S’il est avant tout un film historique bien spécifique, il n’en reste pas moins que le film de Volker Schlöndorff est l’adaptation d’une pièce de théâtre, d’où l’effet huis clos qui permet aussi bien la diminution du budget qu’une science très pointue du dialogue, de l’échange. Les enjeux développés sont ici colossaux. Nous parlons là de la destruction pure et simple de la capitale française, Paris, par une armée allemande au bord du gouffre. Si historiquement, on peut émettre quelques doutes en ce qui concerne les faits et le récit du film, il n’en reste pas moins que la cause défendue par le consul suédois face au général de la Wehrmacht est d’une importance très appréciable.
Il fallait, pour réussir le pari de captiver le public d’un simple échange, s’attacher les services de grands acteurs. Aussi bien André Dussollier que Niels Arestrup n’auront pas toujours été convaincants, tout au long de leurs carrières respectives. N’empêche, ici, les deux hommes sont d’une habilité indéniable pour ce qui est de discourir. Si le premier, soit Dussollier, était sans doute le point d’interrogation dans le dispositif du cinéaste, le comédien français s’en sort avec les honneurs. Il ne possède certes pas le charisme de son compagnon, mais rend la monnaie de sa pièce à un Niels Arestrup excellent. Celui-ci incarne le général par excellence, finalement respectueux bien que servant les plans du tyran que tout le monde connaît. Aussi bien dans un français légèrement teinté d’accent que dans un allemand un peu trop académique, le comédien tire à lui toute l’attention. Deux belles performances en somme.
Quand au cadre, soyons franc, l’adaptation d’une pièce de théâtre privilégie l’échange en huis clos. Si ce n’est en soi pas un réel défaut, soulignons tout de même la légèreté d’un film qui possède une ambition féroce, celle d’apprendre l’histoire de manière ludique. Si les deux acteurs, comme mentionné, sont excellents, il manque un certain panache, une certaine rigueur au métrage pour que celui-ci sorte des rangs des films manquant d’une certaine ambition. Très soigné, en particulier dans l’écriture des dialogues, très harmonieux, le film n’est somme toute qu’un banal échange d’intérêt, sans prise de risque. Un échange entre deux protagonistes qui plus est assorti d’une vitrine publicitaire pour la ville de Paris, son histoire.
Penchant souvent dans la facilité, le retournement du général étant finalement parachuté, Diplomatie manque de bien des choses pour pouvoir prétendre au film historique de l’année écoulée. L’on ne boude pourtant pas notre plaisir de redécouvrir, pour la énième fois, l’univers d’une France occupée, d’un temps révolu de guerre mondiale. Applaudissons tout de même cette belle petite équipe pour nous avoir livré un film intelligent, propret et intéressant, culturellement parlant. 13/20