Adaptation cinéma de la série culte diffusée sur HBO, Entourage avait tout pour séduire les fans : le retour de Vincent Chase (Adrian Grenier), d’Ari Gold (Jeremy Piven) et de toute la bande, dans un Hollywood toujours aussi excessif. Malheureusement, ce passage du petit au grand écran laisse un goût d’inachevé. Là où la série savait alterner satire mordante et légèreté, le film se contente d’étirer les codes déjà bien usés sans retrouver la même alchimie.
Le scénario, prétexte à un enchaînement de fêtes, de yachts et de deals de cinéma improbables, ne parvient jamais à justifier sa durée. On a souvent l’impression d’assister à un long épisode de la série, mais sans la tension, ni la profondeur qui faisaient son charme. Les dialogues se veulent percutants, mais tombent souvent à plat, et les blagues entre potes manquent de fraîcheur.
Jeremy Piven reste le seul véritable moteur du film : son Ari Gold, toujours aussi autoritaire et hystérique, sauve quelques scènes grâce à son énergie et son sens du rythme. Adrian Grenier, en revanche, semble absent, presque en retrait de sa propre histoire. Quant aux caméos (Liam Neeson, Mark Wahlberg, Ronda Rousey…), ils font sourire sans jamais apporter grand-chose.
Doug Ellin, le créateur de la série et réalisateur du film, essaie de retrouver l’esprit d’origine, mais tout paraît plus creux, plus artificiel. L’ironie du show-business, autrefois fine et mordante, devient ici une glorification sans recul du star-system qu’elle était censée caricaturer.
Entourage version cinéma ressemble à une réunion entre potes trop tardive : nostalgique, bruyante, mais vide. Ceux qui ont aimé la série pourront y trouver un peu de plaisir, les autres risquent surtout de s’ennuyer devant un film qui ne sait plus très bien s’il veut faire rire ou impressionner.