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Un visiteur
3,0
Publiée le 13 décembre 2013
Un film savoureux, doux comme un curry de poulet bien cuisiné et parfaitement interprété. Il manque un peu d’épices – dans la réalisation et le scénario – pour en faire un long métrage vraiment réussi. Mais on reprendrait quand même bien une louche de cinéma indien comme celui-ci.
Bombay est il aussi exotique que Kaboul? On se le demande... Imaginez une ville où, chaque midi, des coursiers (les Dabbawallahs, illettrés et incultes) viennent livrer aux employés de bureau, non pas d'infâmes sushis ou une immonde pizza.... mais le petit plat préparé par bobonne, dans des récipients qui se superposent comme les paniers à dim sun pour séparer le riz, la viande, la sauce, les galettes.
Des coursiers à mobylette collectent dans les quartiers les récipients dans leur housse protectrice, puis ceux ci sont dispatchés, prennent les transports en commun dans de larges plateaux avant d'être à nouveau confiés à un coursier local. Le tout dans un bordel généralisé. Service assuré, rappelez vous, par des gens qui ne savent pas lire, il est donc inutile d'inscrire le moindre nom ou adresse.... Eh bien, il n'y a jamais d'erreur! Une sur un million, comme le rappelle un livreur courroucé d'être soupçonné de négligence, les savants de Harvard sont venus examiner le système et l'ont approuvé!
Donc, le film, c'est l'histoire de cette erreur.... sur un million. La lunchbox préparée amoureusement par Ila (Nimrat Kaur), femme au foyer délaissée par un mati indifférent qui ne lui adresse même plus la parole, atterrit sur le bureau de Sajaan (le très connu Irrfan Khan). Sajaan est un veuf grognon et solitaire; à la veille de prendre une retraite anticipée, il met une mauvaise volonté militante à former son successeur, Shaikh (Nawazuddin Siddiqui), il est vrai particulièrement collant et ballot....
Ila comprend, d'après la réaction de son mari, que la lunchbox s'est trompée de destinataire; elle met donc un petit mot, le jour suivant, qui va être le début d'une correspondance entre ces deux solitaires mal dans leur peau.... Jusqu'à se rencontrer? Sajaan ira au rendez vous, mais devant la jeunesse et la beauté de la jeune femme, se sentant bien vieux, il tournera les talons. Mais cette rencontre l'a changé: il devient ami avec Shaikh l'orphelin (lui aussi un solitaire à sa façon), allant jusqu'à devenir son témoin de mariage.
Le film du jeune Ritesh Batra est charmant, émouvant.... et très dépaysant. Elle fait un peu peur, cette ville, avec ses trains de banlieue vétustes et surchargés. Tellement vieillotte! Ainsi, dans le pays de l'informatique de pointe, les employés de bureau gribouillent sur des registres avec tout juste le soutien d'une calculette..... Un ordinateur? Où ça, un ordinateur.....
La magie du cinéma unit la même semaine Bombay et Kaboul. Deux villes qu'à priori tout oppose, et pourtant, pas tant que cela. La situation d'Ila, coincée dans sa vie traditionnelle, est elle vraiment beaucoup plus enviable? Réjouissons nous d'être européennes, les filles! N'en déplaise aux fanatiques de la commission Théodule désignée par Ayrault, (qui n'en rate pas une), et qui, on n'en croit pas nos oreilles, préconisent que la France "s'arabo-orientalise". Non merci! Très peu pour nous!
Tendre, drôle, subtile, touchant, dépaysant (intéressant documentaire aussi sur les bords) : ce film a tout pour plaire. Jeu superbe des acteurs. Grignotez tout de même un peu avant d'y aller car ça donne très faim !!! Ne pas manquer.
Un film aux parfums subtils d'une cuisine élaborée comme un appel à l'affection et a l'attention de l'autre Délicatement nostalgique qui fait sentir le temps qui passe avec tact c'est un éloge à l'ouverture a oser être heureux ... de vivre en harmonie avec ce qui nous entoure; de plus cette oeuvre est aussi une intrusrion dans le coeur battant et brouillon de Bombay et toutes ses dimensions chaotiques brinquebalantes qui paradoxalement fonctionnent...
Touchant, émouvant et drôle, The Lunchbox est une jolie surprise, servie par de superbes comédiens. Le rythme pourra peut être paraitre mollasson mais on retient surtout une sensualité de tous les instants.
A Bombay, la « lunchbox », c’est la gamelle. Celle préparée par la femme et livrée sur le lieu de travail du mari par des sociétés de portage de repas aussi traditionnelles que performantes. Ravissante épouse et pourtant délaissée, Ila pense reconquérir son mari en lui mitonnant de bons petits plats, car la gamelle est à étages…
Sauf qu’une erreur d’aiguillage va conduire pour une fois la « lunchbox » vers un destinataire imprévu : un comptable veuf et bourru, proche de la retraite. Intrigué par les messages glissés par le cordon-bleu inconnu, le vieux solitaire se prend au jeu et répond. A force d’échanges épistolaires attachants bien qu’un peu répétitifs, Ila et Saajan vont découvrir un peu de tendresse au fond de la gamelle.
Délicatesse et charme parcourent ce film original tourné dans un Bombay grouillant et bruyant. Les scènes dans les transports ou dans l’entreprise montrent cette effervescence. Et la gamelle messagère souligne cette jolie rencontre de deux cœurs solitaires qui vont un temps renaître à la vie en s’ouvrant à l’autre. C’est finalement un bon petit repas de fête, plus aromatique qu’épicé, qu’il y a dans cette « lunchbox ».
Rien à voir avec le cinéma de Bollywood, ce superbe film nous permet de découvrir le quotidien de la condition féminine et des employés en Inde aujourd'hui. Et le retour à la vie de ce veuf bougon et mal embouché, à la limite de la misanthropie fait plaisir à voir.
Déjà j'ai été étonné du monde dans la salle, plus d'un mois après la sortie du film (salle comble). Le film doit avoir un bouche à oreille très flatteur, ce qui est normal vu ses qualités. 1) C'est très bien joué 2) C'est à la fois très sensible et subtil, ce qui pourrait étonner tous ceux qui connaissent le style Bollywood 3) On ne s'ennuie pas un instant, on passe à chaque instant du rire à l'émotion 4) On ne ressent jamais un décallage de culture qui pourrait géner l'identification et la compréhension des personnages. 5) C'est juste un super film.
L'université de Harvard a réellement mené une enquête minutieuse sur le système indien des Dabbawalahs, soit la livraison quotidienne des déjeuners sur le lieu de travail des employés, repas concocté le plus souvent à domicile par leur épouse, voire par un restaurant. Résultat : un taux d'erreur quasi nul. A partir de cette pratique traditionnelle, le réalisateur indien Ritesh Batra, dont c'est le premier long-métrage après trois courts, a imaginé une erreur d'aiguillage qui va déboucher sur une relation épistolaire entre deux êtres délaissés, une femme au foyer et un veuf solitaire. Le scénario est imparable. Un "Feel good Curry", qui rappelle furieusement The Shop around the Corner, mais pas seulement. The Lunchbox est aussi un portrait de Bombay, une mégalopole avec ses foules empruntant les transports en commun, contrastant avec l'isolement de beaucoup d'individus, y compris au travail. Les scènes de bureau sont les plus drôles du film, avec leur minutage imperturbable dans un rituel qui ne souffre d'aucune entorse. Même regard bienveillant et néanmoins très vif sur la condition de la femme à la maison dont le seul dialogue est celui qu'elle entretient avec une voisine de l'étage au-dessus, ce qui nous vaut, là encore, des passages extrêmement amusants. Loin des batifolages flamboyants de Bollywood, sous couvert de comédie romantique, The Lunchbox est une oeuvre d'une pertinence sociale très forte, symbole d'un jeune cinéma indien indépendant (au même titre que Gangs of Wasseypur) qui, tout en développant des problématiques nationales, touche à l'universel. Le film se déguste chaud, ses saveurs doucement épicées constituant un véritable régal, dont la tendresse se marie parfaitement à une lucidité implacable. Un petit bijou à consommer sans modération.
D'habitude, je n'aime pas les films indiens, trop long, trop de danses et chants, toujours le même sujet. Ici, le film est rythme, drôle! Une bonne surprise!
On sait depuis longtemps que l’Inde est le pays qui produit le plus de films chaque année mais on commet trop souvent l’erreur de coller l’étiquette Bollywood sur tout le cinéma de ce pays. Effectivement, les films du genre Bollywood représentent une part importante de la production indienne mais il y a toujours eu, à côté, un cinéma plus intimiste, plus proche des productions occidentales, avec de très grands réalisateurs comme Guru Dutt, Mrinal Sen et, bien sûr, Satyajit Ray. Lors du dernier Festival de Cannes, un nouveau nom est apparu, Ritesh Batra, avec un premier long métrage qui a enthousiasmé la Croisette, "The Lunchbox", présenté à la Semaine de la Critique. Il y raconte avec humour et tendresse la rencontre improbable de 2 êtres que tout sépare, suite à une erreur dans la livraison de repas de midi dans une entreprise de Bombay. C'est émouvant mais jamais mièvre et, en plus, on y apprend beaucoup de choses sur l'Inde d'aujourd'hui, en particulier sur la condition des femmes dans ce pays très conservateur. De temps à temps, arrive sur nos écrans un film venu d’un pays lointain, réalisé par un cinéaste connu des seuls spécialistes pour quelques court-métrages sélectionnés dans de nombreux festivals mais dont c’est le premier long métrage, et dont ressort heureux, non seulement parce qu’on s’est régalé pendant 102 minutes mais aussi parce qu’on pressent que ce réalisateur ne manquera pas de nous apporter d’autres bijoux dans le futur. Ces films, il ne faut surtout pas passer à côté.
Du cinéma indien je ne connais rien je l'avoue, en tant qu'occidentale je pense instantanément à Bollywood et ses fameux films qui dansent et chantent 3h... Ça me révulse instantanément. The Lunchbox c'est vraiment le film que j'ai été voir grâce à la note de 2 éclaireurs qui l'avaient adorés mais sinon je ne lui aurais probablement pas accordé un regard, j'aurais ainsi loupé un beau moment. Très loin des codes de Bollywood, The Lunchbox est un film accessible à tout type de public tant il est universel de par son humour et son thème. Deux solitudes qui se croisent au travers d'un « lunchbox », drôle de rencontre. Une femme dont le mari est de plus en plus distant, en voulant s'en rapprocher elle décide de séduire son estomac malheureusement la lunchbox est livré à un autre. Un comptable près de la retraite, fermé au monde depuis la mort de sa femme, aigri, un peu morose, qu'elle n'est donc pas sa surprise quand il reçoit un délicieux repas puis une lettre ! Au fil du temps les 2 protagonistes évoluent de par leur échanges, ils changent leur mentalité, leur comportement, se remettent en question. Le tout avec une véritable douceur, ça se suit avec un plaisir gourmand.
Le film alterne donc humour et émotion pour offrir un message très humaniste et accessoirement il donne faim, moi qui n'aime pourtant pas trop l'indien de base... En tout cas il attise ma curiosité et me pousse à donner une chance à d'autres films indiens qui sortiraient aussi du cadre Bollywood. ( Je suis ouverte aux suggestions soit dit en passant, si certains en connaissent...
Sortie le 11 décembre dans nos salles ( même si j'imagine qu'il n'y aurai pas une tonne de copies non plus )