions de ce film. Sur le sujet il existe déjà le classique Paris Brûle T'Il sortie en 1966. Si le devoir de mémoire est quelque chose d'essentiel, ce genre de films continue aussi à rendre difficile d'accepter une amitié avec l'Allemagne.
Peut-être Diplomatie sort il un peu trop tôt pour les prochains César mais la joute verbale entre Niels Arestrup et André Dussolier pourrait bien les placer dans la catégorie Meilleur Acteur. Leur prestation est le gros point fort de ce long métrage qui ne fait qu'effleurer l'histoire de la libération de Paris et du drame évité. Une leçon de comédie avant d'être une leçon d'histoire.
J'ai adoré! La majeur partie du film a beau se passer dans une seule pièce, qui plus est avec seulement 2 personnages, on ne s'ennuie pas du tout. L'incroyable performance des 2 acteurs principaux et le contexte historique des événements sont un vrai moment de plaisir! Bravo!
Film assez court sur une tranche d'histoire que nous croyons connaitre non à travers la réalités des faits encore sujets à caution, mais par l'interprétation déjà donnée par Lapierre et Collins dans Paris brûle-t-il ? Nordling et Von Choltiitz ont négocié bien des choses mais l'hypothèse de la destruction de Paris n'a pas été réellement établie. Au-delà de l'exactitude historique, " Diplomatie " est d'une indéniable efficacité dramaturgique : les deux acteurs font assaut de talent. Niels Arestrup, est sans doute le plus convaincant, André Dussollier est plus léger, et certains de ces arguments sont trop actuels pour être liés à l'époque .C'est du théâtre filmé et comme souvent ( Le Souper avec Claude Rich et Claude Brasseur) la pièce montre plus d'intensité que le film...
Même si la fin est connue....Paris ne brûle pas.....voici certainement un des meilleurs films de la saison Nils Arestrup dont l'allemand est parfait et André Dussolier sont extraordinaires, deux très grands acteurs. Courrez voir ce film je crains en effet que le sujet ne passionne pas le grand public.
Pour son nouveau film, Volker Schlöndorff ("Le Tambour", "Un Amour de Swann", "Palmetto", "Le Neuvième Jour", "Les Trois Vies de Rita Vogt") choisi la carte de la fiction ancrée dans la grande Histoire : Août 1944, il souffle comme un vent de défaite sur le IIIème Reich. En effet, à la tête d’une division de blindés, le Général Leclerc fonce droit vers Paris. Proscrit dans un Berlin en ruine, Adolf Hitler ne supporte pas l’idée que la capitale française soit libérée tout en étant intacte. Il contacte alors le gouverneur de Paris, le Général Von Choltitz, et lui donne l’ordre d’appliquer le plan mis en place ces derniers temps. En effet, les soldats allemands ont miné tous les ponts sur la Seine et les principaux monuments de la ville (Le Louvre, L’Arc de Triomphe, Notre-Dame, la Tour Eiffel…). Mais avant de mettre le plan à exécution, Von Choltitz reçoit la visite inattendue de Raoul Nordling, le consul de Suède. Va alors débuter entre les deux hommes des pourparlers qui auront pour but de tenter de sauver Paris de la destruction…Et c’est ainsi que nous assistons à un huit clos assez original puisqu’il s’agit d’une incroyable joute verbale s'apparentant à une dantesque partie d’échec où les arguments de chacun peuvent se voir comme autant de tentatives de feintes, de bluffs, d’attaques ou de ripostes. C’est vraiment très bien écrit et le texte nous amène sur plusieurs réflexions comme la destruction inestimable d’un patrimoine culturel, la mort directe de milliers d’innocents hors d’une zone de combat ou encore le risque de ne jamais pouvoir dans le futur construire la paix entre la France et l'Allemagne. Et ce « combat » nous permet aussi d’assister à une fabuleuse interprétation de la part d’André Dussollier et Niels Arestrup : le premier incarne avec finesse un Nordling affichant un flegme qui ferait pâlir n’importe quel britannique alors qu’il est toujours sur la corde raide en marchant sur des œufs minés ; le second endosse l’uniforme pour camper un homme solide comme un roc et fidèle envers son devoir de militaire. Chacun continue d’avancer vers son adversaire en faisant toujours attention de ne jamais laisser apparaître une faille pouvant lui faire perdre la partie. La confrontation entre ses deux monstres que sont ces deux acteurs chevronnés pourrait leur valoir un César commun tellement ils sont irréprochables et complémentaires. Avec "Diplomatie", Volker Schlöndorff nous livre une très bonne adaptation de la pièce de théâtre éponyme qui possède une certaine maîtrise de la mise en scène, un récit prenant et soulevant quelques débats et des acteurs bluffant dont l’incroyable performance les hisse au rang de héros mythologiques. Un bon moment de cinéma qui pourra vous réconcilier avec la production cinématographique française.
Du théâtre filmé, Diplomatie, adapté de la pièce éponyme ? Oui, bien sûr, avec quelques échappées sous forme d'images en noir et blanc documentaires. Mais ce huis-clos bénéficie d'une écriture ciselée et, bien qu'on connaisse le dénouement, réserve son lot de surprises, devenant un vrai suspense dialectique. La mise en scène affutée de Volker Schlöndorff se resserre et s'aère en alternance au fil de l'affrontement au sommet de ses deux personnages principaux. Une vraie partie d'échecs entre le militaire et le diplomate, passionnante de bout en bout. Et ce, grâce au génie, le mot n'est pas trop fort, de Dussolier et d'Arestrup. Paris brule t-il ? Non, mais les acteurs enflamment la pellicule, ou le numérique, si l'on préfère.
Trois grands noms du cinéma se rencontrent pour nous conter la nuit qui aurait pu bouleverser le destin de l'une des villes les plus célèbres au monde. Tout d'abord, nous pouvons qu'admirer le jeu des acteurs. Ces deux têtes d'affiche, monstres du cinéma français, sont excellents. Ils nous captent et nous éblouissent. Niels Arestrup, parlant un allemand parfait, est incroyable. Et André Dussolier a cette force paisible qui nous séduit. La réalisation est impeccable. Il est montré qu'avec peu de moyens il est possible de faire des miracles et de faire comprendre beaucoup de choses. La lumière, les ombres, les clairs-obscurs sont très très bien maîtrisés et jouent beaucoup avec la performance des acteurs. L'histoire est prenante, même si nous en connaissons le dénouement. Les dialogues, avec ce jeu de ping-pong de celui qui en sait le plus, celui qui a le pouvoir sur l'autre, sont jubilatoires. Nous pouvons déjà penser à la prochaine cérémonie des césars, en 2015...
A 74 ans et une carrière bien tassée, Volker Schlöndorff prouve qu’il n’a rien perdu de sa verve et de son talent en réussissant là où tant d’autres ont échoué : savoir rendre haletant et passionnant un huis clos à deux personnages enfermé entre quatre murs. Le cinéste aurait pu tomber dans le piège du théâtre filmé poussiéreux et statistique, au contraire, il hisse avec habileté et virtuosité son exercice de style au rang de suspense psychologique palpitant, intense et maîtrisé. Un petit bijou porté par deux monstres sacrés.