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Un visiteur
1,5
Publiée le 6 janvier 2015
Quel dommage de ne pas avoir exploité les forces des paysages (à peine aperçus) et des tempéraments (le personnage de Turner et le jeu de l'acteur principale permettaient sans doute d'aller au-delà de cette lithanie de borborygmes...)
Ne vous attendez pas à un biopic, genre à la mode et parfois réussi. Ce film se concentre sur le mystère de la création, l’incommunicabilité du génie, la puissance de l’artiste qui balaie les mesquines vicissitudes de la vie sociale. Un hymne à l’Art et à ses arcanes. La beauté, dans son absolu, qui côtoie la trivialité du quotidien. Timothy Spall tient un rôle de composition fantastique et d‘ailleurs récompensé à Cannes et d’autres fois. Ses interlocuteurs sont tous à la hauteur et Mike Leigh réussit en plus à réaliser un film d’une immense beauté, en harmonie avec celle qu’a su saisir le génial “peintre des lumières”. Un régal, un enchantement.
Un film dans l'ambiance de ces peintures. Une réflexion sur l'art et le processus de création au sein d'une vie mouvementée du point de vue sentiments. Néanmoins il y a quelques longueurs dans le film.
Un biopic de 2h30 me laissait sceptique, après l'assez mauvais souvenir de Saint Laurent cette année. Mais là où le film de Bonello se révélait ennuyeux et plein de longueurs, le film de Mike Leigh, au contraire, n'ennuie pas. Il se savoure calmement, porté par la performance incroyable de Timothy Spall. Le film présente fidèlement l'Angleterre du XIXe, et l'on retrouve de nombreuses personnalités de l'époque (Constable, Ruskin). De plus, il ne surligne jamais ses effets et ne bascule pas dans le pathos. Simple et agréable.
Qui ne connait pas William Turner, le grand peintre britannique, l’homme qui est passé maître dans l’art de sublimer le ciel, le soleil et l’océan ? Ses toiles dégagent une certaine lumière, douce et poétique, propice aux rêveries. Quelles ont été ses inspirations, à lui qui a en quelques sortes introduit le grand mouvement impressionniste ? Comment lui est venue cette idée de peindre par touche, de laisser des détails dans le flou pour sublimer un ensemble ? D’où vient cette fascination pour la mer et le soleil ? J’aurais aimé dire que le film de Mike Leigh donne au spectateur quelques pistes plus ou moins fondées pour comprendre comment fonctionne le brillant esprit de Turner, d’imaginer comment son regard embrasse la vie, et comment il la restitue sur une toile. Ce n’est cependant pas le parti pris qui a été choisi. Le film, sorti en 2014, opte pour un point de vue plus personnel, pour l’aspect humain avant l’aspect artiste de Turner. Or, il se trouve que les historiens n’ont pas pu retracer entièrement la vie de l’homme. Si certains évènements clés restent certains, il est impossible de reconstituer avec précision un portrait psychologique du grand monsieur. Alors dans ce cas, pourquoi en avoir fait un être si vil et antipathique ? Pourquoi ne pas lui avoir rendu hommage en le présentant comme un homme bon, certes avec des faiblesses humaines, mais agréable. Non seulement inventer un tel caractère aurait concordé avec l’éclat et la pureté des aquarelles et autres peintures à l’huile, mais cela aurait aussi permis de ne pas ternir l’image que chacun se fait de ce grand homme ! Un rôle étrangement écrit, où il devient difficile de mettre de côté sa passion pour les toiles historiques sans ressentiments envers l’artiste fictif qui est développé : un porc incapable de retenir ses plus primaires instincts, un homme froid et calculateur, un être peu loquace et rarement affectueux. Difficile d’imaginer comment le personnage de Mrs. Booth, qui elle est une vraie touche de fraîcheur, peut finir par succomber aux "charmes" du peintre répugnant. Répugnant. Oui c’est bien le mot. Timothy Spall est répugnant. Pas dans tous ses rôles, mais dans celui-ci si. En version originale, l’acteur grogne comme un animal à chaque fois qu’il donne son approbation. Ces raclements de gorge terriblement délicats ne font que rapprocher l’homme de la bête incapable de se réfréner. Le jeu de Spall est inégal. Parfois touchant vers un réalisme salvateur, l’acteur impressionne de justesse. Des scènes intimistes où une timidité enfouie refait surface touchent. En dépit de cela, il y a des passages qui perdent toute crédibilité en raison de la façon grotesque dont l’acteur joue. Grognements encore lors de la mort du père de Turner, pleurs tellement accentués devant la fille de joie que ça en devient gênant et/ou risible, etc. Dans le film, Turner est un héros grognant qui ne touche la grâce que lorsqu’il se tait pour laisser parler son pinceau, et c’est dommage. J’aurais apprécié plus de scènes où l’on voit l’homme chercher l’inspiration, préparer ses couleurs, et les apposer avec passion sur la toile. Car ces rares moments sont ceux où le film prend toute sa saveur. Mise en scène magnifique, sobre et posée ; photographie lumineuse qui magnifie les paysages ; musiques agréables et immersives... Techniquement, le film est un chef d’œuvre qui propose des plans beaux comme des tableaux. À côté du portrait de son héros, Mike Leigh glisse aussi quelques pistes sur l’évolution sociétale et technologique de l’époque, autant pour aider le spectateur à se situer que pour démontrer la curiosité du peintre, à l’affut de la moindre innovation. Un film comme « Mr. Turner » écœure. Mike Leigh et ses scénaristes tenaient là un grand sujet d’étude, un biopic où ils pourraient être libres de rendre hommage à un immense peintre. Pourtant, et inexplicablement, ils ont décidés d’en faire un être abject, quitte à ce que leur film donne une vision erronée du grand homme. Pourquoi ? Les grands mystères de l’esprit humain....
Superbe film. Une photographie à la hauteur du sujet et des seconds rôles parfaitement interprétés. Un seul regret peut être, le jeu un peu répétitif de Timothy Spall.
2h45 à regarder ce Mr Turner est une prouesse! On peut se poser la question de l'intérêt de s'arrêter sur la vie de ce peintre. Je ne vais certainement pas renié la très bonne interprétation de Timothy Spall, ni la mise en scène de Mike Leigh mais je trouve ça insuffisant pour être captivé un si long moment sur la vie d'un artiste pas vraiment attachant, pas drôle, ni mauvais non plus... Certes, c'est un artiste dont le travail mérite le coup d'oeil mais de là à en faire un film de quasiment 3h00, peut être pas! Je ne regrette pas de l'avoir vu mais je ne le conseillerai pas non plus, trop long et surtout trop monotone. Seul véritable intérêt: l'interprétation de Timothy Spall qui elle, vaut le détour.
Amoncellement de scènes disparates, de propos incongrus et de personnages caricaturaux, on se demande bien ce que la critique a bien pu trouver à ce film ! La seule chose qui permet de venir à bout des plus de 2h de films, c'est bien la beauté de la riche et méticuleuse reconstitution de l'Angleterre de Turner.
Le film est vraiment très long. 2h20 assis devant la gueule (sympathique, là n'est pas le problème) de Mr Turner, c'est largement trop pour un sujet aussi mince. Habituellement j'aime beaucoup Mike Leigh, mais là il a raté son coup. Le personnage principal est trop introverti et trop asocial pour qu'on s'intéresse à sa conduite pendant tout ce temps. Sinon, la mise en scène est bien, certaines images sont de vrais tableaux. Mais en définitive, on n'apprend pas grand chose sur Turner comme peintre, ce qui est quand même dommage. Pour moi Turner est l'un des plus grands peintres modernes.
J'aime beaucoup ce que peut faire Leigh récemment... j'aime bien ce que je connais de l'oeuvre de Turner, ce film semblait être fait pour moi... Cependant si immédiatement le visuel frappe, je dois avouer que je suis assez déçu... Il y a plein de bonnes choses dans ce film, comme le traitement, ce refus de l'académisme débile qui gangrène les biopics habituellement, ici on est dans la simplicité la plus totale... le film aborde plein de choses, plein de thèmes ultra intéressants...
Il est donc question de peinture, forcément, mais aussi du rapport à la photographie, des rapports entre peintures, de l'amour, de spiritualité, de critiques d'art, d'innovation artistiques... Tout ça est dans le film en filigrane et c'est vraiment intéressant... Seulement, le film a beau être technique plutôt réussi je le trouve un peu désincarné, il manque de vie, il manque d'émotions, c'est un film très froid et finalement le sort de Turner, des personnages n'importe pas... Je m'en tamponne le coquillard et c'est dommage. Parce que tout était là...
Il y avait un truc à faire avec le personnage de Turner, qui est assez complexe pour être fascinant, provoquant entre le dégoût et l'adoration... Mais il n'arrive pas à en faire un vrai sujet de cinéma... tout ça c'est très intéressant dans l'écriture, mais après à l'écran ça reste un film de technicien... je n'irai pas jusqu'à dire : filmeur de tapisserie, parce que je respecte Leigh, surtout pour Another Year... Mais là justement les personnages rayonnaient à l'écran.
Malgré tout j'ai aimé cette fascination pour la mer, pour les éléments qui se déchaînent, je trouve ça splendide... Et j'aime vraiment beaucoup ce qu'il peint... Mais ce n'est pas un film totalement abouti. Décevant, mais pas pénible !
Timothy Spall est remarquable dans le rôle du peintre, qu'il interprète avec beaucoup de naturel et extraordinairement (cf ces petits grognements agacés, ou quand il commence à être malade etc.) Le film lui-même et le montage pouvant étonné de prime abord (puisque le film ne suit aucun fil rouge particulier, ne contient pas de réelle action mais relate des tranches de vie du peintre, avec parfois des scènes qui n'apportent rien en particulier mais montre un moment d'émotion ou de sensations ou quelque chose de marquant pour Turner) il se révèle être un film à l'image de la peinture de l'artiste : impressionniste, saisissant un moment de vie. Et il se trouve que Leigh nous permet de nous rapprocher beaucoup de Turner, à qui on s'attache beaucoup. Mention spéciale à la photographie et aux paysages, absolument magnifiques !
2014 est l'année des biopics. Même si certains ne me conquièrent pas parce que je les trouve plus ou moins "mauvais" (mais c'est rarement le cas), une fois de plus, cette année, certains sont bons, très bons même. "Mr Turner" est celui auquel je pense et dont je vais vous parler aujourd'hui. Rarement des films me bouleversent. Il faut vraiment que l'histoire, les circonstances dans lesquelles évoluent les protagonistes touchent un de mes points sensibles pour me faire réagir. Ce film-ci en a touché à certaines scènes spoiler: (comme par exemple celle où Turner est en train de peindre une prostituée sur un lit et qu'il se met à pleurer devant elle en pensant à l'âge de la jeune femme : 22 ans, et à la mort de son père qui s'est passée peu avant cette séquence) . Cette scène m'a ému. Elle m'a notamment bouleversée par la performance de Timothy Spall qu'il tient tout au long du film. Il incarne à la perfection un peintre renommé et doté d'une grande sensibilité mais bougon, grincheux, taciturne, grognant tout le temps et qui a vécu certains grands changements de l'Histoire (le train à vapeur par exemple). Ses peintures, sublimes, témoignent des changements de paysages : Mr Turner a peint la modernité (des bateaux et trains à vapeurs plus particulièrement). Les acteurs de ce très bon long-métrage sont tous aussi convaincants que T. Spall, en merveilleuse forme. La réalisation de Mike Leigh rend cette fresque absolument magnifique ; de même pour la musique lancinante, douce et sensoriel de Gary Yershon qui accompagne notre "visite" dans le monde de Mr Turner. Les plans nous montrant l'espace dans lequel vit Turner sont splendides ; ils nous mènent dans ses tableaux, envoutants, aux paysages de toute beauté. Un film magnifique et bouleversant, même si quelques scènes auraient pu être raccourcies.