Bjr un film "bof, bof" qui vaut surtout par une mise en scène soignée et un Cluzet qui montre que quel que soit son rôle il est impeccable. Le film hésite trop dans les genres privilégiant, c'était annoncé malgré tout, l'aspect psychologique qui amène T.M à faire son hold up. Mais cela rend le film bancal ayant même quelques longueurs heureusement combler par les acteurs. Perso, je préfère le livre d'investigation qui montre bien l’ambiguïté du personnage tout en contraste : discret, maniaque, ingénieux, méthodique mais aussi pied nickelé accumulant les erreurs, besoin d'avoir l'air (passion des voitures de luxe), arnaqueur à la petite semaine, attitude mutique après sa rocambolesque reddition...dommage le film avait de la matière pas assez exploitée mais mérite le détour pour l'interprétation de Cluzet et ses "collègues".
Exceptionnel. Un grand polar. Pas en tant que film français où c'est très dur semble-t-il de s'élever au-dessus du lot, non. En tant que film tout court. La classe internationale. J'attendais, personnellement, un film où l'angoisse consumériste à la française serait évoquée, avoir de l'argent, y songer souvent sous forme de soucis, envier de la reconnaissance sociale, alors que le gars à un boulot, convoyeur, pas chômeur, et touche même 1700€/mois dans le film. Cluzet confirme être le plus grand acteur français populaire, son talent dépasse Dujardin. Que ce soit oui ou non les flics qui se sont mis les deux millions manquants dans la poche conclut les rebondissements du scénario, mais l'ombre du personnage créé par Cluzet et Godeau est si intense qu'elle englobe cette ultime problématique pourtant d'importance dans l'affaire. Allez-y, vraiment. C'est fort. Quitte à payer votre place !
Un film qui décrypte simplement mais efficacement la personnalité complexe de Toni Musulin ainsi que les semaines qui précèdent son geste. Une fois encore le jeu de François Cluzet est juste et authentique, il est formidablement bien entouré. Ce film nous fait découvrir l'univers des convoyeurs de fonds: une hiérarchie injuste et des salariés parfois border line. Un film sobre et efficace.
Alors que je m'attendais à voir un thriller retraçant principalement le casse de Toni Musulin, Philippe Godeau choisit de ne pas tomber dans la fiction et oriente son film sur l'aspect humain, les raisons qui peuvent pousser cet employé exemplaire à faire ce casse monumental. Le rythme du film est donc bien moins soutenu, mais cela renforce l'énigme, avec un final qui restera je pense culte. François Cluzet est génial dans ce rôle peu causard, tout en économie, où chaque geste et chaque parole renforce le personnage. Avec en apothéose ce très léger sourire en coin, vers la fin du film, qui en dit plus long que le plus long de tous les discours. J'ai découvert Bouli Lanners, émouvant dans ce rôle de petit gros chasseur pas très finaud, compère improbable d'un Toni Musulin qui inspire le respect. N'étant pas fan de Corinne Masiero (c'est plus fort que moi, je ne supporte pas sa voix), je dois avouer que contrairement à ce que j'ai cru au début du film elle apporte une certaine profondeur au personnage. Je me suis demandé pendant une bonne partie du film la nature de sa relation avec Toni dans le film : soeur, amie, petite amie, femme? Ces deux personnages et leur relation avec Toni résument au final assez bien ce dernier : tantôt froid tantôt protecteur et compatissant, toujours énigmatique.
Les voiles sur ce qu'est devenu l'argent manquant nous laisse un peu sur notre faim, mais c'est un choix scénaristique qui est à mon sens intelligent. L'histoire avec l'Italienne me semble par contre assez superflue. N'ayant pas lu "Toni 11.6 - Histoire du convoyeur" (le livre dont s'inspire le film) et ne connaissant pas la vraie histoire, je ne sais pas si c'est un élément donné par le vrai Toni Musulin à l'auteur Alice Géraud-Arfi, si c'est une invention de celle-ci ou une de Philippe Godeau. Je parierai bien sur la première version, et si c'est le cas, je paris sur une invention totale de Toni pour expliquer et combler le trou dans son histoire, à savoir ce qu'il s'est passé entre le casse et sa reddition. Et vu la manière dont c'est réalisé j'ai l'impression que Godeau est du même avis que moi, car ce qu'il ressort de cette parenthèse est un sentiment de bâclage, rare point noir de ce film par ailleurs.
Certainement le meilleur film français de ce début d'année. A voir sans tarder.
excellentissime très bon polar français François Cluzet encore magistral a voir absolument souvent je dit qu un film ne vaut pas les 10 euros la place la aucun problème en plus pour les lyonnais on reconnait bien notre belle ville c est un plus pour le lyonnais que je suis .je pense que ce film devrais faire un vrais carton en tout ca ka il le mérite
Film qui retrace le fait divers qui défraya l'actualité en 2009 mais n'apporte rien de plus sur la personnalité du braqueur ni sur les mystères qui subsistent dans l'enquête. Toutefois, les acteurs sont convainquants et jouent parfaitement leur rôle jusqu'à la fin connue par tous...
11.6 c’est le chiffre correspondant aux millions que Toni Musulin a dérobé à l’entreprise pour laquelle il travaillait, en qualité de convoyeur de fonds. Souvenez-vous, c’était en 2009, et donc cette histoire est en partie vraie, et en partie imaginée par Philippe Godeau le réalisateur. On a qualifié ce larcin de « casse du siècle », et cela nous rappelle forcément le casse du siècle de la fin des années 70, orchestré par Albert Spaggiari. Ces hommes sont devenus des icones, parce qu’ils n’ont tué, ni blessé, ni fait de mal à personne. Ils ont seulement baisé une partie du système avec lequel nous vivons tous, et ce genre de « baiseur » implique forcément un certain respect. La noirceur en moins, ce film m’a fait penser à un Melville sous Xanax. Avant tout c’est une histoire où le sujet principal reste la solitude d’un samouraï de province. Certes, le personnage principal a une amie, Corinne Masiero excellente dans tous les rôles qu’elle incarne, également un bon copain (Bouli Lanners exceptionnel), mais Toni Musulin demeure inexorablement seul. Je vais me répéter, mais Cluzet reste pour moi le plus grand acteur français (voire du monde) de sa génération. Il porte le film sur ses épaules, il est omniprésent, et s’offre à nous, cette fois, de façon inédite : il reste le personnage attachant que l’on connait, mais cette fois, pas « sympa » comme d’habitude. C’est un taiseux. Il parle avec son corps, avec ses yeux, avec ses postures, ses attitudes. Il en devient même inquiétant. On ne sait pas s’il va exploser, ou s’il va rester dans la retenue. On assiste a l’élaboration de son plan étape par étape, on est en empathie totale, et personnellement j’ai adoré ça ! Seule petite réserve, on a envie à un certain moment d’une accélération, mais Godeau prend le parti de rester sur un mid-tempo…rien de méchant. Je recommande !
Quand le générique se termine et que la lumière se rallume dans la salle, une question frappe l'esprit : pourquoi? En effet, pourquoi avoir fait "11.6"? Cette interrogation sur l'utilité du film est assez perturbante, car "11.6" n'est pas, en soi, un film malhonnête. C'est avec plaisir qu'on voit spoiler: suite sur Plog Magazine, les Critiques des Ours (lien ci-contre)
L'histoire est impressionnante avec des acteurs qui jouent à la perfection. Mais je pense que le film aurait du etre tourné dans 5 ou 6 ans pour connaitre l'histoire de Musulin et de ses 2 millions d'euros qui sont volatilisés.