La scène qui nous frappe le plus est sans consteste la scène de l’avalanche, impressionnante de réalisme et complètement innatendue par le spectateur. Une famille suèdoise, Ebba, la mère, Tomas, le père, et leurs deux enfants, sont en train de déjeuner dans un restaurant au pied des pistes. Soudain, une avalanche programmée se déclenche. D’abord émerveillés par le spectacle de cette vague blanche et face à cette avalanche ne semblant pas s’arrêter comme annoncé, les vacanciers attablés commencent à prendre conscience du danger et un vent de panique finit par gagner l’assistance. C’est alors que, face à cette déferlante, Tomas prend son téléphone et s’enfuit, laissant Ebba et ses enfants, seuls face à l’adversité.
Le film semble véritablement démarrer à ce moment. Il s’agirait alors d’un film sur la place du père au sein de la famille, sur son importance, son rôle. Ce film pourrait donc avoir pour objet de s’interroger si, au fond, le bon père de famille, protecteur des siens, a complètement disparu du fait du changement des mœurs sociétales ou bien peut être, celui ci, n’aurait, finalement jamais existé. Peut-être serions nous victimes, simplement, de notre insconscient colllectif, imaginant le père comme un héros, un héros qui sauverait coûte que coûte sa famille, peut être même avant lui même. Ce serait passer à côté du film. Plus qu’un film sur ce sujet, Snow Therapy est en réalité un film qui s’interroge sur le couple et la valeur de l’être aimé. A l’image du film « mardi aprês noël », de Radu Muntean, qui peint avec minutie la fin d’un couple et détricôte non sans plaisir l’image que l’on avait de l’autre, Snow Therapy nous offre avec précision le spectacle d’un couple qui s’interroge sur ce qui fait qu’on aime l’autre, sur ce que l’on projette sur l’autre, nos fantasmes et sur la triste réalité qui fait de l’autre un homme, une femme, simplement, avec ses faiblesses. Faut-il y laisser la vie pour montrer à l’autre que l’on aime ? Faut-il l’aimer plus que soi-même ? Et sommes-nous vraiment fidèles à l’image que l’on a de soi ? En sommes nous la réplique exacte ? Ce sont les questions suscitées par ce film. L’avalanche est alors vu comme une métaphore du couple. Même programmé, maintenu, celui-ci peut déborder à tout moment, tout recouvrir et anéantir sur son passage.
C’est donc avant tout un film sur le couple.
Les enfants, le couple d’amis, entre parenthèses, excellemment joué, ne sont que spectateurs omniscients, presque voyeurs de ce couple qui s’interroge sur leur essence. Ils sont les réceptables de leurs interrogations. Il ne faudrait pas oublier les premières scènes du film. Incapables de tendresse naturelle, on sent un malaise évident lorsque le photographe demande aux protagonistes de se rapprocher pour rentrer dans le cadre. Leurs casques s’entrechoquent. Ils sont déjà loins l’un de l’autre. Puis, cette longue scène, lourde de silences criants et inquiétants où ils se suivent en skis sans savoir quoi faire…
Il est difficile de définir le film. Drame ? Comédie ? Le réalisateur ne prend pas le partie de se ranger dans telle ou telle catégorie. A l’image de ce couple, le film est indéfinissable, on ne sait pas. On ne sait pas vraiment ce que ressentent véritablement Ebba et Tomas mais, étonnamment, on est dans leur tête. C’est le bordel, la confusion, les sentiments contraires, les frustrations. A tout moment, cela peut déraper. A tout moment, ils peuvent rire, pleurer. Ils s’aiment c’est évident.