Après une première incursion convaincante dans le monde du travail avec "Ce que veulent les femmes", la réalisatrice Nancy Meyers rempile quinze ans plus tard sur grosso modo le même sujet. Si on reconnait aisément sa patte dans les leçons de vie qui en sont tirées, elle n’est pas parvenue à rendre sa copie aussi plaisante que son film de 2000. Personnellement, avec "Le nouveau stagiaire", j’ai eu plus la sensation d’assister à une comédie gentillette qu’autre chose. L’idée de départ était pourtant sympa en exploitant la vie des seniors qui veulent encore se sentir utiles. En effet, la retraite ne correspond pas toujours à l’attente des seniors, à plus forte raison quand ils sont seuls. C’est exactement le cas de Ben Whittaker (Robert De Niro), un veuf de 70 ans a priori sans famille. Alors quand il saisit l’occasion de reprendre une vie active, en l’occurrence dans une start-up de mode par Internet, cela promet une bonne petite comédie fantasque et très drôle, d’autant plus qu’il va avoir affaire avec la dirigeante de l’entreprise trop occupée à gérer ses affaires pour vraiment prêter attention à ses collaborateurs. Seulement voilà : au lieu d’avoir une histoire désopilante par la confrontation de deux générations différentes, on voit plutôt la sagesse et l’expérience de l’une venir en aide à la course effrénée de l’autre vers la réussite dans un monde en pleine mutation. Alors bien sûr, on appréciera les précieux conseils du vieux de la vieille, d’abord parce qu’ils font appel aux bons sentiments, ensuite parce qu’un certain nombre de spectateurs y trouveront aussi leur compte. Mais avant d’en arriver là, encore faut-il que le nouveau stagiaire se fasse remarquer par la personne à qui il a été confié. Pour cela, on peut compter sur la patience de l’aîné, ce qui est le cas du septuagénaire. Seulement voilà, telle une personne âgée quelque peu retombée en enfance, Robert De Niro n’économise pas les cabotinages. Cela donne une désagréable impression de too much : il en fait des tonnes par un nombre incalculable de mimiques. Après, le déroulement de l’histoire est assez convenu : on ne doute pas un seul instant, et ce dès son entrée dans cette entreprise, qu’il parviendra à se rapprocher de la patronne à qui il a été confié. Mais au lieu d’avoir une confrontation qui promettait des rires par ce conflit de générations, cela tourne plutôt à la notion d’ange gardien. Pour autant, on ne ressent pas vraiment le rapprochement d’ordre intime qui s’effectue entre les deux personnages principaux. Autrement dit, le duo ne fonctionne pas vraiment. Mais bon, il ne faut pas cracher dans la soupe non plus : la direction prise change quand même un peu. Sans compter qu’il faut être honnête : ça se laisse regarder, la réalisation n’étant en plus pas mauvaise, bien que très sobre puisque la narration ne tombe jamais dans un aspect romancé. A voir une fois donc, mais pas inoubliable.