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Skipper Mike
111 abonnés
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3,0
Publiée le 13 février 2014
Un film assez lent et contemplatif, avec peu de dialogues mais beaucoup de fond. On est avant tout subjugué par la beauté de la photographie : le noir et blanc est sublime et fait de chaque plan une merveille visuelle. Le format d'image, en 1,33:1, ajoute d'ailleurs à la sensation de feuilleter un portfolio. "Ida" montre ainsi assez admirablement une Pologne marquée par le passé nazi et qui peine à faire son deuil tout en essayant de se frayer un chemin dans l'avenir. Chose malaisée pour ses habitants qui semblent perdus par les contradictions qui les animent, figés dans cette période de transition. Malgré ces qualités, le film transmet difficilement les émotions et ne subjugue pas vraiment. Il y a une véritable intelligence dans le cadrage, la mise en scène, la construction des personnages et le thème général ; pourtant, l'ensemble m'a paru presque anecdotique. Peut-être suis-je passé à côté, mais malgré la beauté évidente des images défilant sous mes yeux et quelques scènes marquantes spoiler: (le suicide de Wanda, le fou rire qu'Ida ne peut retenir lors d'un repas monacal...) , je suis majoritairement resté indifférent...
merveilleux, sublime, magistral. un film surtout à ne pas manquer. les actrices sont extraordinaires. une dignité dans leur peine. pas de mélo bref une merveille de film. les plans films sont fabuleux. j'espère qu'il sera retenu aux oscars pour le meilleur film étranger.
La vie de 2 femmes dont on perçoit l'essentiel : ce qui fait vivre. Deux actrices extraordinaires qui s'expriment par leurs visages et leurs postures plus que par les mots. Des prises de vue qui sont souvent comme des tableaux de Cartier Bresson. C'est brillant d'exprimer autant avec une telle sobriété.
Ce qui frappe d'emblée dans ce film, c'est la grande beauté des images. Un travail d'esthète. Sublime noir et blanc qui tire largement vers le blanc, sur fond de paysages campagnards enneigés ou de décors urbains blafards. Magnifique composition de plans, jouant avec des lignes graphiques et décadrant souvent les personnages principaux en bordure d'image. Dans la tonalité blanche, il y a probablement la pureté et l'innocence d'Ida confrontée à la noirceur du passé, à la grisaille du présent. Dans le décadrage, il y a certainement l'idée du décalage des deux personnages centraux, chacun à sa façon : Ida par rapport au monde extérieur qu'elle découvre, par rapport à une histoire familiale qu'elle apprend douloureusement à connaître ; Wanda en juge d'instruction, femme à poigne dans un univers masculin, mais aussi nouvelle Marie-Madeleine face à sa petite sainte de nièce. De leur rencontre et de la confrontation à leur histoire naissent des questionnements intimes, existentiels. Le film sonde l'envie d'être au monde, voire la possibilité même d'être au monde. Pour Ida : l'envie d'une vie recluse avec Dieu, dans la foi, ou l'envie d'une vie avec les hommes, faite de petits plaisirs et de problèmes triviaux. Pour Wanda : la possibilité de vivre au présent avec le poids de son passé et de ses paradoxes, après avoir connu l'extermination des juifs, de sa famille, mais aussi après avoir participé activement, plus tard, en tant que procureur de la République, à l'élimination des "ennemis du peuple". Wanda est un personnage torturé, dont le cynisme, les provocations et la liberté cachent mal un dégoût de soi et du monde. Au fil de leur enquête et de leur cheminement personnel, Wanda et Ida vont par ailleurs sonder une mauvaise conscience collective, celle d'un pays, la Pologne, qui cherche à oublier des épisodes peu glorieux d'un passé récent (la Seconde Guerre mondiale) et qui, au présent (celui des années 1960), fait le grand écart entre communisme et catholicisme. Ces nombreuses pistes thématiques et dramatiques font l'intérêt, la complexité et la richesse de ce film qui, du coup, paraît trop court (1 h 20) pour tout embrasser et aller en profondeur. Voilà qui est un peu frustrant, même si l'ensemble est toujours intelligemment et subtilement pensé. Le réalisateur polonais Pawel Pawlikowski est allé à l'essentiel de sa trame, en enchaînant rapidement les situations, sans s'appesantir. Il a fait le choix de la concision et d'une certaine distance, froide, qui anesthésie l'émotion, mais diffuse une tristesse sèche assez marquante. Et un pessimisme profond quant à la foi qu'on peut avoir en l'homme. Il a fait le choix d'emballer la lourdeur de son drame dans une narration fluide, avec une grâce qui se nourrit d'une austérité lumineuse. Jolie science du contraste. Ça frôle parfois la pose esthétisante, mais c'est une fête pour les yeux. Enfin, le film doit beaucoup aux deux actrices Agata Trzebuchowska et Agata Kulesza, très intenses, la première par ses silences et regards éloquents, la seconde par ses impulsions nerveuses et cinglantes.
Formellement assez exceptionnel et interprété avec talent par une actrice amateur, Ida manque quand même d’un peu de fond et de force pour être un vrai grand film. Ça reste quand même du cinéma de qualité, notamment au niveau de l’image. Mais, ici, ça ne suffit pas…
Le film impressionne d’abord par sa beauté visuelle : noir et blanc satiné, format 1 :37 permettant de magnifiques décadrages, sens du découpage et de l’ellipse qui retrouvent la force du cinéma muet ; Cette tenue formelle, bien qu’un peu ostentatoire, joue pour beaucoup dans l’intérêt du film, tout comme le pouvoir de fascination de son actrice, elfe opaque qu’on voit se révéler au cours du récit. L’histoire, elle, est plus classique : la rencontre de deux personnages que tout oppose, l’ouverture au monde d’une jeune fille élevée dans le plus strict dogme religieux, la confrontation à un passé traumatique qui a scellé l’existence des deux héroïnes. Ce rapport à la culpabilité, ce parcours initiatique d’une jeunesse qui découvre la « vie vivante » (sexualité, jazz et affirmation des désirs enfouis), tout comme la belle complexité de la femme juge, à la fois modèle libertaire et figure de l’ancienne dictature communiste, tout cela s’inscrit évidemment dans une réalité historique forte et dessine le portrait d’une Pologne qui s’éveille de son long sommeil traumatique. Pourtant, le côté très sage et attendu de la narration et la distance que le cinéaste met avec ses personnages (privilégiant son travail sur la forme) empêchent le film d’atteindre un vrai niveau de trouble et d’émotion. Bref, l’écrin est plus intéressant que ce qu’il recèle.
Film polonais en 4/3 et en noir et blanc, Ida s’impose comme un OVNI. De plus, la critique est unanime et UGC a posé son label UGC M sur le film. Bénéficiant de ce soutien, j’étais plutôt confiant en allant voir Ida et puis j’en suis sorti… déçu. Le problème du film c’est qu’au travers de son propos intéressant se cache aussi la volonté du réalisateur de plomber l’ambiance de plans longs et ennuyeux, de scènes vidées de substance émotionnelle. L’histoire a beau être triste, le moment qui m’a le plus ému est certainement celui où spoiler: Ida découvre les plaisirs charnels (alors que c’est une bonne soeur en devenir) . Ida s’apparente donc plus à une sorte d’exercice de style qui est là pour séduire un public restreint. J’avais terriblement envie d’être séduit, surtout quand on voit les critiques en parler en des termes élogieux (et quels termes) sans demi-mesure mais force est de constaté que pour le coup ce n’était pas pour moi. Le film fait état de plusieurs choses que cela soit la Pologne des années 60, l’après guerre et ses conséquences (Wanda la Rouge), la persécution des juifs durant la guerre, etc.
Belle performance de ce réalisateur polonais qui, par un cadrage rarement vu et par le noir et blanc, impose un style esthétique bluffant si bien que le sujet traité, déjà puissant mais pas nouveau par ailleurs, devient captif au plus au point. Pourquoi, devant un tel art cinématographique, nous priver de l'ensemble des éléments qui pourraient étoffer cette histoire, car le film, malheureusement, ne dure que 1h19...
le cadre presque carré peut surprendre, le cadrage excentré aussi. dans beaucoup de scènes, les personnages ont presque disparu de l'image, coupés au niveau des épaules ou de la tête, et semblent minuscules, perdus dans le paysage. c'est certainement un choix arty, mais ce n'est pas heureux. l'histoire, elle, est forte, et traitée de manière simple. mais le meilleur reste les actrices. le personnage de Wanda, la tante d'Ida est extraordinaire. une femme forte, déterminée, mais aussi profondément meurtrie parce qu'il est arrivé à sa famille, et à son pays, la Pologne. tout comme en France et dans d'autres pays européens, la population a parfois commis des atrocités, juste pour voler les maisons et les richesses des juifs, tout ça, en bons chrétiens qu'ils étaient. Ida, elle, est presque éteinte, une oie blanche qui ne sert ici que de faire valoir, une victime sans nom, ni même volonté. elle a été élevée par les nonnes qui ont pris soin de lui cacher la vérité. en bonnes chrétiennes qu'elles sont.
C'est un film magnifique par ses images , ses scènes, un film comme on n'en fait plus. Ceci dit, je trouve qu'il y a deux questions qui restent en suspens, celle de savoir d'où le réalisateur s'est inspiré: est-ce d'après une histoire vraie? Et pourquoi, sans aller jusqu'à revenir à son judaïsme , à aucun moment , la "nonne", quand elle l'apprend ne pose ou ne se pose la question de savoir ce que signifiait le fait d'être juive, alors qu'elle finit bien par s'essayer à une autre vie que celle de nonne en découvrant le monde extérieur, la sexualité, avant de revenir à ses croyances.
La façon dont cette jeune nonne, interprétée par une actrice amatrice qui ne souhaite pas faire carrière, se retrouve décentrée dans ce cadre au format quatre-tiers d’un splendide noir et blanc poétique illustre merveilleusement le sentiment de solitude qu’elle peut ressentir face aux révélations qui sont en train d’ébranler son existence. Mais plus que le parcours de cette femme contrainte de remettre sa foi en question, c’est avant tout sur le passé plein de fantômes de la Pologne stalinienne des années 60 que Pawel Pawlikowski tient à t’attarder à l’occasion de sa première réalisation sur les terres de ses ancêtres. L’amertume que dégage cette imagerie sobre, elle-même bercée une musique toute en douceur, renvoie directement au drame vécu par les populations juives durant la seconde guerre mondiale, mais sans jamais tomber dans le pathos. Ce sont en effet les destins tourmentés de cette Ida et de sa tante qui représentent bel et bien la base des émotions de ce long-métrage, et ce malgré la rigueur du travail de formalisme qui peut parfois être pesant sur l'expression de leurs évocations mélancoliques.
Sobre, sombre, profond. Le voyage de 2 femmes à travers le passé, le présent et l'éternité. Sans anecdotes, sans bavardage, sans pathos, c'est dépouillé et puissant. La supérieure du couvent incite Ida, orpheline, à rencontrer sa tante -qu'elle n'a jamais vue- avant de prononcer ses vœux. Deux visages de femmes, deux vies aussi inassorties que possible coexistent le temps d'aller enquêter au fin fond de la campagne sur la disparition pendant la guerre des parents de Ida, juifs. L'orpheline buvarde toutes les impressions du monde qu'elle découvre : sa tante, femme indépendante et malheureuse, les lumières et les distractions de la ville, l'antisémitisme, la mauvaise foi rusée des bouseux, l'alcool, les séductions du monde... Ida est un film exceptionnel : par le silence, la beauté des images et de ces portraits de deux femmes, et les interrogations sur ce que l'homme fait de sa vie.
Ce film est certes esthetique mais d'une austérité et d'une lenteur qui en font une veritable purge ! Juste hallucinant de voir les critiques dithyrambiques qui s' associent toutes dans un même elan semblable à un troupeau de moutons qui s' extasient devant un tableau gris... c'est vraiment pas mon genre de cinéma, ce cinema de genre sombre et austère finalement sans émotions !
Le réalisateur a choisi le noir et blanc (somptueux) et un format carré dans lequel il enferme ses personnages, souvent au bord du cadre dans des plans fixes magistralement composés. Il raconte la Pologne de son enfance, faite de secrets, de culpabilité et d'amnésie volontaire. On pense au cinéma de Bela Tarr et de Tarkovski, mais dans une mise en scène resserrée (le film ne dure que 1h20). (...) Pawel Pawlikowski signe non seulement son plus beau film, mais une œuvre majeure que l'on n'est pas près d'oublier.
"Un éblouissement" ? Pour le boboland, assurément. Pensez donc : c'est en noir et blanc (pour une Pologne des années soixante, triste, sale, hivernale et communiste - logique, cependant, à ce niveau), et à format carré ! "Grandiose", sur ces deux seuls points-là. Des cadrages "audacieux" (en fait erratiques) complétant, pour le "style", ainsi qu'une "signature" sonore "signifiante", entre le jazz (Coltrane) et Mozart (la symphonie "Jupiter"). Et du plan-séquence à tire-larigot, bien sûr. On dirait du "film d'auteur", un régal pour gourmets salonnards et parisiens, du genre encombrant les plateaux télé, pour dire au bon peuple ce qu'il faut voir, et comment l'apprécier. Mais cela n'en est même pas. Sur la ferme recommandation de la mère supérieure du couvent où elle achève son noviciat, la jeune et naïve Ida part quelques jours dans le "monde" (avant d'y renoncer pour toujours, quand elle aura prononcé ses voeux, dans cet ordre où le silence est la règle), éprouver la force de sa vocation. La jeune fille est passée directement de l'orphelinat à l'apprentissage d'une future épouse du Christ. Munie d'un petit viatique et d'une valise qui ferme mal, elle va rendre visite à sa seule famille, sa tante maternelle Wanda, alcoolique et amère, enchaînant les conquêtes d'une nuit, semi placardisée après avoir participé activement à l'épuration des "ennemis du peuple", en tant que magistrat du ministère public. Les deux femmes vont partir à la campagne pour localiser l'endroit où les parents d'Ida sont enterrés, et leur offrir une sépulture décente. Ida s'appelle en effet - elle le découvre - "Lebenstein", et ses parents n'ont pas connu les camps, mais ont été, semble-t-il, assassinés par des voisins désireux d'accaparer leurs maigres biens. Court (1 h 19), mais très lent, et donc très long au ressenti, "épuré" tendance grattage jusqu'à l'os de tout effet, de toute émotion, d'une "neutralité" gênante. Pas de "petite musique" personnelle pour ce nouvel opus du très international Pawel Pawlikowski, de retour au pays pour l'occasion, mais un produit habilement formaté pour les festivals. Bingo ! 4 récompenses pour "Ida". 2 étoiles pour l'idée de base du scénario.