«Ricky Stanicky» réalisé par Peter Farrelly
Dean, JT et Wes, des amis de longue date, possède un meilleur ami issu de leur imagination : Ricky Stanicky, un nom qui leur fût toujours utile lors de leurs mauvais coups, rejetant alors la faute sur ce personnage. Désormais adultes, ils font face aux traquenards de leurs proches. Ils vont donc engager un acteur méconnu afin qu’il interprète Ricky Stanicky, un rôle qu’il prendra très au sérieux.
« Ricky Stanicky » est, selon moi, un de ces films qui divertissent par leur approche fidèle et intelligente. Le long-métrage est loin d’être artistiquement incroyable et encore plus d’être un chef-d’œuvre, mais on l’apprécie à sa juste valeur. C’est une comédie qui nous remplit d’émotions difficiles à expliciter, et la raison principale de cette condition réside dans son scénario. On pourrait être rapidement effrayés par la quantité de personnel ayant participé à son écriture, mais au final le résultat est très satisfaisant. L’histoire est originale non seulement par son idée initiale, mais également par sa capacité à laisser le spectateur empathiser avec les personnages de façon très familiale, ainsi que par ses blagues, qui constituent une richesse additionnelle à la structure du récit. Le personnage de l’acteur interprété par John Cena est d’une typicité que l’on pourrait qualifier d’impersonnelle, mais le traitement qui lui est réservé et l’incrustation de sa personne dans le trio d’amis est tellement intelligente que le classicisme de celui-ci s’en retrouve transformé en force. Ce personnage nous atteint droit au cœur, il nous touche, et nous finissons par l’adorer. La structure scénaristique pourrait être comparée à celle d’« Avatar », où l’histoire principale n’est pas d’une unicité renversante, mais dont la façon de traiter les thèmes à travers sa simplicité en font une allégorie excellente. Le scénario de cette œuvre de 2024 est pour moi un tour de force et je ne peux m’empêcher de le classer comme étant l’une des meilleures comédies de la décennie jusqu’à maintenant.
Cependant, le film n’apporte rien d’intéressant sur plusieurs niveaux, notamment sur les points de la photographie, de la mise en scène ou du jeu d’acteur, même si je me dois de saluer la performance offerte par Cena, Fowler et Scott Davis qui nous offre une sincérité généreuse. Le réalisateur Peter Farrelly semble également faible sur ce film, loin des réussites artistiques de « Mary a un je-ne-sais-quoi » et de « La Cloche et l’Idiot », qui furent réalisés avec son frère Bobby. La mise en scène est beaucoup moins réfléchie, de même que l’utilisation des couleurs qui n’est pas exploitée comme on l’aurait souhaité. Néanmoins, je félicite Katherine Milne et son équipe, puisque les costumes sont magnifiques.
Bref, « Ricky Stanicky »,malgré le fait qu’il est visuellement bien classique et semblable à un tas d’autres productions, mérite amplement le détour, étant original et amusant.