L'Homme qu'on aimait trop
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 juillet 2014
À Nice, ce mardi 15 Juillet était diffusé en avant-première, quelques heures avant la sortie nationale, le dernier film d’André Téchiné, L’homme qu’on aimait trop. Cette biographie partielle de Maurice Agnelet et Agnès Le Roux retrace l’histoire de leur rencontre, et les circonstances troubles de la disparition de l’héritière du Palais de la Méditerranée. Téchiné réussit un instantané au plus proche malgré la complexité de l’affaire. Ni à charge ni à décharge, L’homme qu’on aimait trop, évite de tomber dans l’interprétation exagérée, et Téchiné livre un exercice réussi en traitant d’un fais d’hiver macabre sans tomber dans le sordide. Tout le contraire d’Arcady.

Après Eric Ciotti et Christian Estrosi, dégoulinant de bon sentiments lors de l’avant-première de 24 jours, voilà Patrick Allemand qui lance la projection du film. Celui-ci arrive avec une langue de bois extraordinaire à parler des subventions régionales pour le cinéma et des retombées économiques d’un tournage, en citant les quelque trois cents collaborateurs du film, sans évoquer une seule fois la bataille des intermittents. Rajoutons à cela, qu’avant de se féliciter des retombés économiques du tourisme, nos hommes politiques devrait peut-être se pencher davantage sur les conditions de travail désastreuses qui sévissent dans le milieu de l’hostellerie et de la restauration, fonctionnant comme une mafia, et particulièrement sur la côte d’azur. Quand cessera cette sale habitude que prenne les cinémas Pathé d’inviter des hommes politiques venus vendre leurs programmes lors d’avant-première cinéma?

Nous sommes en 1976. Agnès Le Roux (Adèle Haenel), fille de la propriétaire du Palais de la Méditerranée, revient vivre à Nice, après l’échec de son mariage, et une escapade en Afrique. La jeune femme entretient des relations compliquées avec sa mère, Renée (Catherine Deneuve), qui refuse de lui racheter ses actions. Elle rencontre un jeune avocat, Maurice Agnelet (Guillaume Canet), travaillant aux côtés de sa mère. Tombant éperdument amoureuse de ce dernier, elle accepte qu’il est plusieurs maîtresses. Dans le même temps, celui-ci la convint de trahir sa mère au conseil d’administration, au profit de Fratoni (Jean Corso), parrain local, acoquiné avec l’administration Médecin, dont on connaît la gestion mafieuse du temps de son règne niçois. Elle partage l’argent obtenu de Fratoni, en deux parts égales, et donne un procuration à Maurice Agnelet. Quelques mois plus tard, Agnès Le Roux disparaît.

L’homme qu’on aimait trop est un titre qui inquiéterait au premier abord, tant il suggère que cette homme serait une sorte de victime, aimé malgré lui. C’est le ressenti que l’on a dans une première phase du film. Première partie, où l’avocat Agnelet, séduisant et intelligent, est en opposition avec la propriétaire du Palais de la Méditerranée. C’est elle qui est présentée sous son plus mauvais jour. Elle est mauvaise gestionnaire, arrogante, et peu aimante envers sa fille. Des traits de caractère, qui ressortent lors des minutes du procès, où elle manque de faire larmoyer la salle en expliquant que, pour payer les poursuites judiciaires, elle doit faire sa cuisine et son ménage toute seule. L’amour unilatérale qui unit Agnès à Maurice se forge dans cette opposition. Téchiné met en lumière des rapports familiaux abîmés par des intérêts financiers jugés primordiaux pour les deux partis. L’image, malheureuse mais réaliste de ces gens-là, comme dirait Jacques Brel. Quant à Maurice, s’il a un mode de vie dissolu, il énonce clairement le contrat, et Agnès l’accepte. Seulement voilà, par petites touches, nous sont révélés les signes probants d’un esprit manipulateur. Agnelet enregistre toutes ses conversations avec une minutie maladive, et les réécoutent avec un fétichisme non dissimulé. À plusieurs reprises, sa manière d’humilier Agnès en exigeant des excuses, alors qu’il devrait la serrer dans ses bras, met le spectateur particulièrement mal à l’aise. C’est en naviguant dans ces eaux troubles, qui ont donné trois procès en assise, et des retournements de situations retentissants, que Téchiné réussit à donner un portrait nuancé d’une histoire compliquée. Mieux que cela, Téchiné fait émerger en nous des sentiments universels. Qui ne remuerait pas ciel et terre, à l’image de Renée Le Roux, et selon les mots de Stig Dagerman, pour que "le bourreau et la malheureuse ne jouissent pas de la même mort". Le plus dur à supporter est finalement, la détresse d’une mère qui ne pourra pas offrir de sépulture à sa fille.

Aux yeux de la justice, Agnelet a été reconnu coupable, mais il continue de clamer son innocence. Guillaume Canet, qui a entretenu une correspondance avec lui, pour les besoins du film, parle d’un homme d’apparence manipulatrice. Au-delà du meurtre, le silence d’Agnelet empêche les proches d’Agnès de faire leur deuil. Agnès Le Roux est morte d’aimer, par excès de confiance, et l’absence de corps la prive des honneurs que l’on doit à tout les amants malheureux. Téchiné en a fait une icône tragique, remarquablement interprétée par la solaire et saisissante Adèle Haenel. À l’inverse de 24 jours, Téchiné ne fait pas son beurre d’un fait divers récent, en versant dans le voyeurisme crasse et les stéréotypes. Nous vous conseillons L’homme qu’on aimait trop qui s ‘éloigne du biopic mélodramatique pour offrir une véritable tragédie grecque.

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Nicolas J
Nicolas J

125 abonnés 36 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juillet 2014
Je viens de sortir de ce film que je conseille à tous nos amis cinéphiles. Ce film est inspirée d'une histoire vraie d'amour et d'escroquerie. Deneuve et Guillaume jouent très bien leurs rôles.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 juillet 2014
"L'Homme qu'on aimait trop"... Cet excès d'amour à l'endroit de l'ex-avocat sulfureux serait donc l'élément-clé, selon Téchiné, de cette ténébreuse affaire Le Roux/Agnelet (qui vient de connaître un énième rebondissement de procédure, "en vrai" - Maurice Agnelet, à nouveau condamné à 20 ans de réclusion criminelle au terme d'un 3e procès, s'est pourvu en cassation contre cette dernière décision en date, en avril dernier). Le problème est que le metteur en scène n'arrive jamais à montrer à l'écran autre chose qu'une reconstitution "psychologique" pataude, languissante, sans saveur (sans parler de profondeur !) - sur un scénario qu'il cosigne. Les amateurs de reconstitution policière et huis-clos judiciaire seront plus déçus encore - cet aspect des choses est seulement esquissé, voire bâclé. Cette nouvelle réalisation de Téchiné tire à la ligne côté histoire, néglige ses personnages (ou les caricature), et n'est donc pour aucun public ! Deneuve, supposée avoir 55 ans (quand elle en a 70), est invraisemblable au physique (et à peine mieux avec 30 ans de plus au compteur - fin du film), et joue plutôt très mal. Canet n'a aucune consistance en Agnelet (au maximum, il fait la grosse voix...) et Haenel sait surtout pleurnicher. Seule Judith Chemla (en Françoise Lasseure, maîtresse en titre, avant que d'être concurrencée par Agnès, et elle aussi très à l'aise financièrement - l'avocat bellâtre sachant coucher utile) tire son épingle du jeu. Faudrait-il songer à la retraite, M.Téchiné ?
fernand l
fernand l

222 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juillet 2014
histoire connue et toujours d'actualité. l'enigme reste entière à ce jour; très bien interprété par les personnages principaux; très beaux décors et tenues vestimentaires de C. Deneuve
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juillet 2014
J'ai trouvé que le film expliquait assez bien l'affaire Agnès Le Roux, et même s'il contient de la fiction, il met dans l'ambiance de cette étrange affaire qui défraya la chronique dans des années 70....
Adèle Haenel est absolument convaincante et réaliste dans ce rôle d'une héritière qui tombe amoureuse d'un avocat (Guillaume Canet) , lequel a un rôle ambigu dans ses relations que dans les affaires.....
Le film de facture classique finit par rendre très crédibles les personnages et l'époque, (la fin des années 70),
la mafia, la femme d'affaires (Catherine Deneuve)......
La caméra est assez élégante et diversifie les points de vue, les angles, les photographies d'extérieur ou d'intérieur,
le tout m'a convaincu par la mise en scène et le sujet, et apporte un éclairage fait de sensibilité, de fiction et de réalisme sur cette affaire qui même avec la conclusion claire du film, porte sa part d'ombre.....intéressant......
lionelb30

535 abonnés 2 905 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 juillet 2014
Film qui sur la duree devient ennuyeux, assez long et lent et surtout sans partie pris. Pas assez d'ambiguite pour le role masculin , pas d'emphatie pour le role feminin , un montage trop sec. Dommage car ce fait divers reste hors norme.
selenie

7 446 abonnés 6 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juillet 2014
Cette affaire reste très floue et Téchiné semble opter pour la même chose bien qu'on devine que son opinion soit inverse à celle du dernier jugement, travailler avec la famille Le Roux en est sûrement la cause.
Pilastra
Pilastra

9 abonnés 179 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 juillet 2014
Ce film ne crée pas de surprises, ce qui peut être normal pour une adaptation cinématographique d'un fait divers mais il fait avouer que l'on d'y ennuie un peu,
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 17 juillet 2014
Là où on espérait un film d'atmosphère, tissant une intrigue étalée sur plusieurs années, des rapports de force, de la manipulation... Téchiné nous livre un sous-téléfilm insipide, interminable, et raté en tous points. Rien n'est à sauver dans cette tentative brouillonne : cadre et réalisation nauséeux, lumière moche, acteurs et dialogues qui sonnent faux, (passé le premier quart d'heure, Adèle aussi devient insupportable) scénario inexistant et inconsistant, montage digne d'un film d'étudiant en première année... Quant au décors, que l'on soit niçois comme moi ou pas, ils enfoncent le film un peu plus : aucune rigueur historique des lieux visités dans le passé... Mais rassurez-vous, on ne voit rien ! Faute de budget et d'inventivité, le réalisateur ne filme que des pas de portes et des bouches en gros plan... On ne perçoit ni le Palais (même pas en photo) dont il est question pendant tout le film, ni la ville de Nice dans son ensemble... Un ratage supplémentaire issu de notre beau système français : des soit-disant stars et aucune ambition.
Pathé t'es pas fan.
Pathé t'es pas fan.

19 abonnés 292 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 juillet 2014
Film trop compliqué on s'y perd....En plus ils sur jouent ...pas crédible alors que cela doit un
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 17 juillet 2014
spoiler: Franchement si vous voulez faire une bonne et longue sieste alors ce film est pour vous! Le film est aussi plat que les acteurs du film. Faites entrer l'accusé c'est 1000 fois mieux :(
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 juillet 2014
Inspiré du fait divers que chacun connaît, le nouveau film de Téchiné se distingue assurément de ses films précédents. Pour autant, on reconnaît la pâte du réalisateur dans sa manière de filmer les décors naturels et les face à face entre les personnages. Le récit est remarquable, alerte, on suit de bout en bout l'histoire complexe de ces personnages qui dit beaucoup sur les moeurs en vigueur dans le sud-est de la France au cours des années 70.
Les acteurs sont très biens avec une mention spéciale pour Catherine Deneuve , époustouflante. Deneuve et Téchiné, c'est une grande et belle histoire du Cinéma.
Françoise P.
Françoise P.

9 abonnés 106 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 juillet 2014
Agnelet coupable ou innocent ?
Meurtre crapuleux impuni.
Les preuves manquent.
Le système est malade.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 juillet 2014
Cette histoire vraie est tout à fait bien résumée dans le "synopsis" du site Allociné.
André Téchiné a décidé de raconter l'histoire, surtout du point de vue d'Agnès.
Sa passion amoureuse pour Agnelet est bien montrée.
Ce film est très bien réalisé et interprété.
Il est vraiment d'une excellent qualité cinématographique.
marceldelafrite
marceldelafrite

9 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juillet 2014
Très bon film qui retrace bien cette énigme judiciaire (qui n'est pas encore résolue). Le récit est très bien ficelé, on ne s'ennuie pas une seconde. Un film à voir !
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