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YorickRHCP
30 abonnés
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4,0
Publiée le 4 novembre 2014
On n’ira pas par quatre chemins : l’immense satisfaction qu’apporte ce JOE, est la performance de Nicolas Cage. A travers ce rôle plein d’authenticité et de charisme, on retrouve enfin l’acteur talentueux qu’on avait perdu après de piètres prestations dans « Le Pacte », « 12 heures », ou « Effraction ». Au delà de cette prestation, on retient aussi celle de Tye Sheridan qui, après un rôle similaire dans MUD (2012), continu d’impressionner avec un jeu sans fausse note. Ces deux acteurs incarnent des personnages dont la rencontre bouleversera leur existence. Dans cette rencontre initiatique pour Gary, Joe trouvera la rédemption en aidant cet adolescent désorienté. En plus d’autopsier une Amérique reculée, crasseuse et rongée par la pauvreté, David Gordon Green analyse la relation père/fils. Au sain d’une relation conflictuelle, le réalisateur évoque le besoin qu’a l’adolescent d’avoir un modèle même si ce n’est pas la figure paternelle.
C’est donc dans un film âpre et plein de réalisme que le réalisateur traite des relations humaines et de l’Amérique profonde. Il puise cette authenticité en allant jusqu’à prendre un acteur non professionnel pour jouer un des rôle principaux du film. C’est en effet dans les rues d'Austin que le directeur de casting du film a déniché l'acteur Gary Poutler. Vagabond qui pratiquait le breakdance pour se nourrir, il a alors été convié aux auditions pour finalement incarner le rôle de Wade, le père de Gary. Le comédien est malheureusement décédé en mars 2013, et n'a pas pu voir la version finale de Joe.
Joe est un sale type : il boit, va aux putes, insulte les flics et tue des arbres. Joe est aussi hyper réglo, son entreprise emploie des dizaines d’hommes noirs payés à exterminer les arbres de la forêt. Il paye cash, toujours à l’heure, et est fidèle avec ses employés. Gary, lui est un ado d’une famille à tuyaux de poêle, un père alcoolique et hyper violent ; il cherche du boulot. Joe va investir sur ce jeune et essayer de laver tous ses pêchers passés. David Gordon Green investit à plein régime le cinéma social américain glaçant. La description de ces îlots de perdition américains texans, déjà vu dans de multiples films récents, fait bien ressortir à nouveau la crasse, la moiteur ; la misère financière et intellectuelle. Le réalisateur, à travers cette rencontre, veut nous conduire sur le chemin du récit initiatique. L’esprit du Sud, le vieux brigand prenant sous son aile une jeune pousse, Tye Sheridan dans le rôle du garçon ; tous les ingrédients sont là pour nous faire penser à « Mud ». Mais Gordon Green n’est pas Jeff Nichols. L’ambiance du Sud et de la vie dépravée de ces Rednecks est juste. Après il perd le fil de l’imaginaire et du conte cher au film de Nichols pour se complaire dans la violence et un réalisme plat. Il perd donc toute subtilité pour devenir caricatural. Bien dommage, mais quoi qu’il en soit « Mud » avait déjà été fait. Ensuite, quelques scènes sont très bien menées ; entre autres, celle ou le père de Gary suit un Noir, dans une poursuite alcoolique, pour lui dérober sa bouteille et sa menue monnaie. Là et à plusieurs reprises, le film lorgne vers le récent « Killer Joe ». En définitive, ce film lorgne bien vers « Mud » et « Killer Joe » jusqu’à nous faire loucher. Intéressant pour l’ambiance du Sud mais aussi pour un retour gagnant de Cage et pour le très prometteur Tye Sheridan, qui a 17 ans a déjà tourner avec de grands noms. Mais préférez tout de même les originaux « Mud » en premier lieu et « Killer Joe » ensuite.
film qui aurai put être exploité autrement. J'aime bien cette acteur (Nicolas Cage) mais personnellement il manque un petit quelque chose, peut-être un peu d'action ou de nervosité. mais ça va quand même, ne zappé pas, regardez le et venez donner votre avis...
Un magnifique portrait d'un personnage âpre, dérangé au coeur d'une amérique méconnue. Celle de l'Amérique profonde, magnifiquement dessinée ici. "Joe" est aussi la renaissance de N. Cage : un acteur ici totalement habité et grandiose. Un très beau film.
Rythme un peu lent et histoire en elle même qui n'apporte aucune surprise (on devine la fin même pratiquement dès le départ) mais interprétation excellente qui sauve l'ensemble. A voir pour Nicolas Cage qui enfin retrouve un rôle où il peut montrer son talent de comédien.
Non ce film n'est pas lent inutilement, non ce n'est pas nul. On dit "je n'aime pas". Tout tient la route mais il manque un petit quelque chose, comme un liant dans une sauce. Mais le goût est bon, le talent y est, la photo est belle, je me suis attaché aux personnages et j'aime cette Amérique profonde et redneck. Mais dans le style, je préfère Mud. Il est très plaisant à regarder, ça fait du bien de voir Nicolas Cage dans un bon rôle, même si son accent redneck est un peu forcé en vo mais bon. Sur ce, j'vais me faire un whisky et tabasser mon fils !
L'histoire est belle, Nicolas Cage est très convaincant et l'ambiance générale du film est accrocheuse.. Que demander de plus ? Peut-être moins de longueurs à certains moments et une fin un peu moins prévisible... Et on tenait un excellent film! A voir néanmoins!
Gordon David Green trace sa route dans le cinéma indépendant américain. « The prince of Texas » récompensé de l’Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin en 2013 lui a apporté un début de reconnaissance internationale. Adaptant le roman éponyme de Larry Brown, il s’immisce et nous avec lui dans le Texas profond au moyen de cette histoire de filiation père-fils entre deux cabossés de la vie. Sur une thématique assez proche, Jeff Nichols autre cinéaste indépendant avait réussi avec « Mud » un film aérien et réellement poétique qui tenait tout à la fois de William Faulkner dans sa description du Sud profond, de Steven Spielberg et de Robert Mulligan dans son approche de l’adolescence. Matthew McConaughey et Tye Sheridan s’y montraient tous les deux radieux. Le jeune Tye Sheridan au talent décidément très prometteur fait partie de l’aventure de « Joe » qui navigue sur des eaux beaucoup plus noires. La vision du Texas post-industriel par Gordon Green ferait presque passer Zola pour un optimiste. Au moins chez l’auteur naturaliste français, l’ouvrier était capable de révolte et se cherchait un avenir meilleur. Ici la civilisation se trouve comme évaporée, ne laissant plus derrière elle qu’alcooliques oisifs, prostituées ravagées ou parents indignes. Le seul travail qui subsiste consiste à détruire encore un peu plus un paysage dévasté en empoisonnant les arbres d’une forêt avant abattage. Dans cet univers désolant Joe (Nicolas Cage) et Gary (Tye Sheridan) ont bien du mal à surnager. L’un parce que la cinquantaine approchant il n’a pas réussi à vaincre totalement les démons de sa jeunesse qui l’ont vu s’affronter à la police locale. L’autre parce que son paternel, rebut de la société sans foi ni loi, en permanence imbibé d’alcool lui barre l’espoir de se construire un avenir en maintenant une domination sans partage sur une famille complètement désintégrée (mère droguée et sœur devenue muette traumatisée par les sévices). N’ayant plus guère d’espoir pour lui-même, Joe va entreprendre maladroitement de sortir le jeune Gary de l’impasse dans laquelle lui-même s’est laissé conduire. Le trajet proposé n’est pas neuf à l'écran mais le chemin emprunté par Gordon Green vire souvent à la caricature, donnant peu de crédibilité à son propos. On veut bien admettre que le capitalisme à la sauce yankee soit sans pitié, allant là où se trouve le business sans jamais regarder derrière lui, mais laisser penser qu’un tel capharnaüm et surtout un tel délitement des valeurs morales est monnaie courante chez l’oncle Sam laisse une impression de supercherie de la part de Gordon Green qui peut-être pour sortir d’une relative confidentialité se livre à une surenchère dans le misérabilisme pouvant faire recette en ces temps de crise. A cause de ce substrat un peu fielleux, le film est souvent bancal et ce n’est pas la fin, sorte de remake de celle de "Taxi Driver" qui donnera un meilleur goût à la sauce poisseuse servie par Gordon Green. Nicolas Cage qui apporte sa notoriété à cette œuvre tout à la fois ambitieuse et racoleuse navigue durant tout le film entre dépouillement de son jeu et envie d’en faire des caisses face aux situations apocalyptiques dans lesquelles le place le réalisateur. Le jeune Sheridan, au rôle mieux découpé, s’en sort lui avec brio. Mais la palme revient sans contexte à Gary Poultet, ancien SDF dont c’est le premier rôle à l’écran, mort de ses excès deux mois après la fin du tournage, absolument stupéfiant dans le rôle du père abject.
Joe est une vraie surprise ! Un film avec une vraie esthétique, une histoire épaisse... et un Nicolas Cage... incroyable (et je me surprends moi même à le dire). A voir absolument !
Un film un peu glauque et avec quelques longueurs certes mais une histoire poignante et un vrai plaisir de retrouver Nicolas Cage dans ce qui est son meilleur rôle depuis bien longtemps.
Déçue,je m'attendais a plus d'action,belle histoire mais aurait pu être exploité différemment J'en attendais beaucoup plus...dommage mais belle histoire de fond ?