Qui sommes-nous réellement ? Qui voulons-nous être ? Un éventail des sentiments humains magnifiquement exposé dans ce récit du temps qui passe inexorablement et des instants qui ne se rattrapent jamais... D'un garçon qui s'interroge perpétuellement sur le sens de la vie, grandit et gagne en maturité , découvre l'amour, est confronté à des drames... Et d'une mère désemparée face à ses échecs sentimentaux et à tous les sacrifices auxquels elle a consentis pour élever ses enfants.
Film très émouvant tout en finesse sur l'adolescence. Un sujet pas évident à traiter au cinéma mais Richard Linklater arrive à sublimer le quotidien de cet adolescent. Magnifique!!!
Dans une industrie cinématographique américain où il faut aller de plus en plus vite pour faire de plus en plus de bénéfices, Richard Linklater fait l'incroyable pari de réaliser un film sur 12 ans. Et c'est le point qui fait toute la différence. Car l'histoire, en elle-même, n'est pas vraiment novatrice. On suit la jeunesse, l'adolescence et le passage à l'âge adulte d'un garçon américain aux parents séparés, une mère qui enchaine les mauvais maris et un père distant qui se rattrape avec les années pour être plus proche. C'est le fait de voir grandir et vieillir tous les personnages, pas par un procédé technique de la magie du cinéma mais grâce aux années qui passent qui donne toute la force au film, la sincérité des propos et qui nous permet de vraiment nous identifier. De plus, le scénario a du s'écrire et s'adapter entre les périodes de tournage car des éléments de l'Histoire sont insérer dans le film pour nous donner des repères, accentuer le caractère des personnages et aussi pour nous aider à nous approprier le film. Car en 2002, lorsque le tournage a commencé, personne n'avait entendu de Facebook et personne n'imaginait que Obama serait aux présidentielles. Les dialogues sont bien trouvés et souvent drôles. Certaines situations nous crispent sur le fauteuil et d'autres nous font mourir de rire. La réalisation reste fidèle tout au long du film. Les acteurs sont bons à tout âge. Nous avons le bonheur d'entendre des tubes des différentes années et cela nous donne de la nostalgie. Un beau tour de force, un pari audacieux qu'on aimerait voir beaucoup plus souvent au cinéma.
La fausse bonne idée de voir vieillir les acteurs n'est pas exploitée par Linklater ! Aucun scénario, des dialogues plats, aucune réflexion profonde sur le temps qui passe à part le petage de plomb incongru et bref de la mère. Un message extrêmement conservateur sur la famille : étrange scène du cadeau de la carabine par le grand-père, une ou deux remarques homophobes...
Moyen. Un scénario qui se cherche au début du film, normal, difficile de savoir ce que deviendront les acteurs avec le temps puis une fresque familiale qui manque de souffle. Regardez "le premier jour du reste de ma vie", c'est pareil, en mieux!
Un projet fou, qui aurait pu rapidement tourner au vinaigre. Mais non, avec une histoire simple, Richard Linklater a réussi à nous emporter dans une vie de famille, plutôt banale finalement. Sans gros rebondissements, il a réussi à concevoir un film intelligent qui change tellement des scénarios répétitifs hollywoodiens.
Film concept simple et très intéressant , la dérive des hommes alcooliques , violents et perchés ne nous fait pas honneur face à la force de survie des femmes.
Boyhood est un film tellement magnifique, tellement vrai, on ne peut pas rester insensible a l'histoire car on a au moins vecu une des scenes du film. Richard Linklater nous lire une ode a la famille et a la vie. BRAVO!!!!!!!!!!
Retenir l’option de tourner un film sur une période de 12 années surprend et lui donne une certaine particularité à la mise en scène, ce n’est toutefois pas très innovant. Cela contribue par contre au plaisir qui nous accapare en découvrant ces anodins séquençages de vie, tenant presque du poncif. Le personnage de Mason, évolue sous nos yeux du stade de gamin à celui de l’adulte de manière saisissante, lui conférant authenticité et empathie. C’est là que réside l’intérêt profond du film et justifie cet anecdotique artifice de mise en scène. La vision de Richard Linklater , à travers le prisme du réel, provoque une lecture en tryptique, une sorte de split screen qui s’instaure dans l’esprit, où l’on cherche à connaitre d’abord la suite d’un récit qui se veut classique (noyau familial type américain) où l’on se remémore en les voyant vieillir, le parcours de vie des acteurs (Arquette et Hawke et ce qu’ont vécu les gamins entre chaque prise annuelle) et l’on s’interroge sur soi-même, en replaçant sa propre vie au gré de cette chronologie marquée de chansons, d’objets ou d’actualités spécifiques. On égrène le temps passé. D’où cette puissance émotive des scènes qui fait que les 2h45 passent aussi vite que sur un format standard de 1h30. Boy Hood est une œuvre irradiante d’humanité, au style épuré que l’on rencontre chez les grands maîtres du cinéma indépendant américain (Van Sant, Payne, Nichols…). C’est un film d’exception, au contenu qui n’a rien d’exceptionnel mais dont le contenant nous parle par son universalité, son réalisme et sa beauté formelle.