L’armée du salut...C’est le genre de film que je n’ai pas envie de descendre, malgré toutes ses imperfections...film tendance gay, made in Morocco, c’est rare, et je me demande d’ailleurs si ce film est distribué sur les écrans marocains. Il est réalisé par Abdallah Taia d’après son propre roman.
Le film se compose de deux parties, la jeunesse d’Abdallah au Maroc, puis sa migration vers la Suisse. La première est nettement plus intéressante que la seconde. Abdallah est homosexuel, il est un peu la risée de ses soeurs, est fasciné par son frère ainé, ne parle quasiment pas français alors que son frère le parle couramment, ses parents ont des rapports violents, il couche à droite à gauche, tout cela est montré dans des scènes très lentes, très posées, même si parfois ça traine un peu. Je ne veux pas dévoiler ce qui se passe ensuite.
Puis, dix ans plus tard, on le retrouve francophone, en Suisse, boursier SDF, et la non plus je ne m’étendrai pas sur le scénario.
Le problème de ce film c’est que les ellipses ne sont pas placées au bons endroits...les scènes trainent en longueur, puis on passe du coq à l’âne sans transition, et l’on est obligé de faire des efforts pour remettre les pièces du puzzle dans le bon ordre, sans être certain d’être dans la bonne direction. Le montage y est pour beaucoup aussi dans le ratage du résultat final, presque approximatif, voire amateur. Je me suis posé au moins cent questions dont je n’ai eu aucune réponse. J’aime assez les films «ouverts», mais ici c’est carrément de la béance.
Cela aurait pu être un très bon film, un peu corrigé. J’aurais bien aimé savoir ensuite ce qu’Abdallah est devenu, mais pour cela je crois qu’il faut lire les romans...Casablancais de souche, je retrouve malgré tout l’essence même de ce pays, et là, c’est franchement bien vu.