Ce n'est pas "une" Hortense que Damien Hauer (intellectuel spécialiste de la civilisation chinoise) "cherche" (à toucher), mais un "Hortense" (Henri Hortense, homme de pouvoir façon éminence grise - Philippe Duclos, parfait). Il s'est en effet engagé imprudemment à obtenir de son père Sébastien (Claude Rich, malheureusement dans les 15 ans de trop au compteur pour faire un crédible président de section au Conseil d'Etat, même prolongé comme peuvent l'être certains hauts fonctionnaires, mais pour autant toujours excellent, ici en grand commis de l’Etat à la vie privée originale !) qu'il use de son influence auprès dudit Hortense pour empêcher l'expulsion d'une amie et compatriote de la nouvelle compagne de son presque beau-frère (il n'est en effet pas marié avec la mère de son fils Noé, Iva/Kristin Scott-Thomas - curieux cependant de demander à une Anglaise d'incarner une Serbe : accent non conforme !), autrement dit une parfaite inconnue. Très gêné aux entournures dans ses rapports filiaux, Damien entreprend un véritable chemin de croix pour tenter de respecter sa parole, renvoyé sans arrêt dans son coin par un père facétieux ne lui donnant pas plus de chances de voir sa requête aboutir que n’en aurait eu au Grand-Siècle un solliciteur à placet. Mais le hasard se mêle plaisamment de l’affaire, quand Damien rencontre Aurore (Isabelle Carré, impeccable). Le bougon (c’est Jean-Pierre Bacri, égal à lui-même, qui est à la manœuvre) va faire du ménage dans ses amours et amitiés, et (ré)apprendre à se détendre (voir l’amusante séquence traitant de l’art de sourire). Histoire (et dialogues) bien écrits, mise en scène et interprétation en rapport, pour une comédie enlevée, plus de mœurs (bobos et grands-bourgeois, mais aussi sans-papiers) que « romantique » évidemment, même si les sentiments sont bien au cœur du propos. Seul regret : Claude Rich a 83 ans et Bacri 61 (l’un et l’autre faisant bien leur âge), et si l’écart des générations est (tout juste) crédible pour en faire un père et un fils à l’écran, Damien est supposé être (tout juste) quinquagénaire et Sébastien, aux alentours des 68/70 ans maximum pour exercer ses fonctions, est alors un géniteur peu vraisemblable ! Mais je pinaille sans doute…