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Pascal
254 abonnés
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4,0
Publiée le 9 octobre 2022
Injustement massacré par la critique, " the canyons" sera peut-être un jour un film culte. Schrader ( ex scénariste de Pollack, De Palma et Scorcese) se rapproche avec ce film de l'univers artistique de Nicolas Rinding Refn et aussi de celui de Sofia Coppola.
"The canyons " parvient avec ce portrait d'une jeunesse superficielle, à la dérive et allant jusqu'au bout de ses fantasmes à captiver.
Thriller très sexy ( le casting est franchement très réussi), sans temps mort, c'est à mes yeux une sacrée bonne surprise.
Le côté vénéneux du personnage masculin principal, incarnant le fils à papa, psychopathe ( james Deen- acteur venu du porno) et de la sulfureuse Lindsay Lohan affleure dans chaque plan.
Au vue de leurs parcours respectifs dans leur vie personnelle, on imagine que les acteurs n'ont pas dû beaucoup forcer leur nature pour rendre crédible leur interprétation.
Les acteurs qui tiennent des rôles secondaires sont tous aussi, à la hauteur pour décrire ce milieu californien inculte constitué de paillettes, de superficialité.
Avec comme scénariste le sulfureux Bret Easton Ellis, comme réalisateur Paul Schrader, Lindsay Lohan comme actrice, James Deen qui est un hardeur comme acteur et une apparition de Gus Van Sant ... Ainsi qu'un budget de 250 000$ (plus 160 000 de crowdfunding) il y avait de quoi éveiller la curiosité ! Le résultat est plus qu'à la hauteur ! Une ambiance qui n'est pas sans évoquer certains passages de Mulholland Drive, le personnage de Christian et celui d'Adam dans MD ont bcp de points communs. C'est filmé froid et clean, les smartphones sont des personnages, la sublime maison des hauteurs de Malibu aussi (elle a été prêtée) ... Vaut le détour pour les initiés !
Paul Schrader que l'on connait essentiellement pour avoir écrit les scénarios de "Taxi Driver" (1976) et de "Raging bull" (1980) aura eu au final une plus longue carrière de réalisateur que de scénariste. Suite au succès mondial de "Taxi driver", le scénariste prodige a enchainé quelques films remarqués et parfois contestés à défaut d'être de francs succès commerciaux ("Blue collar", "Hardcore", "American Gigolo","Mishima"). Depuis maintenant trente ans, Schrader s'est vu relégué dans une relative confidentialité. De son côté Breat Easton Ellis est l'écrivain sulfureux emblématique de la génération X, réputée désenchantée pour avoir grandi avec les débuts de la crise identitaire qui touche les sociétés occidentales, conséquence entre autre de la première crise pétrolière suivi de l'effondrement du bloc de l'Est. Ses romans dont le plus célèbre reste American Psycho (transposé au cinéma par Mary Hamon en 2000) évoquent une jeunesse sans repère idéologique, asservie au consumérisme à outrance et à la jouissance à tout prix. L'association de ces deux moralistes transgressifs semble à posteriori évidente et l'initiative de Schrader se révèle pour le coup judicieuse. Dans un Los Angeles désaffecté où les cinémas sont en ruines, déambulent Christian (Jimmy Deen) , Tara (Lindsay Dohan) et Ryan (Nolan Gerard Funk) unis pour le montage improbable d'un film d'horreur de série Z dont la vedette sera Ryan pistonné par sa petite amie Gina (Amanda Brooks), secrétaire de Christian fils de milliardaire improvisé producteur et obligé de suivre les séances d'un psy pour ne pas se voir couper les vivre par son paternel. spoiler: On quitte rapidement l'univers du cinéma pour plonger dans la relation destructrice qui va unir le trio entre domination de classe, jeux sexuels pervers, remugles d'amours passées jamais complètement éteintes et jalousie frisant la psychopathie. Êtres désincarnés évoluant dans des villas luxueuses sans âmes et des décors ensoleillés réfrigérants, les trois jeunes gens vont aller jusqu'au bout d'une descente aux enfers programmée . Le film a été vilipendé par la critique alors qu'il propose une variante post-modern tout à fait acceptable de grands films noirs comme "Les Tueurs", "Pour toi j'ai tué" ' "Assurance sur la mort" ou encore "Le facteur sonne toujours deux fois". Sans grands moyens et grâce à un casting original et crédible, Schrader montre, au contraire de ce qu'il laisse penser dans son introduction désabusée, que sa foi dans le cinéma est toujours aussi grande. Sa façon de filmer Lindsay Lohan dévoile un mimétisme troublant et émouvant entre l'ex- starlette des studios Disney revenue de l'enfer des drogues et Judy Garland autre enfant star des années 1940 dévorée toute crue par l'ogre tapis derrière le miroir aux alouettes d'Hollywood. Il faut donc réhabiliter de toute urgence le sursaut de créativité de celui qui reste un des esprits les plus féconds d'une industrie hollywoodienne sérieusement anesthésiée par l'abus d'effets spéciaux.
Un film toujours incompris. Les gens n'aiment vraiment pas voir du Bret Easton Ellis à l'écran. Etant fan de l'auteur, j'ai trouvé que cette écriture marchait parfaitement en donnant son style dans le film. De plus, la mise en scène de Paul Schrader est juste très bonne, avec quelques plans séquences très bien menés. La performance de James Deen est quant à elle très convaincante, autant que celle de la regretté douce Lyndsay Lohan. Une bonne découverte qui se ramasse injustement pour moi.
Je m'attendais vraiment à pire surtout après avoir lu les très mauvaises critiques de la presse. Finalement, "The Canyons" est pas mal. Il se laisse même bien regarder. Il fallait oser réunir en un même film, la star déchue Lindsay Lohan, l'acteur porno James Deen ou encore Gus Van Sant (dans un rôle secondaire) pour ne citer qu'eux. Et bien ça fonctionne, les comédiens étant parfaitement dans leur élément. J'ai trouvé la mise en scène soignée et la photographie très belle. Les plans sont réussis voire audacieux par moment. C'est vrai que c'est assez osé ou limite vulgaire des fois mais c'est bougrement efficace, intriguant, fascinant et excitant. Une certaine ambiance se dégage de cette oeuvre mystérieuse. Paul Schrader (Scénariste de "Taxi Driver" et "Raging Bull", réalisateur de "Hardcore", "la féline" ou encore "American Gigolo") n'est pas mort et nous prouve qu'on peut encore faire de bons films avec des moyens limités. "The Canyons" n'est pas du tout le film de l'année, on est bien d'accord mais il n'est pas non plus la daube annoncée de partout. Une bonne curiosité.
THE CANYONS : Une ex starlette Disney devenue cocaino-cleptoname et un acteur porno du moment aux talents d'acting inversement proportionnel à ses centimètres anatomiques dans un thriller erotico-indé ça donne quoi? Une photo lourde, une réal contemporaine, un scénar signé Bret Easton Ellis, des gens beaux, LiLo au casting (et bonne!), une BO au Top, un jeu quasi mauvais... bref un film branché quoi! On a-do-re! CULTE! #movie #review
Rassembler une ex-starlette cocaïnomane (Lindsay Lohan) et une star du porno (James Deen) sous la houlette d'un réalisateur de 67 ans dont l'heure de gloire est passée (Paul Shrader) : The canyons sentait le mauvais coup, la fausse bonne idée. Il semblait bien convenu de montrer à nouveau ce monde délétère dans lequel on fait des films sans s'intéresser au cinéma, où tout le monde est la proie sexuelle potentielle de l'autre et où personne n'est heureux. Le plus intéressant dans le projet était peut-être le projet lui-même (un financement en dehors des grands studios, une utilisation novatrice du crowdfunding - lire l'article de Slate
Heureusement le film est tiré vers le haut par de nombreux éléments, et d'abord par son intrigue façon Liaisons dangereuse chez les riches, parfois brillamment agencée par Bret Easton Ellis, parfois bizarrement... la suite ici :
"The Canyons", même s'il comporte quelques imperfections, constitue un bon thriller psychologique, sur le thème du triangle amoureux. Le film dispose de bons acteurs : mention spéciale à James DEEN, qui réussit efficacement son intégration dans le cinéma tout public. En outre, "The Canyons" bénéficie d'une bonne mise en scène, et d'une excellente bande son. Le véritable point négatif demeure son dénouement final... Celui-ci nous laisse vraiment sur notre faim. La conclusion nous donne vraiment le sentiment d'être bâclée... C'est vraiment dommage, lorsque l'on voit l'ensemble du film.
On peut regretter quelques épanchements puritains mais le manque de moyen apporte une vérité quasi-documentaire au film, avec Lindsay Lohan dans un superbe rôle, presque autobiographique. (...)
« The canyons » ne peut pas laisser indifférent. En lieu et sus du thriller sombre et érotique annoncé, voici un film d’une extrême froideur. Mais pas la froideur clinique des derniers films de Steven Soderbegergh (« Contagion », « Effets secondaires ») : une anesthésie émotionnelle, pas loin d’être funèbre, qui contamine la matière-même du film. On reste ébahi devant la mise en scène qui semble brouillonne, amateur, et qui frappe dès la première scène du film – mais plus encore, on reste médusé par la direction d’acteurs extrêmement… aléatoire. Le casting est un concours d’inexpressivité, où personne ne semble à sa place. Le plus stupéfiant est la performance de Lyndsay Lohan, qui ne semble pas être revenue de ses frasques. Son visage abîmé, sa voix rocailleuse et son corps reconstruit la font jouer comme un zombie. De quoi, déjà, faire de « The canyons » un film exceptionnel… mais pour de mauvaises raisons. Cependant, on aurait tort de s’arrêter là. Le film surprend énormément et suscite la réflexion. L’échec est-il artistiquement volontaire ? Le sous-texte du film incite à le penser. Dès sa promotion, « The canyons » se présentait comme un film racontant la mort du cinéma. Le vide du film ne peut donc qu’être l’expression de cette entreprise bizarre : en plus de la raconter, Paul Schrader exprime la mort du cinéma en démolissant sa « dernière » œuvre. Une bien étrange proposition.