Depuis l'excellent "Wendy et Lucy", c'est toujours avec impatience qu'on attend chaque nouveau film de Kelly Reichardt. Il y a 4 ans, "La dernière piste" n'avait pas déçu les adeptes de son cinéma toujours très modeste, juste et sans esbroufe. C'est de nouveau dans l'Orégon qu'elle est allée tourner "Night Moves", un film dont elle a écrit le scénario, de nouveau en collaboration avec Jonathan Raymond. Il s'agit cette fois d'une histoire liée à l'écologie, 2 jeunes militants écolo et un personnage plus flou décidant de se lancer dans l'éco-terrorisme en faisant sauter un barrage. Deux parties distinctes dans le film : la préparation du "coup", la gestion de ses conséquences, plus graves que ce qu'ils avaient anticipé. Entre ces deux parties, la scène que n'importe quel tâcheron du cinéma aurait aimé mettre à son actif est complètement escamotée, heureusement, intelligemment : on ne voit rien du barrage qui saute, on entend juste l'explosion lorsque le trio repart dans son pick-up. Dans les deux parties, le spectateur ressent une tension extrême, il a, comme on dit, les tripes nouées. On se demande par quel miracle cela est possible dans la mesure où il ne se passe pas grand chose d'extraordinaire, dans la mesure où les dialogues sont réduits au minimum tout en étant d'une grande justesse. En fait, Kelly Reichardt est toujours aussi impressionnante par sa façon de caresser les scènes avec une caméra qui ne bouge pas ou si peu, une caméra qui, sans arrêt, effleure les personnages avec une grande douceur. Ces êtres humains, c'est ce qui intéresse avant tout la réalisatrice. Certes, on sent qu'elle comprend le besoin d'une lutte contre les dégâts causés par notre société envers la nature, mais on sent aussi qu'elle n'a pas de solution toute faite. C'est pourquoi elle s'attarde sur les doutes des deux écolos, aussi bien avant et après l'explosion du barrage et sur leurs difficultés, in fine, à encaisser les conséquences de leur acte. Les 3 comédiens principaux, Jesse Eisenberg, Dakota Fanning et Peter Sarsgaard, sont absolument remarquables. Il est heureux que le cinéma américain, si décevant ces derniers temps, ait encore quelques réalisateurs/trices de la trempe de Kelly Reichardt à nous proposer. On notera que "Night Moves" a obtenu en septembre dernier le Grand Prix du Festival du Cinéma Américain de Deauville.
Encore un film minimaliste et lentissime où les acteurs pensent qu'il suffit de faire la gueule pour être crédible... En plus, comme son l'indique, l'histoire se passe la plupart du temps la nuit et on ne profite même pas des paysages superbes de l'Orégon... Quant à la fin, on dirait que c'est la mode de couper en plein milieu. Bref, pour les accros au coitus interruptus, mais sans coït.
Loin des films hollywoodiens, ce film américain est tout sauf destiné à ceux qui veulent de l'action, toujours de l'action... Ici, c'est avant tout des silences auxquels on a droit et c'est tant mieux...
Un film qui essaie de jouer sur deux tableaux : un message écolo un peu radical avec des actions plutôt musclées comme celle de faire sauter des barrages, et un autre presque sectaire en montrant la vie dans une ferme biologique coopérative. L'ambiance du film est un peu dérangeante, volontairement stressante et n'engendre pas la franche hilarité. Après il y a l'intrgue même du film avec cette action de sabotage qui tourne mal et dont l'un des protagoniste aura du mal à en assumer les conséquences. Jesse Eisenberg surprend dans un registre minimamiste; Dakota Fanning reste toujours autant tête à claques. Il reste que je ne suis pas arrivé à rentrer dans le film, et la fin déroutante n'a pas aidé non plus
Un film correct sur le basculement de jeunes écolos qui vont trop loin. Belle mise en scène ; bons acteurs (dont Jesse Eisenberg qu'on voit désormais partout et même en double...) ; bonne atmosphère. Le film est délibérément lent et en tension ce qui pousse le spectateur à sentir l'inéluctable destin se mettre en place. La fin, faussement ouverte, peut en décevoir plus d'un mais elle est moins convenue qu'un visage en gros plan derrière des barreaux, non ? Reste qu'à part les paysages, on pourrait voir cela à la télévision plutôt qu'au cinéma. Ce n'est pas assez fort et profond pour mériter un écran de 4 mètres par 10...
Comme dans la Dernière Piste, Kelly Reichardt se révèle experte pour faire naître des ambiances lourdes et délétères. La mise-en-scène est tout à fait digne d'une disciple de Gus Van Sant, mais nous n'avons aucune idée de ce que ses films veulent nous dire.
Trois activistes écologiques décident de faire exploser un barrage. Pourquoi ? Ce n'est pas vraiment ce qui compte dans "Night Moves", thriller qui nous met du côté de ces militants impliqués dans la survie de la planète et de sa nature. Kelly Reichardt, sans apporter de solutions au problème qu'elle aborde (ce qui est très bien car il n'y a pas de solution miracle), nous montre la préparation de l'attentat, son exécution et ses conséquences avec une minutie admirable, parfois vraiment fascinante. En cela, la première partie du film est une vraie réussite, remplie d'une certaine tension jusqu'au moment où le barrage explose. Et alors que l'on s'attarde sur les scrupules des personnages, le film commence à perdre en intérêt, durant sûrement plus longtemps qu'il ne l'aurait dû même si on ne peut nier la bonne volonté de la réalisatrice et son talent qui nous fascine pendant plus d'une heure. Et si au bout d'un moment, on décroche, on ne va pas blâmer les acteurs, en particulier Peter Sarsgaard et Jesse Eisenberg, car ils sont très bons.
Un film épatant et audacieux qui ne laisse pas indemne. Kelly Reichardt nous offre un moment singulier en nous obligeant dès le début du film à faire partie d'un trio auquel on s'attachera bien vite, malgré ses desseins plus que douteux. On ne sait tout d'abord pas vraiment ce qui se passe, mais on y est, on est tout de suite embarqué avec eux et au fil de l'histoire, on se prend au jeu. On accompagne ces incroyables personnages pas à pas, dans leur rage (toute en intériorité), leur radicalité et leur doute et on se prend même à vouloir à tout prix qu'ils réussissent leur projet fou. La réalisatrice nous oblige à nous interroger comme eux et fait monter la pression en insinuant le doute peu à peu au milieu de ce triangle fascinant. La narration est très bien sentie et dévoile peu à peu la complexité et les implications du film, rien n'est dévoilé facilement et le spectateur est donc mis à contribution, et mon dieu cela fait du bien. La mise en scène est un vrai délice de délicatesse et le casting est en or. Jesse Eisenberg est génial et Dakota Fanning est absolument bouleversante, alors que le film, en lui-même reste assez froid et ne prendra jamais partie.
Sujet intéressant , mais je crois que la volonté de trop vouloir être continuellement dans la lenteur finit par tuer le film et n'ajoute que de la longueur .Bien joué mais trop long.L altermondialiste criminel c'est un peu trop
Bien réalisé, attention d'une lenteur contemplative qui m'a fait bailler de nombreuses fois... Le scénario est simple mais son récit reste "supportable". Il ne plaira pas a tous, notamment pour le ton dépressif présent sur une grande partie du métrage.
une première moitié ennuyeuse et agaçante. Ennuyeuse parce que l'intrigue est plate et téléphonée, sans grand suspense : autant aller voir un bon thriller. Agaçante à force de clichés, de vertu écologiquement corrects : bon sang mais que ces gens manquent de joie, tels qu'ils sont dépeints ! Une 2ème moitié plus riche : la gestion psychologique par les protagonistes des conséquences de leur acte, entre panique, culpabilité et dépression. Au final, à refaire je serais resté chez moi.
Si les précédentes réalisations de Kelly Reichardt avaient la spécificité de transcender la beauté de la nature américaine et de ses grands espaces verdoyants, elle s’emploie cette fois à scruter l’âme de ses plus farouches défenseurs. La question éthique posée par Night Moves sur l’éco-terrorisme et ses dérives laisse un certain flou sur l’opinion de la réalisatrice à ce sujet mais confirme son talent pour faire de ses paysages sylvestres le cadre idéal à un récit lyrique. Le talent des trois jeunes prodiges (Jesse Eisenberg, Dakota Fanning et Peter Sarsgaard) aide à donner à la préparation minutieuse de cet attentat, filmé à la façon d’un film de braquage, un suspense intense que l’élongation du temps ne fait qu’amplifier, nous faisant profiter de ce calme qui précède l’explosion. Mais la seconde partie, entièrement basée sur les conséquences de leur acte, perd cette approche de thriller pour devenir un drame psychologique, est assez bancale dans son approfondissement du sentiment de culpabilité et, dès lors, les longueurs scénaristiques deviennent franchement plombantes. La beauté de certaines scènes rend cette fable fataliste agréable à regarder mais le rythme pesant avec lequel elles sont distillées et sa conclusion bâclée laissent derrière eux un regrettable gout d’inachevé.
Alors que la première moitié du film est plutôt réussie et intense, plus on avance vers la fin, moins c’est intéressant et maitrisé. On ressort donc frustré alors que Night moves pose beaucoup de questions et souvent de manière intelligente. Mais ça ne suffit pas toujours…