Récit autobiographique sincère et vibrant mais trop décousu d’une ado de la DDASS en quête d’émancipation, portée par l’interprétation à fleur de peau (et un peu fatiguante par moment) de Doria Achour.
Avec "La Fille Publique" : Cheyenne Carron trouve là son film le plus personnel et le plus sincère. Totalement autobiographique, le long-métrage est habitée par une rage de vivre qui n'as jamais autant transpiré à l'écran. Le propre personnage de la réalisatrice française est incarnée par une Doria Achour phénoménale, pleine de justesse. Le vrai chef d'œuvre de cette grande dame du cinéma. Assez méconnu d'ailleurs. Un pari culotté et très risqué qui se révèle totalement gagnant malgré quelques erreurs çi et là. On en redemande !
Un long film tout en simplicité, où ça parle avec des mots du quotidien, avec des gens simples, humains et une adolescente puissante, rebelle, tendre, attachée foncièrement à sa famille d'accueil. La consigne des services sociaux, qui a confié ces deux enfants de 3 mois et un an, il y a bien longtemps, à cette famille d'accueil, c'était "Ne vous attachez pas" ! Comment peut-on proférer de telles énormités ? Ils ont tenu bon à ne pas se prendre pour les parents, à ne pas usurper une place. Yasmeen ne l'entend pas ainsi : "Adoptez-moi !" "Je veux vous appeler papa et maman !" De sa mère biologique "sa génitrice" comme elle la désigne, elle ne veut pas/plus avoir affaire à elle. Sa soeur ainée est plus ambivalente. Nous suivons cette histoire palpitante, où cette jeune fille ne fait pas de mauvaises rencontres (on a peur pour elle tout le temps), elle rencontre l'ennui, le désespoir, l'absentéisme scolaire, la révolte, mais son point d'ancrage solide, c'est sa famille d'accueil, ses frères et soeurs d'adoption. C'est une très belle histoire presque naïve, mais qui nous entraine dans l'espoir, dans la simplicité des belles personnes. Oui, le cinéma offre parfois cette part de rêve si précieuse pour exister. Se reconnaitre dans un patronyme, dans un prénom, qui nous porte à accomplir ce à quoi nous nous destinons, ne pas céder sur son désir, voilà ce qui sous-tend le propos de ce film. Point de condamnation des méchants. Ici, celle ou celui qui n'a plus sa place disparait de l'écran, quitte l'histoire sans qu'il soit nécessaire d'en passer par la jubilatoire exclusion. Faire crédit à chacun.e de donner sens à sa vie, tel est le vecteur de "La fille publique". Bravo !
je viens de voir ce film en dvd, un dimanche après-midi j'ai été bouleversé à chaque minute c'est un chef d'oeuvre absolu Cheyenne Carron a tout compris du cinéma
Le film mêle souffrance familiales, quête d'identité mais aussi combat , espoir et résilience ! Les acteurs sont justes et sincères , malgré quelques petites longueurs le film nous embarque et on en ressort touchés et regonflés ! Bravo et bonne continuation à toute l'équipe !
Trouvé par hasard et pas regretté. Excellent. La souffrance et le doute sont omniprésents. Sujet souvent tabou, révélé ici au grand jour. La mise en scène est remarquable pour un aussi petit budget. Nous pardonnons facilement quelques erreurs. Doria Achour est criante de sincérité, bravo... Beau début de carrière. A voir avant que les grosses productions n'occupe tout l'espace !!!
Un peu long je lis? Oui peut-être. Mais si on accepte de se dépouiller de "ses formats" habituels du 90mn et qu'on accepte de recevoir ce film étonnant et filmé au plus près de l'obsession d'une adolescente dont la vie est en panne, bloquée, étouffée par une seule "injustice" et que rien ne pourra se résoudre pour elle, si elle ne la corrige pas, alors on acceptera de partir dans ce voyage superbe. Et surtout superbement porté par une actrice ( Doria Achour) qui pousse le jeu, la rage, l'émotion, si loin que dès les premières minutes on comprend que l'on a affaire à une interprète exceptionnelle. Et qui vous donne l'impression non plus de jouer, mais d'être avec tout ce que ce mot a de plein. Courez-y.
Très beau film. Sheyenne Carron livre là un objet étonnant de vitalité et de vérité sur son parcours. Chacun peut y retrouver cette rage de l'adolescence, ou ses blessures. C'est formidablement filmé, au plus près des interprètes qui sont chacun d'une grande justesse, ancrés dans des réalités très humaines. Les sentiments sont violents, forts. Ca fait du bien. Grâce et charisme du personnage de Yasmine (Doria Achour) qui traverse et porte le film avec un talent qui ne l'abandonne pas une seconde. La mère (Anne Lambert) est également étonnante et très particulière. Et tous les autres rôles très attachants. J'ai été vraiment émue par ce film, malgré quelques longueurs, mais, qui au final n'altèrent pas mon sentiment général.