Ce film m'interpelle sur deux points. Le premier c'est l'idée que se fait un mec d'une trentaine d'années comme le réalisateur, élevé dans un monde très bourgeois, de la jeunesse actuelle. Enfin c'est une jeunesse quand même particulière vu que c'est la jeunesse Henri IV donc ce n’est pas une jeunesse lambda. Ce mec représente l'adolescence comme un monde vraiment à part, mais c'est presque un ovni qu'il filme. On dirait qu'il ne sait absolument pas de quoi il parle, tous les personnages sont hyper caricaturaux, hyper clichés. Aucun personnage ne peut s'empêcher de
placer un mot en verlan tous les deux mots
, c'est vraiment le cliché de l'ado vu par l'adulte qui ne sait pas de quoi il parle, tellement il accentue tout. J'ajoute que la représentation de la sexualité est vraiment pathétique : les ados qui ont 16/17 ans agissent tous comme des pré-pubères qui n'auraient jamais vu de seins de leur vie, à la limite si les personnages avaient eu 12 ans et qu'ils rentraient dans leur puberté, pourquoi pas, mais là c'est juste pathétique de voir ça. Le modèle n'est pas à chercher bien loin, c'est le modèle américain de toutes les pauvres comédies américaines bien grasses et moisies où les ados agissent de la même façon. C'est nul. Et puis on a du mal à croire que des ados de 16 ans trouvent tout d'un coup super de faire la fête avec un mec de 34 ans, personnellement à leur place j'aurais trouvé ça plutôt flippant de voir un "adulte" agir de façon aussi "jeune". Ce film n'est pas réaliste pour un sou, on n'y croit pas une seule seconde. Le deuxième point sur lequel le film m'interpelle c'est qu'il y a une absence totale d'humour et de réflexion pertinente sur l'adolescence dans ce film. Le scénario est de prime abord sympathique, malheureusement, on tombe bien vite dans la caricature car, comme souvent, le ressort comique du film repose sur une exagération démesurée de la réalité. Le film manque de situations cocasses et incongrues qui mélangeraient réellement la vie d’adulte d’Arnaud Mustier (notre héros, avocat pénaliste coincé) et ses nouvelles pulsions adolescentes. Rapidement, il doit
arrêter de travailler et succombe entièrement à sa crise d’ado au point qu’on ne le reconnaît plus vraiment. Soirées arrosées et joints à gogo, l’avocat philosophe est bien loin
…Sinon, je passe sur le fait que le film n'est pas drôle, pas intéressant, rien, mal joué, mal écrit, mal de tout, c'est presque secondaire par rapport à ce que m'inspire le film... C'est dire. Bref, tout ça pour dire que Tristan Séguéla filme un sujet dont il ne connaît absolument rien. Ou alors c'est lui qui nous fait sa crise d'adolescence en retard en nous réalisant un navet maintenant avec ce film