134 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
28 critiques spectateurs
5
1 critique
4
11 critiques
3
13 critiques
2
2 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Gérard Delteil
257 abonnés
2 079 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 13 décembre 2014
Un constat effrayant de la société russe. Les moeurs de ces flics sont aussi sordides que leur commissariat. La tension est permanente du début à la fin de ce film. Quant à la chute, plus noir tu meurs. Pourtant, malgré cette brutalité extrême, une grande humanité s'en dégage. On sent que bien des personnages sont mal dans leur peau mais son prisonniers d'un système auquel ils ne peuvent échapper sous peine d'un véritable suicide collectif. Un seul reproche : une bande son un peu envahissante par moment et un scénario pas toujours limpide. Une réussite.
Film brutal et fataliste comme les films russes peuvent l'être, il nous dépeint les cas de conscience de policiers pris dans la tourmente de leur propre système véreux suite à un accident atroce. SI vous n'avez pas peur de la tristesse et du froid, de la violence physique et verbale, ce film est pour vous.
(...) The Major (2013) n’est que le second long métrage de Yury Bykov. Ce fait est déjà remarquable à lui seul, quand on constate la maîtrise dont le jeune réalisateur fait preuve pour développer son histoire. Que dire alors, lorsqu'on apprend qu’il en est également le scénariste, le monteur, le compositeur et qu’il y tient l’un des rôles principaux ? (...) l’Homme est toujours rattrapé par sa conscience. Pour Sobolev, sera-ce au point de trahir l’omerta ? Ses camarades ? S’il se ravise, ne sera-t-il pas trop tard ? Mieux vaut tsar que jamais après tout, n’est-ce pas ? Dans tous les cas, pas de simple lutte du bien contre le mal ici, dans The Major il n’est pas forcément question de justice. La descente aux enfers aura bien lieu, mais pour qui ? Le pessimisme, à l’image du climat, est de rigueur. Bykov nous dépeint une société morne et grise, tout au long d’un film noir sur fond blanc. Le rythme est à la fois lent, presque contemplatif, et nerveux. Des plans larges, surlignant la petitesse de la nature humaine fuyant ses responsabilités, des gros plans, pour bien mettre en avant le courage d’une famille devant une rude épreuve. Par cet aspect froid, implacable et ce nihilisme ambiants, il nous renvoie à un certain The Thing de Carpenter. (...) A l’aide d’un budget modeste, Bykov parvient à tenir en haleine, grâce à un montage extrêmement habile. De très nombreux plans-séquence souvent filmés à l’épaule confèrent une grande intensité à l’action, sans nuire à la lisibilité. Un travail minutieux sur la lumière, le contraste intérieurs glauques/extérieurs immaculés, renforce l’immersion. (...) The Major frappe fort et dénonce de manière percutante les abus de ceux qui ont le pouvoir face à une population impuissante. La corruption politique et celle des forces censées représenter l’ordre du pays. Des gradés tout puissants, du moins en apparence… The Major est un polar polaire glaçant sans concessions (...)
Film coup de poing, "The Major" présente la Russie sous un jour très alarmant, dénonçant la corruption de policiers se croyant tout permis dans leur pays. Le scénario est intelligent et subtil, les acteurs talentueux, la mise en scène réussie. On a ainsi souvent envie de crier à l’injustice, tant ce qui est montré est révoltant. Un sentiment domine : celui que, quoi qu’il fasse, le citoyen ne pourra jamais se hisser en haut de la société pour protester, la fatalité le condamnant à rester prisonnier d’une dictature qui se cache. La même dictature que celle qui a lieu dans les cours de récréation : le chef a beau être l’instituteur, rien ne sera fait contre les brutes en culottes courtes, peu dangereuses du point de vue des adultes. Pourtant, dans le monde des enfants, l’existence des victimes est gâchée par ceux qui les briment, totalement impuissants qu’ils sont. Dans la Russie telle qu’elle est décrite dans "The Major", l’absence d’une autorité se fait là aussi sentir, ceux qui devraient l’exercer étant les brutes qui oppriment le peuple. Hélas, ils sont ici armés, protègent leurs intérêts et préfèrent la justice expéditive. La fin, toute en tension, est évidemment fatale : comment vivre dans pareille société ? Le pessimisme du film est flagrant : les Russes ne semblent être que des éléments de décor, voire des proies, pour des policiers dont le pouvoir est sans limite.
J'ai beaucoup aimé ce film et je le recommande à ceux qui aiment les productions indépendantes et les réalisateurs prometteurs : intrigue qui tient en haleine du début à la fin, jeu d'acteur juste et intense, pistes de réflexions intéressantes sur la société russe et la corruption qui la gangrène... A voir !
Cas de conscience contre force majeure. Les policiers russes de The Major ne tergiversent pas bien longtemps ; chez eux, le mot d'ordre est du genre : un pour tous, tous pourris. Brutale comme assertion ? Oui, comme ce deuxième film de Yury Bykov, réalisateur homme orchestre puisqu'il en est également l'un des acteurs, le scénariste, le monteur et le compositeur de la musique. Linéaire dans sa construction, avec une action en quasi-temps réel, The Major est un thriller glacial et sans compromis dont l'aspect de spirale infernale semble poussé jusqu'à ses extrêmes limites sans qu'on puisse en remettre en cause la crédibilité. Enfin si, peut-être, mais l'enchaînement des faits et les rebondissements ne laissent guère le temps de penser. Certes, Bykov n'a pas la prétention d'analyser aussi finement la société russe qu'un Zviaguintsev, par exemple, mais le constat n'en est pas très éloigné. Et les décors, du tapis de neige, à l'extérieur, aux locaux insalubres y compris ceux de la police, à l'intérieur, donnent à ce thriller implacable une véritable densité. De celles qu'on pouvait trouver chez un Sydney Lumet dans les années 70. De ce niveau là, parfaitement.
Un thriller glaçant et poignant dans une Russie totalement corrompue. Un casting impeccable pour cette escalade de violence dont le rythme ne faiblit pas, avec un suspense à couper le souffle.
Une histoire très russe, dans le bon sens du terme, où s'affirment une énorme distanciation avec des personnages proches et leurs vicissitudes, pour en faire ressortir un aspect moral dualiste et intense. J'avoue qu'à première vue, le pitch de l'accident mortel à maquiller est juste un peu original par son exotisme slave, que les atermoiements de conscience du personnage principal relancent une intrigue comme pour la sauver du néant, et que la fin semble s'essorer en eau de boudin... La tentation de la déception nous guette au retour à l'air libre, ampoules rallumées... Puis, quelques aspects tordues du scénario m'ont titillés les neurones, vers dans une pomme, pour révéler la beauté de "The Major", qui est un film alors un peu à mériter, mais qui laisse sa belle lumière percer dans l'océan ténébreux du 7ème art. C'est sec mais prenant : outre le climat de corruption financière parfaitement restitué, pas de très haut niveau en plus, à l'échelle d'un commissariat municipal, car rendant crédible que des gens cupides, plus liés par l'omerta que par la discipline professionnelle, malgré leurs maigres relations sociales en terme de qualité, en arrivent au meurtre, le combat moral que se livre le personnage principal avec lui-même, et contre son seul et unique ami, menant également ce-dernier jusqu'au doute (pas longtemps), n'est pas le combat du bien contre le mal, mais le combat inharmonieux et fatal qui se livre à l'intérieur du mal, et qui fait qu'il est le mal, ne sait pas qu'il est le mal. C'est cette émotion froide et intense qui fait que "The major" retombe sur ses pattes, façon kung-fu, après avoir tout niqué. La mère du gosse tué au début, incarne le seul vrai bien, le bien "normal", au milieu du mal banal, et ça ne lui servira strictement à rien... Le personnage principal, banni, ostracisé pour avoir écouté son cœur une seconde, poursuivant benoîtement sa crise de conscience ne sera qu'un autre échelon du mal, dans un univers sans bien, mais, sans cesse défini par lui, la fonction essentielle du bien étant de définir la ligne morale avec le mal. Comme un monde sans la présence de Dieu, mais avec son existence partout en tant que créateur. Film mystique, religieux, au final, sur l'abandon de la grâce, The Major mérite d'y frotter ses mirettes malgré l'air piquant. C'est de saison.
Un film russe noir, noir et noir. L'intrigue soulève des questions essentielles. Elle nous montre la Russie telle qu'elle est, dans une société bien contemporaine. Superbe interprétation. Un must pour les amateurs de film noir. magnifique image. J'ai beaucoup aimé le film.
Un film qui fait froid dans le dos et qui reprend une des lignes directrices du cinéma russe contemporain. Pas de réel espoir de se sortir de cette société enchaînée par la précarité, la violence et la corruption.
La grande période du cinéma soviétique est morte et enterrée. Toutefois, depuis la Russie, l'Ukraine ou d'autres pays issus de l'ex-URSS, il nous arrive de temps des films qui prouvent que ces pays abritent toujours des réalisateurs de talent. Très probablement, ces réalisateurs ont beaucoup de mal à réunir le budget nécessaire pour la réalisation de leurs rêves et, quand ils y parviennent, c'est le plus souvent grâce aux divers Festivals de cinéma qu'ils arrivent à pénétrer dans notre monde de cinéphiles. Ce fut le cas récemment pour "My Joy" et "Dans la brume", les 2 excellents films de l'ukrainien Sergei Loznitsa. Ce sera le cas le 20 novembre avec "La maison à la tourelle" de l'ukrainienne Eva Neymann, non moins excellent. Alors que ces 3 films ont la beauté formelle des grands films de l'ex-URSS, "The Major", le deuxième film du russe Yury Bykov (le premier n'est jamais sorti en France), penche davantage vers le cinéma américain des années 70. C'est la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2013 qui a permis à ce film d'entrer sur notre territoire. Film qui raconte les conséquences de la "machine infernale" mise en branle par des policiers pour couvrir la responsabilité d'un des leurs dans un accident, "The Major" est avant tout un film sur la corruption et sur la conscience des individus. Après avoir vu "The Major", on suivra la carrière de Yury Bykov avec attention : il n'a que 32 ans et, dans ce qui n'est que son 2ème film, il fait déjà preuve d'une maîtrise certaine même si on peut y trouver quelques défauts, en particulier au niveau du scénario.