Qui aurait cru que le réalisateur de Délire Express, Votre majesté ou encore Baby-Sitter malgré lui pouvait nous sortir un si magnifique Joe ? Bon j'aime beaucoup ces trois films hein c'est pas la question mais je m'attendais pas à ça de la part de ce réal, en plus ça nous a été vendu comme un espèce de sous MUD et il est vrai que les points communs vont vite, un prénom en titre et de trois lettres aussi (JOE/MUD), un héros solitaire qui va se lier d'amitié avec un gamin, gamin joué par Tye Sheridan déjà vu dans MUD, donc bon rien que ça peut faire penser à un sous MUD, mais voilà, pourquoi "sous" ? Joe et MUD ne sont finalement pas tellement comparable, y'a des points communs flagrant mais les deux films s’avères assez différent et apportent tout deux un scénario réaliste, prenant et magnifiquement mis en scène. Nicolas Cage renaît enfin, on l'a pas vu aussi parfait depuis lord of war, bon y'a eu pas mal de films que j'adore ou que j'aime comme Next, Prédictions ou encore Kick Ass mais le voir aussi bon et parfait dans un rôle ça fait au moins 10 ans que ça n'est pas arrivé, à ses cotés le tout jeune Tye Sheridan déjà vu dans deux immenses films que sont donc Mud et Tree of Life, un gamin très très prometteur. Bref, ce merveilleux duo se retrouve au milieu d'une histoire réaliste et très bien écrite dans une ville du Texas poisseuse et pas franchement joyeuse, la plupart des gens sont soit des toxicos, soit des prostitués, soit des clodos, en gros c'est pas la destination parfaite pour des vacances de rêves, les décors sont excellents, la bande son est impeccable, elle grimpe en tension dans les moments tendus (oui logique je sais), elle monte tellement quelle recouvre les bruits du film ce qui franchement fout bien dans l'ambiance, la mise en scène est sans reproche, enfin moi je vois rien à redire, la réalisation c'est la même chose et la fin n'est en rien culcul comparé à ce qu'on pourrait attendre.
Donc en gros, David Gordon Green nous offre un splendide drame qui nous ramène un excellent acteur qu'on croyait perdu à jamais.
J'ai ressenti vers la moitié du film un endormissement scénaristique laissant croire qu'il n'y avait plus grand chose à raconter. La suite des événements est cependant venue réveiller mon intérêt à point. Il y a également quelques choix de réalisation que je n'ai pas compris, l'introduction du film par exemple. Pourquoi commencer sur une ambiance houleuse accompagnée d'une musique planante? Comme si quelques événements mystiques et dérangeants planaient à l'horizon. Il ne s'agit pourtant pas du ton porté par le film dans sa globalité. Et puis aussi le personnage de Joe et son petit accompagnement de clichés. Un protagoniste assez récurent. Ancien taulard au côté torturé, fumant clope sur clope quand il n'a pas de bière à la main. Une touche bad-ass, le type épais qui connait la vie, le bucheron fan de Pantera. Malgré tous les clichés qu'il incubait, Nicolas Cage a vraiment pris le rôle en main, l'a rendu digne d’intérêt et persuasif. D'ailleurs il a vraiment porté le film, il reste la pièce centrale malgré que tout se joue autour du jeune Gary. Le film est dans sa globalité est assez homogène et plutôt immersif. Ce n'est pas un chef-d’œuvre mais le film reste en lui captivant et mérite d'être vu.
Joe, c'est l'histoire d'un pays qui n'avait plus besoin de l'ancienne génération. Un monde auquel ils ne pouvaient plus s'adapter. "Trop faibles", "on ne peut plus rien en tirer", "il faut les remplacer par une nouvelle espèce plus résistante", tels sont les mots employés par Joe pour décrire cette foret a empoisonner, afin de pouvoir tout couper legalement. Le paralelle est omniprésent et l'on assiste a la déliquescence de ces gens sans but, ivres de leurs poisons (alcool, tabac, sexe...) et tragiquement fixés a cette terre poisseuse dont ils ne peuvent s'eloigner. La police n'existe plus que pour nettoyer les souches mortes, hors de question de les scier en avance, ils doivent s’écrouler d'eux mêmes, ce que le jeune flic apprend a ses depends. La vieille generation a beau ne plus représenter d’intérêt, ils restent encore les maitres sur ce sol, indétrônables, le poison s'en occupera dans tous les cas. Ce film est donc le reflet de ces lieux qui n'avaient rien prévus pour cette masse humaine anciennement bâtisseuse, maintenant inapte et dont on ne pouvait plus rien en faire, dont on ne pouvait se débarrasser légalement, a laquelle on ne pouvait plus que souhaiter une fin proche.
Vers un retour du grand Nicolas Cage ? Fini les looks dépravés ou les rôles de père à la recherche de sa fille, l'interprète Oscarisé dans Leaving Las Vegas tourne pour le coup le dos aux séries Z en dépeignant un personnage à la hauteur de son talent. Dans Joe, il prend soin d'un jeune garçon de 15 ans, joué par un déjà brillant Tye Sheridan, basculé entre un père alcoolique et une admiration grandissante pour son modèle. Très proche du film indépendant, le métrage se dote d'une photographie sobre et élégante, calibrée par un scénario attachant. Le point fort restera définitivement la relation complice entre l'homme et l'enfant, entre le maître et son apprenti. Enfin, de par une fin anti-héroïque, David Gordon Green façonne admirablement la porte de sortie d'un film qui mérite les applaudissements.
C’est avec le film Joe, qu’est inaugurée la nouvelle rubrique « micro-critiques ». Et si cette critique arrive avec presque 1 mois après la sortie du film, ce n’est pas réellement de mon fait. En effet, le cinéma où je vais régulièrement n’a commencé à diffusé le film que la semaine dernière. Mais passion directement à la critique.
Réalisé par David Gordon Green (Délire Express, Prince of Texas), Joe est une œuvre captivante et intéressante. C’est aussi l’occasion de nous rappeler que Nicolas Cage est un grand acteur, s’égarant trop souvent dans les navets. Ici, il est face à Tye Sheridan, jeune acteur prometteur, jouant le rôle d’un gosse, qui essaye de s’en sortir dans un monde rude et opressant. Et si le rythme un peu lent peut déconcerter certains, la présence de ces 2 acteurs (mais surtout Nicolas Cage) nous empêche de somber dans l’ennui. Il ne serait, en aucun cas, osé de dire que Nicolas Cage trouve dans Joe, l’un des plus beau rôle de sa carrière. Il est habité par son personnage et arrive à nous impressioner.
En plus d’avoir un scénario très bien écrit, intelligent et intrigant, celui-ci étant tiré de l’œuvre éponyme de Larry Brown, manquant peut-être d’un peu de subtilité, Joe est aussi dôté d’une excellente mise en scène, très sobre. David Gordon Green ne fait pas de concession et trouve le parfait équilibre pour ne pas sombrer dans le patos. Le climat du film est glacial, âpre et terriblement cruel, illustrer par les décors et l’univers de celui-ci.
Pour conclure, Joe est un excellent film, dans la veine d’un Winter’s Bone ou d’un Mud, sur les rives du Mississippi, qui nous prend au tripes et ne nous lâche, qu’une fois le générique de fin arrivé. Il fait aussi penser à Killer Joe, la différence étant que l’œuvre de David Gordon Green n’est pas nihiliste et croit en une forme de rédemption.
Entre deux navets, Nicolas Cage a prouvé qu'il était encore capable de jouer avec ses tripes et surtout de jouer bien, en témoignent sa participation remarquée dans Kick-Ass et dans l'impressionnant Suspect, sorti honteusement chez nous en direct-to-dvd. La sobriété est finalement le nouveau point fort de la star aux milles brimades et sobre il l'est dans le nouveau film de David Gordon Green, autrefois un metteur en scène de talent qui s'est depuis peu fourvoyé dans la comédie vulgaire avec Délire Express, Votre Majesté et le tout-pourri Baby-sitter malgré lui. Mais le réalisateur de L'Autre Rive adapte ici un roman de Larry Brown et nous livre son meilleur film, sans aucun doute... Car Joe raconte l'histoire d'un ado motivé (Tye Sheridan, déjà vu dans Mud: Sur les rives du Mississippi, ici bluffant) et travailleur qui débarque dans une petite ville du Sud des États-Unis et trouve un job de bûcheron chez Joe, un barbu au grand cœur (Nic, la vérité tu fais plaisir là) qui semble constamment se retenir d'exploser, lui qui a déjà fait de la taule pour avoir explosé la gueule des gens qui le faisaient chier. En voyant ce gamin au visage d'ange déterminé comme jamais, Joe voit en lui un fils, celui qu'il n'a jamais eu et qu'il aurait aimé avoir et va le prendre sous son aile. Mais le gosse a déjà un père alcoolique, glandeur et violent qui le bat et le raquette sans arrêt (Gary Poulter, un ancien SDF dont c'est le tout premier rôle, une révélation). Joe va alors devoir prendre une décision : fermer les yeux ou agir, prenant dès lors le risque de retomber en cabane. Un scénario émouvant mis en scène avec une sobriété désarmante, une musique étouffante et une photographie éclatante, Joe nous prend aux tripes du début à la fin et nous fracasse, alternant entre émotion, terreur (la séquence du meurtre est à glacer le sang) et fascination. Porté par un casting époustouflant, proposant des séquences vraies et un fond incroyablement touchant, le film est une réussite inébranlable, prouvant que David Gordon Green et Nicolas Cage sont capables du pire comme du meilleur. On reste ébahit par tant de maîtrise, tant de simplicité, rappelant légèrement les premiers films de Terrence Malick, le souci du détail en moins. Dans tous les cas, Joe se classe immédiatement parmi les meilleurs films de l'année et surtout les meilleurs rôles d'un Nicolas Cage quasi-méconnaissable, comme ressuscité dans un long-métrage qui restera dans les mémoires.