A la vue de l’amateurisme technique de son nouveau film, aussi bien dans sa mise en scène dénuée d’idées que dans ses cadrages faits sans stabilité ni mises au point, on a du mal à croire par un vieil habitué du cinéma mélodramatique. Mais dès lors que l’on connait le passif de René Féret on comprend alors la part autobiographique de son récit, traitant avec une autodérision assez surprenante son propre travail de création. Cette maladresse et les interprétations pleines d’improvisation des acteurs donnent à ce film dans le film son charme artisanal. Féret, à l’image du personnage interprété par Frédéric Pierrot de réalisateur intello totalement incompris par le grand public et en manque d'inspiration, n’est visiblement pas doué pour écrire un scénario amusant, et fait rapidement glisser son histoire vers l’étude des relations intimes des protagonistes auxquels le jeu des acteurs donne corps. Si sa comédie sur le cinéma tombe à l’eau, c’est pour mieux laisser place à une jolie petite comédie dramatique.
Les Féret sont partout dans "Le Prochain Film", impertinente chronique dans le ton, et pertinente dans le propos. Après le (pour moi) discutable et littéraire "Madame Solario" (dont on voit quelques images fugitives lors d'une séquence de mixage), retour à la veine principale d'inspiration de René Féret, la famille - ce thème venant croiser avec un deuxième, d'égale importance, la création artistique, cinématographique ici. Rebaptisé "Gravet", Pierre (Frédéric Pierrot), metteur en scène pas du tout grand public, c'est bien sûr René Féret, rajeuni pour la circonstance de plus de 20 ans (le "vrai" fait un caméo au début, dans l'auto-dérision, en directeur de salle de cinéma lors d'une avant-première). Ses filles, l'aînée d'un premier lit, Marie, c'est Marie Féret, les plus jeunes, aussi des Féret. Pierre Gravet a un frère aîné, la cinquantaine, qui est acteur, abonné aux films "sérieux", Louis (Antoine Chappey). En couple (qui bat de l'aile) avec Suzanne (Marilyne Canto), une éditrice (associée), il accueille chez lui Agathe, la nièce de Suzanne, qui veut faire aussi du cinéma (une autre fille Féret, Lisa). Le scénario est signé René Féret, et le chef-monteur est comme toujours l'épouse de René Féret, Fabienne. Tout en préparant un prochain film "en costumes" à nouveau, sur un épisode de la vie de Tchekhov, Pierre Gravet (qui a la même actualité que Féret sur ce point !) cède à la demande de Louis de tourner avec lui (pour la première fois), et dans un rôle de comédie (ce qu'il n'a jamais eu l'occasion de faire). Pendant 1 h 20, on va assister à la "possibilité d'un film", pourrait-on dire. Une suite d'événements imprévus, personnels et familiaux, va en décider autrement. Les interprètes de cette sorte d'"Impromptu" cinématographique font merveille à donner vie à des dialogues percutants et des situations familières, mais décalées. Outre la "tribu" Féret, les 2 "frères" de cinéma précités (Pierrot et Chappey - parfaits en duettistes, pas toujours "raccord" !) et la malicieuse Marilyne Canto (déjà distribuée par Féret dans "Comme une étoile dans la nuit" - en 2008), la (jeune) compagne de Pierre, Sara, est incarnée par Sabrina Seyvecou (aussi déjà dans le Féret de 2008). Il y a même Marc Barbé ("Nannerl" et "Madame Solario") dans une courte scène, en chirurgien orthopédiste. Les films de Féret : une affaire de famille. Pierrot et Chappey sont les seuls "petits nouveaux" (et encore Antoine Chappey est-il le compagnon de Marilyne Canto dans la vie, comme dans le film). Un style simple, fluide, quasi documentaire : une "comédie" sur une comédie qui se fera peut-être. Ou pas. Le procédé n'est pas inédit, mais le traitement plutôt. "Cocasse", dirait Pierre Gravet.
Un petit film de chambre qui se déguste. Les acteurs sont absolument formidables, sans exception, jusqu'aux caméos improbables d'Olivier Chiavassa (ancien directeur des productions du laboratoire Eclair) à Grégory Gadebois en kiné, les adolescentes sont d'une justesse jubilatoire, la mise en scène est vive et donne du relief à cette suite de moments volés au quotidien de nombreux cinéastes ou acteurs/trices. Touchant, souvent très drôle, le film vaut principalement pour la façon dont Féret capte le naturel de ses magnifiques comédiens. Un régal.
Après les brillantes 15 première minutes (sur un réalisateur en promotion de film), le film je dirais cherche un peu son sujet..... Il pouvait être une belle réflexion sur le cinéma, il suit alors un chemin différent, plus intimiste sur les déboires d'un réalisateur.....sur la vie avec ses proches.... Qu'on ne se méprenne pas, le film a un très beau squelette, une ossature originale et relativement écrite.... Il choisit le relationnel entre deux frères (magnifiquement interprétés par des acteurs discrets mais que l'on connait de visage (Frédéric Pierrot, Antoine Chappey)), mais aussi entre ses frères et leurs épouses(Maryline Canto)... On peut quand même qualifier l'écriture d'intelligente et le scénario sans être captivant nous fait parcourir de jolis moments de cinéma au travers des quêtes de chacun ( professionnelles mais aussi affectives) Dans un style propre et épuré, on peut trouver des ressemblances avec l'univers du couple Bacri Jaoui) avec des références au cinéma, à la littérature , au théâtre..... A noter quelques apparitions furtives mais bienvenues (Marc Barbé entre autre) La jeune adolescente est aussi bien caricaturale d'une jeunesse habillée uniquement de Smartphones.... Au final, on passe un bon moment, original et fin, en compagnie d'un réalisateur et d'acteurs qui ont quelque chose à dire... J'ai aimé....
Le navet de l'année, du genre le film qui croit faire des grandes révélations sur le monde du cinéma (comme si Fellini, Truffaut, Allen et Altman, pour ne citer que quelques noms, n'avaient rien fait) et qui prend le spectateur pour un enfant de 10 ans... à oublier, vite !