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Shirokuromelt
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2,5
Publiée le 26 avril 2020
2 heures d'absurdité, c'est long, or c'est bien à ça que l'on assiste durant plus de 2h: une violence absurde perpétrée par des paumés. L'approche purement cinématographique/romanesque atteint ses limites avec un tel sujet, qui fait plus appel à l'approche documentaire que fictionnelle. On ne peut pas se contenter d'une évocation, d'une peinture haute en couleur pour un tel sujet, au risque de ressasser 2h durant les mêmes tableaux d'éxécutions sommaires et autres joyeusetés. A quoi bon? Le tableau, aussi vivide soit-il, finit par ennuyer voire agacer et je me suis pris à voir dans ces "soldats" dégénérés les mêmes vermines que les responsables de leur situation: politiques africains corrompus et industriels occidentaux sans scrupules. Où sont-ils d'ailleurs ceux-là? Pas dans ce film en tout cas...
Le jeune Agu coule des jours heureux dans une petite ville d'Afrique de l'Ouest entre son père, sa mère, son frère aîné et sa petite sœur. Mais la guerre civile menace cet Eden. Sa mère et sa sœur doivent s'enfuir à la capitale. Quand l'armée régulière exécute sous ses yeux son père et son frère, Agu n'a d'autre alternative que de s'enfuir dans la jungle. Il y est recueilli par un bataillon d'enfants-soldats dirigé par un "commandant (Idris Elba) aussi charismatique que violent.
En 2005, Uzodinma Iweala publiait "Beasts of No Nation", un court roman de deux cents pages à peine (traduit en français trois ans plus tard aux Editions de l'olivier sous le titre "Bêtes sans patrie"). Après d'âpres négociations, Netflix - qui n'était pas encore la plateforme qu'elle est devenue - en achetait les droits et confiait au réalisateur américain Cary Fukunaga le soin d'en faire un film. Anticipant les débats qui agitèrent la sortie de "Roma" trois ans plus tard et son triomphe aux Oscars, la profession se déchirait sur l'accueil à réserver à "Beasts of No Nation", privé de salles, directement diffusé en ligne.
"Beasts of No Nation" a un immense atout et un sévère handicap : Idris Elba.
L'immense acteur, qui aurait fait un James Bond d'exception, aimante le film - qu'il a par ailleurs co-produit. Il l'aimante par son charisme. il l'aimante aussi par l'ambiguïté de son personnage, un criminel de guerre, ivre de pouvoir, violent et pédophile qui, malgré ses défauts rédhibitoires, réussit pourtant à être attachant. Pendant tout le film, le spectateur résiste contre la sympathie spontanée que l'acteur inspire. ce pourrait être un défaut de scénario ; mais tout bien réfléchi, ce n'en est pas un, le jeune Agu éprouvant lui aussi un infini besoin de reconnaissance de la part de ce père de substitution.
Le défaut de construction est ailleurs. Idris Elba est si fascinant, si charismatique, si omniprésent à l'écran, qu'il fait dévier la focale du film. Les enfants-soldats auraient dû être son sujet, comme c'était le sujet du film, à travers l'expérience d'Agu, sa séparation traumatisante d'avec les siens, les violences barbares qu'il subit ou qu'il inflige (âmes sensibles s'abstenir), les drogues hallucinogènes qu'il ingurgite, les privations débilitantes qu'il endure. Le jeune acteur ne s'en sort pas si mal, évitant le cabotinage qui pollue si souvent le jeu à son âge. mais face à Idris Elba, il ne peut pas faire le poids. "Beasts of No Nation" n'est pas un film sur les enfants-soldats ; c'est un film sur le colonel Kurz !
Ne cherchez pas, Beasts of No Nation n'indique jamais où son action se déroule. Ouganda, Congo, Nigeria,...On ne sait pas, et le propos n'est pas là. Le thème principal reprend à son compte la maxime du film Platoon "L'innocence est la première victime de la guerre" en concentrant son attention sur les enfants-soldats. Certains films ont frôlé le sujet, mais rares sont ceux à s'y être totalement consacré. Le thème est très dur, tout comme les implications politiques qu'il sous-tend. Mais si le 7ème Art a un pouvoir sur le monde, c'est bien celui de lui ouvrir les yeux. Tout juste sorti de la série True Detective, le réalisateur Cary Joji Fukunaga met donc la barre très haut pour son retour au format long-métrage. Signe d'une implication indéniable, il officie également au scénario (adaptant le roman de Uzodinma Iweala), à la photographie. Budget resserré mais ambition décuplée. Quand on lui demande où il a trouvé son inspiration pour le film, Fukunaga cite Au cœur des Ténèbres. Évidemment. Il faut croire que l'œuvre de Joseph Conrad a le don de parler à tous ceux qui veulent offrir une odyssée humaine dans un ordre moral détraqué. Francis Ford Coppola ou Werner Herzog ont également tiré la moelle de leur Apocalypse Now ou Aguirre, la colère de Dieu. Comme de juste, le cinéaste attrape l'attention sans jamais verser dans la complaisance. Et de placer son jeune héros (magnifique Abraham Attah) dans le cruel paradoxe de devenir un vieillard dans le corps d'un enfant d'à peine 12 ans. Un être qui a subi une formation accélérée dans l'injustice, l'absurdité de la guerre et ses plus horribles côtés. L'horreur que Beasts of No Nation parvient à capturer en une séquence forte (et il y en a plusieurs), voyant les chairs à canons entonner un chant alors qu'elles sont envoyées au massacre. C'est sûr, on ne sort pas indemne d'une telle séance. De la direction des acteurs jusqu'à la colorimétrie parfois volontairement saturée (pour signifier les effets de la drogue brown-brown ou d'une nature repeinte en rouge-sang), la plongée vers la sauvagerie est organique. L'espoir ne fait cependant pas partie des victimes collatérales. Il est bien là, discret, incertain, mais présent. Il prend tout son sens dans la dernière partie, qui replace ces personnages face aux conséquences d'une guerre civile qui leur a volé leur jeunesse. Le plus difficile sera désormais de la leur rendre.
Wahou, tout simplement rien que la bande annonce m'a pris au tripes mais le film... magnifique sincèrement, je me suis ennuyé à aucun moment, le jeu d'acteur parfait, la réalisation parfaite et l'histoire encore une fois wahou. Tant d'horreur, de détresse, de folie, qui dénonce parfaitement bien le sort des enfants soldats dans des guerres horribles et la folie de leur chef... Je l'ai regardez il y a quelques heures et j'y pense encore, sincèrement je le conseille regardez le
D'habitude lorsque je vois le logo "Netflix" devant un film je me méfie . J'ai été un grand nombre de fois déçu par leurs films . Mais je me suis dis " bon aller, tentons le coup, il est bien noté sur allociné " , j'ai donc lancé le film sans aucune attente, et bordel je me suis pris une grosse claque . J'ai vraiment ressenti de l'émotion , c'était puissant, triste . Ce qui renforce l'émotion c'est le fait de se dire " ce n'est pas de la science fiction ça existe ". Le film se déroule probablement au Ghana mais ça n'est pas mentionné . Plus de détaille sur le contexte aurai été la bienvenu , c'est probablement le seul point négatif de ce film. Conclusion : Aller y ! N'hésitez pas !
Chef d'oeuvre assuré qui pour moi est un des meilleurs films que j'ai regardé, l'histoire est très dure et poignante ce film est bouleversant, émouvant et la bande son est tout simplement magnifique. Excellente prestation de Idris Elba dans la rôle du Commandant.
Un récit brut, sans pathos ni moralisation, qui sait traiter avec subtilité de la réalité pourtant funeste des enfants soldats. Prestation éminemment charismatique de Idris Elba.
En un seul mot : poignant ! Impressionnante prestation des acteurs et une réalité à vous faire balancer le coeur, tout ce qu'il faut pour un bon film réaliste et qui fait beaucoup réfléchir à la situation du continent africain.
On a l'impression d'être dans un documentaire tellement tout semble si réel, ce garçon menant une vie quasiment normale au milieu de ses amis et de sa famille dans un pays africain en guerre jusqu'à que celle ci ne le rattrape et fasse de lui un enfant soldat. Le jeune acteur est bouleversant, l'évolution psychologique de son personnage travaillée avec justesse, notamment dans ses rapports avec le commandant sanguinaire qui prendra la place de son père assassiné et le conduira sur le chemin de la disparition de son humanité.
Ce genre et ce thème de film ont été maintes et maintes fois traitées mais ce qui fait que ce film-ci se démarque nettement ce sont les acteurs et notamment le jeune Abraham Attah qui est hypnotisant par sa performance d'acting. Est rajouté à l'excellence de ce film le fabuleux réalisateur Cary Fukunaga et une bande son juste envoûtante
Ce film est tout simplement un chef d'oeuvre, la réalisation et la mise en scène sont excellentes, le jeu des acteurs est excellent avec une très bonne interprétation de Idris Elba (que j'ai découvert dans "Double trahison" bon film aussi), l'histoire est touchante et émouvante voir dérangeante, à voir absolument.