Tout en sobriété, cet "Ida" ne savère toutefois aussi prenant, émouvant et poignant que prévu. En revanche, la photographie est magnifique avec ce choix judicieux du noir et blanc.
Différent, sobre et assez fort. Une manière claire, élégante et efficace de raconter une histoire dramatique. Je suis encore tout étonné que le réalisateur ait réussi à fournir autant de messages et d'émotions avec si peu de mot. Pas très gai, mais à voir.
c'est un film dur dont l'intensité dramatique est soutenue par les prises de vue noir et blanc, parfois gris et blanc, gris comme la morosité qui envahit parfois notre pensée devant les longs plans de paysages mais qui laisse le temps à notre pensée de se mettre dans la pensée de l'héroïne; et sans aucun souci de sensiblerie ou sentimentalisme, toute la sensibilité n'est jamais dans les mots mais s'inscrit en filigrane dans les superbes prises de vue. J'ai adoré ce film
Magnifique film ! On en sort rêveur et "imprégné" pour plusieurs jours. Les acteurs sont formidables, les prises de vue d'un classicisme rigoureux, le drame est prenant, la bande son de Kristian Selin Eidnes Andersen vient servir le propos avec une émotion rare. Enfin, last but not least, la durée réduite du film renforce l'impression de densité de l'oeuvre et cette concision va heureusement à contre courant des délayages (jusqu'à 2H3 de projection !) qui semblent vouloir devenir la norme.
Trop beau, et trop cadré. Et beaucoup de clichés. On ne rentre jamais vraiment dans l'histoire à force d'esthétisme qui frise l'académisme. La jeune actrice a le regard vide, heureusement la tante est plus intéressante, spoiler: mais évidemment
elle disparait.
D'où un ennui qui s'installe et une fin bien catho qui correspond bien au retour actuel aux valeurs traditionnelles !!!
IDA a trouvé sa place au couvent, mais elle va découvrir d'où elle vient, qui elle est... Guidée par une tante torturée par le passé, elle l’amènera à questionnera sa foi, son idéologie et elle devra affronter son histoire. Ces 2 personnages cherchent leurs places entre la vie et la mort... film en 4/3, Noir et blanc, magnifique photo, des plans superbes. Le cinéma polonais est rare, une belle surprise...
Il fait froid. La neige est partout et ce blanc immaculé renvoie à l'atmosphère du couvent dans lequel Ida se trouve : glacial. Jeune fille orpheline, celle-ci doit rencontrer sa tante avant de prononcer ses vœux. Mais les révélations qu'elle va lui faire risque de bouleverser sa vie ainsi que la vision qu'elle a pu se faire de son avenir.
Ida, c'est d'abord un superbe parcours initiatique d'une orpheline devant aller jusqu'au bout de son processus identitaire pour pouvoir se construire, et devenir ce qu'elle doit être. Face à elle, nous avons sa tante, une femme forte et paradoxale qui va lui ouvrir les yeux, tant sur sa vie que sur son passé familial. Le poids de la guerre, très lourd pour les deux femmes, se ressent sur leur visage grave. L'une n'a pas de famille, l'autre l'a perdue. Et ce mal-être prouve qu'elles semblent de trop dans cette société. Cela se voit d'ailleurs formellement puisque la figure des protagonistes est souvent mal centrée et excentrée vers le bas, pour laisser le ciel prendre toute son importance. Cela ne fait aucun doute, Dieu est parmi nous pendant ces quatre-vingt minutes.
Ida, c'est également une fantastique actrice qui arrive, grâce à des yeux stupéfiants, à faire tout passer : la colère, la tristesse, la joie, l'espoir, la volonté. Le charme opère, dès le premier coup d'œil, car elle dégage quelque chose d'unique, une sorte d'innocence sauvage, une bestialité cachée. Également symbole d'une parfaite pureté, elle laisse découvrir une sérieuse maturité, comme si ce personnage était omniscient et pouvait traverser les siècles sans aucun problème. Merci à Agata Trzebuchowska pour cette rencontre, rare au cinéma.
Ida, c'est enfin une performance formelle. En évitant presque le moindre mouvement de caméra, Pawlikowski plombe l'atmosphère avec une fixité du cadre déconcertante. Très silencieux, le film fourmille de détails sonores qui appuient cette ambiance pesante. Sa mise en scène paraît être composée de clichés photographiques, rendant l'ensemble admirablement esthétique. Que cela soit dans la pose des personnages ou ce noir et blanc très travaillé, la forme ici transcende le fond. En somme, une œuvre réussie, à tout point de vue.
Et oui ce film avait tout pour plomber, le noir et blanc , le thème des origines dévoilées , le couple féminin stéréotypé ( une oie blanche avec une délurée), le pays et l'époque ( à l'Est ou le soleil ne se levait pas) sans parler de la confrontation athéisme religion, voire clivage judéochrétien, sous fond d'antisémitisme... J'en ai oublié c"est sur et pourtant c"est un des plus beaux films que j'ai vu cette année Au dela d'une éducation sentimentale on accompagne l'éclosion à la liberté de choisir sa vie par Anna/ Ida spoiler: ( en miroir avec le choix de choisir sa mort par Wanda) C"est magnifique, fragile touchant , inattendu et éphémère comme une fête des cerisiers en fleurs au Japon Bravo au réalisateur qui a su trouver tous les musiciens recrutés pour jouer son oratorio .Tout y est juste , de l'évocation" orchestrée" des années mi60 à la part d'incertitude de chaque personne rencontrée qui porte un tableau de genre original ( sans doute très polonais) et universel ...Allez le voir un jour ou vous êtes disponible et prêt à entendre le silence des sphères et la musique intérieure...
Les critiques presse nous promettaient "un éblouissement", un bijou, "du pur cinéma"...le film n'est pas désagréable mais il n'a rien de transcendant. Pas de surprise. Les silences, le noir et blanc, la photo, tout est attendu. On en sort gris.
Remarquable film traitant d'un sujet difficile, l'antisémitisme, vu à travers la spoliation des juifs lors de la seconde guerre mondiale en Pologne, mais qui a existé aussi dans bien d'autres pays d'Europe. Le contexte du film, la Pologne communiste des années 1960 est très bien rendu (j'ai connu cette Pologne là) au travers des décors mais aussi du personnage terrible de la tante. La Pologne profonde, catholique et résistante au communisme est merveilleusement symbolisée par cette jeune nonne qui, en silence, ne reniera rien de sa foi malgré son origine juive, sa tante communiste et la découverte du mal dont les hommes sont capables au travers de l'histoire révélée de sa famille. Excellent film.
C'est une réussite totale car je ne m'attendais pas a une si grande maitrise de la réalisation. Le noir et blanc la photo le décadrage tout jusqu'au dernier plan tout est travaillé pour être un vrai sous titre visuelle au scénario.L'histoire parait simple mais révèle à chaque dialogue une question posé sur l'existence, le bien, le mal, la Pologne, la guerre, la volonté, le désir et bien d'autres. Toutes ces questions a laquelle ida doit trouver un sens pour trouver sa place dans la Pologne des années '60.
Pologne 1962, Ida, jeune novice, quitte le couvent, elle a peu de temps pour reconstruire son histoire familiale, dans quatre jours elle doit prononcer ses vœux. : Un pitch pareil ne vous donne peut-être pas envie de vous ruer dans une des-rare- salles de cinéma, qui le passe, surtout si on vous dit en plus que le film est en noir et blanc, et bien vous avez tort !
Attention chef d’œuvre, et le mot, tellement galvaudé, est choisi.
En effet, dans Ida, tout parait, simple clair et limpide. Le cinéaste nous raconte la Pologne d’après-guerre avec une force d’abstraction incroyable. Tout est dit, la difficile cohabitation des deux Pologne, la rouge et la catholique, l’importance de ses origines, le deuil impossible face à la barbarie nazie, le choix, le renoncement et le jazz, parfum de liberté.
Tout est dit, mais rien n’est asséné, la photo d’un noir et blanc soyeux est une merveille, la mise en scène fluide a une élégance rare, tous les plans sont soignés sans affèterie, les silences et les dialogues posés exactement où il faut. Les acteurs inconnus sont justes et émouvants. Film rare, en moins de 90 minutes Pawel Pawlinopwski, cinéaste de documentaire reconnu en Grande- Bretagne (et auteur du formidable "My summer of love" en 2004 et d'une curieuse adaptation d'un roman de Kennedy, la femme du Vème en 2011), devient dans ce troisième long l’égal de Bergman, celui des "Fraises sauvages" ou du "Septième sceau". Et figurez vous, pour vous donner une idée de l'audace du bonhomme, qu'il se paye même le luxe de choisir l’emplacement des sous-titres pour que ceux-ci ne bouleversent pas l’architecture et la composition de ces plans.
Bref, je serais court car rien ne sert de se perdre en conjonctures devant un si grand film : Osez l’expérience cinématographique et historique la plus étonnante de ce début d’année.