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Béatrice G.
109 abonnés
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3,5
Publiée le 9 mai 2014
N'est ce pas très réducteur que de classer ce film dans le genre "romance" seul? Bien sûr la romance occupe une place centrale mais c'est bien plus que ça, elle sert aussi de prétexte à developper une reflexion intéressante sur la société Indienne moderne et sur la bonheur de manière plus générale. Et puis si l'on doit se borner au côté romantique il faut souligner une certaine originalité mise en oeuvre: c'est vrai les romances épistolaires se font plutôt rares de nos jours! Une première incursion dans le cinéma Indien (même si ce n'est pas le genre de film tout à fait typique) sous les meilleurs auspices.
The Lunchbox" est une production indienne réalisée hors de Bollywwod. Un premier pas pour le metteur en scène Ritesh Batra qui a bâti son histoire sur une idée formidable : la trajectoire d'une lunchbox qui n’arrive pas à bon port. Deux mondes, deux quartiers, deux personnages qui ne se seraient jamais croisés dans cette immense ville de Bombay sans l’incident de cette lunchbox.
L’histoire est originale et nous apprend par la même occasion comment fonctionne la livraison des lunchbox par les « dabbawallahs (livreurs) ». Les conditions de vie indiennes présentent déjà, à elles seules, un vif intérêt et une curiosité pour le spectateur. Pour la petite histoire : tous les matins, les dabbawallahs amènent des plats chauds préparés par les épouses sur le lieu de travail de leurs maris, puis ils retournent les boites vides dans l’après-midi. Les dabbawallahs sont des illettrés et ils utilisent un système de codage couleurs pour livrer. L’Université d’Harvard a étudié leur système de livraison et conclu que seulement une lunchbox sur un million n’était pas acheminée à la bonne adresse. "The Lunchbox" est donc le récit de cette exception.
Des oeuvres cinématographiques sur le destin qui mène nos vies, l’espoir qui vient d’endroits inattendus, c’est connu et classique à l’écran. Toutefois, Ritesh Batra change les codes de séduction et nous présente un long-métrage authentique et poétique avec une relation épistolaire faite de petits mots cachés dans les plats, à laquelle s'ajoute l’odeur envoutante des épices et des moments d’exaltation et d’attente de la prochaine lunchbox. Il faut dire que le film est vraiment infusé de cette nostalgie pour les années 80 avec ses décors, ses vieux cafés et autres émissions TV que regardent les deux personnages.
Les portraits des deux principaux protagonistes sont globalement bien travaillés et très bien écrits. La solitude est leur point commun, dans l’isolement du mariage, ou dans celui du passé. Batra filme les contrastes qui les sépare, entre le monde clos des deux héros, leur vie confinée et la folie du labyrinthe de Bombay qui transbahute des millions de personnes de leur domicile à leur travail. La grande ville qui isole peut aussi se montrer bienveillante, pleine d’espoirs et de messages positifs.
"The Lunchbox" est finalement plein de profondeur et aborde avec subtilité différents thèmes (le monde du travail, la solitude dans les grandes villes, la famille, l’amitié, etc.). La qualité de l’écriture inscrit naturellement ce film dans la retenue, la pudeur et la simplicité. Du cinéma intimiste qui mérite d’être connu !
(...) Loin des paillettes de Bollywood, The Lunchbox offre surtout au spectateur occidental à travers sa belle photographie, un voyage dépaysant, à la fois comique et nostalgique dans une Inde foisonnante et multicolore, un portrait de la vie quotidienne, des classes moyennes de Bombay, mégalopole à la vie grouillante (...
...) Sans se plier au modèle convenu du happy-end classique, The Lunchbox est un film subtil et tendre, d’une grande humanité. Un joli conte épistolaire aux saveurs multiples, et universelles, qui confère à ses personnages une belle profondeur d’âme et révèle l’émergence d’un jeune cinéma indien indépendant. Rafraîchissant !
Sublime.... Interprétation des trois acteurs. Tout se joue dans la subtilité , la retenue. Puissant, fort dans les sentiments alors que les moyens sont modestes, un film remarquable.
un vrai petit bijou! j'ai adoré cette histoire de 2 esseulés que le hasard rapproche grâce à une erreur commise par les transporteurs de boites à déjeuner qui pourtant à Bombay ne se trompent jamais de destinataire. Une manière de suivre les émotions de nos personnages, de vivre avec eux leur quotidien, leurs espoirs. Et Bombay quel choc, ce bruit, ce grouillement des foules, ces solitudes!
Un film pas géant mais sympathique, qui a le mérite de nous faire découvrir un aspect bien spécifique de la ville de Mumbai: le réseau des dabbawallahs, les livreurs de repas préparés à la maison. Ce que dit le livreur dans le film est vrai: ce réseau a réellement été étudié par l'université de Harvard (et bien d'autres) pour son incroyable efficacité: quasiment aucune erreur de livraison, alors qu'évidemment aucun consultant n'a jamais été associé à sa mise en place. Mais justement, le film part de l'idée d'une erreur dans cette machine si bien réglée: un repas est livré à la mauvaise personne. Deux vies se croisent, que rien ne préparait à se rencontrer: une femme délaissée et un veuf à quelques jours de la retraite. Ces plats incidemment livrés vont initier leur rencontre, puis le début d'une correspondance, enfin une séduction épistolaire "à l'ancienne" qui, à l'heure d'Internet et des SMS, prend un charme tout particulier. Replacer l'humain au coeur de cette mégapole tentaculaire, à travers des gestes simples à la saveur souvent oubliée: préparer un repas pour l'autre, lui écrire quelques lignes, lui confier ses doutes ou ses insatisfactions, le réconforter... C'est le contraste entre cette proximité des deux personnages et la démesure de la ville (très beau plans sur les trains et le réseau ferré) qui donne à cette "Lunchbox" son intérêt dramatique. Si on y ajoute le côté sociologique (le tout-venant de Bollywood nous donne rarement l'occasion, comme ici, de plonger dans le quotidien des Indiens, entre le bureau et la cuisine), cela fait deux bonnes raisons d'aller goûter ce bon petit plat.
Aussi succulent que les plats de cette lunchbox. Très beaux acteurs, romantisme savoureux, 2 histoires de vie qui se rencontrent avec délicatesse dans les couleurs et les saveurs de l'Inde. Très bon moment.
Un trés bon film avec une histoire originale et attachante. On est vite imprégné dans la vie quotidienne de ces deux personnes en inde. Un dépaysement total avec un scenario nourri de poesie et de sensibilité.
Bombay ne se limite pas à la production d'interminables films musicaux, d'ailleurs généralement savoureux de kitsch assumé. Ritesh Batra nous envoie d'Inde une charmante comédie qui nous en apprend plus sur son pays, avec délicatesse et charme, que A touch of sin sur la Chine, avec violence et cynisme. Le point de départ de l'intrigue est une vulgaire gamelle, qu'une épouse éternellement confinée dans sa cuisine (l'émancipation de la femme indienne n'est pas encore à l'ordre du jour) prépare avec amour, pour son mari qu'elle espère ainsi reconquérir par le ventre plutôt que par le cœur. Mais l'indifférent, qui n'a même pas remarqué la sublime beauté de l'actrice Nimra Kaut, préfère sa maîtresse, que nous ne verrons d'ailleurs jamais. Comme on est au cinéma, et pas dans la vie réelle où les professeurs de Harvard eux-mêmes s'étonnent que les milliers de gamelles anonymes parviennent à destination sans incident, la "lunchbox" amoureusement préparée va atterrir sur le bureau d'un veuf, aspirant à la retraite. De ce quiproquo culinaire et de cette erreur de livraison va découler une correspondance entre la jeune épouse délaissée et le vieil homme aigri. Enfin un film où les employés de bureau travaillent avec des stylos antédiluviens, et où le courrier ne s'échange pas à coups de mails ou de SMS. Les personnages s'écrivent " à la main" sur des feuilles de papier placées dans les récipients destinés à la nourriture. C'est rafraîchissant!.. Le film évoque l'évolution de l'antipathique et misanthrope pré-retraité - qui accueille avec froideur son futur remplaçant, plein d'une bonne volonté naïve et envahissante - vers la tendresse amoureuse et l'ouverture à l'autre. Avec une infinie délicatesse, il refusera pourtant de nouer une quelconque liaison avec la jeune femme quand il s'apercevra, au cours de leur premier rendez-vous "visuel", de la différence d'âge qui les sépare. Mais là n'est pas la fin du film.... Ce n'est pas le chef d'œuvre de l'année, ou même du trimestre, mais voilà un film agréable, bien écrit, bien interprété, réalisé avec soin et qui, l'air de ne pas y toucher, traite de situations existentielles passionnantes: la solitude qui mène à l'aigreur, la naissance de l'amitié, l'amour impossible, la place de la femme dans la société indienne. C'est déjà pas mal pour une comédie...
Une redécouverte de l'amour par l'intermédiaire de plats qu'on devine extraordinairement parfumé ou quand l'art culinaire se marie avec la chaleur des sentiments. J'ai aimé ce film qui se laisse apprécier comme un met succulent dont la finesse et la délicatesse des ingrédients et en particulier des épices apparaissent progressivement, se matérialisent en donnant chaud (les acteurs transpirent de plus en plus au fur et à mesure que le film avance) telle la vague lente de bonheur qui inonde les corps avant la survenue des sentiments amoureux. Un film magnifiquement réalisé et interprété qui se regarde avec l'eau à la bouche... et la larme à l'oeil aussi...
Charmant conte romantique où la subtilité et la finesse des acteurs s'ajoutent à celles de la mise en scène. Une histoire d'amour virtuel d'avant les réseaux sociaux. Un bijoux.