Derniers Avis : A perfect day, un jour comme un autre - Page 2
A perfect day, un jour comme un autre
Note moyenne
3,8
1251 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
140 critiques spectateurs
5
10 critiques
4
71 critiques
3
42 critiques
2
10 critiques
1
4 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
rogerwaters
170 abonnés
1 089 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 12 mars 2018
Vision acerbe du conflit yougoslave, mais aussi constat assez désabusé sur l’inefficacité de l’aide humanitaire dans un conflit absurde, A perfect day a le grand mérite d’user d’humour pour faire passer son message humaniste. Car le réalisateur ne se moque pas vraiment des adeptes de l’humanitaire, mais bien plutôt des multiples bâtons qu’ils trouvent sur leur chemin, rendant leur mission parfois difficile, voire inutile. Le film est donc sur un fil ténu entre l’ironie cinglante et la désillusion quant à un système mondial qui nous entraîne tous vers l’abîme. Si le film n’échappe pas toujours à de grosses chutes de rythme et de tension, notamment lors de l’immobilisation des véhicules à cause d’une vache piégée, l’ensemble se visionne tout de même avec beaucoup de plaisir, d’autant que les acteurs sont tous excellents. Bref, ce cuisant échec public mérite bien plus d’égards.
C’est une science qui ne s’explique pas… Il y en a qui arrivent à le faire et d’autres pas. De quoi je parle ? Je parle de cet art que ce « Perfect Day » illustre parfaitement à lui tout seul. Il s’agit de cet art à faire passer une multitude de choses au travers d’une scène sans avoir pour autant à les dire. La seule scène d’introduction en est une démonstration flagrante. En seulement cinq minutes, le film a déjà posé tout un univers, des personnages, une atmosphère… On ne nous dit pas que c’est la guerre, mais on la sent. On ne nous explique pas ce qu’est la Bosnie et le quotidien de ces gens, on le comprend. On ne passe pas des heures de tirades entières pour nous expliciter les problématiques des personnages, on les découvre. Comment réussir à faire ça, ça ne s’explique pas. Pour le coup cela relève clairement du ressenti, de l’inspiration, du talent à se dire que là cette situation est signifiante et que l’autre ne l’est pas ; qu’ici il ne faut pas en faire trop et que là il ne faut pas hésiter à montrer les choses. Pour le coup, j’adresse un véritable bravo à Fernando León de Aranoa qui sait parfaitement enchainer les scènes sans faute de goût, sachant se focaliser sur des micro-événements tout simple mais qui révèlent un tout fort complexe et parfois fort cruel. Pour le coup, tout est une question ici d’équilibre, et cet équilibre, « A Perfect Day » parvient toujours à le trouver, sans jamais se mettre à la faute. Au fond, jamais on ne verra de confrontation armée dans ce film. Mais on saura nous faire sentir que chaque situation – même les plus anodines – peuvent dégénérer en acte de guerre (spoiler: une dispute de gosse pour un ballon peut entrainer la sortie d’une arme, une vache en travers de la route peut conduire tout droit à la mort, ou bien encore la recherche d’une simple corde peut amener à la découverte d’un acte génocidaire. ) Et c’est très malin de jouer la chose ainsi. Tout ce qui parait anodin dans ce film est sans cesse présenté de telle manière à ce qu'on comprenne qu'en fait non, c'est tout sauf anodin. Un simple achat dans une petite droguerie, une banale discussion avec un soldat isolé, un homme qu’on retire d’un puits, tout nous montre que la guerre est là et qu’elle couve. Et c’est très malin de faire ça ! Parce qu’autant je peux reprocher au « Dunkerque » de Nolan d’être un film où on ne voit pas la guerre alors que l’événement relaté se trouve au cœur des combats, autant ça colle parfaitement à ce « Perfect Day » dans lequel on cherche à nous faire comprendre que même si officiellement on dit la guerre finie, dans les faits, elle ne l’est pas du tout. Et ça, ce gros point fort là, pour moi c’est vraiment la pierre angulaire de ce film. Et c’est clairement ça qui a fait qu’au fur et à mesure des semaines, j’ai fini par me dire : « il est plus qu’un film sympa ce Perfect Day »… Parce qu’au fond, à partir du moment où on dispose d’une vraie bonne sensibilité pour poser les péripéties et les atmosphères, tout le reste peut se mettre au diapason. La mise en scène est impeccable et totalement cohérente avec la démarche d’ensemble. La direction artistique est au top. Quant à l’interprétation, elle sait pleinement tirer parti d’un casting aussi éclectique qu’efficace. Non – ah ça il n’y a pas à dire – ce film ne se la joue pas tout en fanfare, mais il parvient à imposer ses choix tout au long de son visionnage et même bien après. En somme, voilà une très belle surprise que ce film là ; un film que je ne peux que vous conseiller vivement… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Un road movie à l'humour doux et étonnamment jovial malgré une plongée au cœur des Balkans en fin de crise. Tout cela tiens dans les personnages qui sont savamment écrit et joué. Un joli moment de cinéma.
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le film n’avait pas, c’est le moins que l’on puisse dire, soulevé l’enthousiasme. Pourtant son intrigue vaguement burlesque située dans les derniers mois du conflit dans les Balkans ne démérite pas totalement. Le problème du film, c’est qu’il est un poil trop long pour une intrigue qui de temps à autre connaît de dangereux moments de flottement qui desservent le film en étirant une intrigue qui au contraire nécessiterait d’être resserrée pour avoir l’énergie requise pour que son aspect absurde soit efficace. Parce que dans le fond le film est plutôt cocasse avec cette bande d’humanitaires à la recherche d’une corde pour sortir un cadavre d’un puits et ainsi rendre l’eau aux habitants du coin. Ils sont régulièrement handicapés dans cette quête par l’absurdité (elle tout à fait réelle) d’un conflit où belligérants, habitants et autorités locales ou onusienne leur mettent des bâtons dans les roues. Entre les grognards habitués des conflits et les petits nouveaux qui régulièrement mettent les pieds dans le plat, les mésaventures se succèdent. Honnêtement je n’ai donc pas trouvé le film désagréable, ni franchement ennuyeux, mais les ruptures de rythmes sont en vérité désagréables et finissent par réduire l’intérêt du film aux yeux du spectateur. Classé comme drame, le film est en fait plutôt une comédie dramatique où l’absurde pointe la folie d’un conflit et la difficulté de l’aide humanitaire. Pas franchement indispensable à voir, mais pas désagréable non plus.
Un film réaliste sur le quotidien des personnes engagées dans l'humanitaire, qui vivent le meilleur (sauver un enfant) ou le pire (sortir un cadavre qui se balance dans un puits d'eau... Scène dérangeante !). Poignant dans ses intentions appuyées par le jeu naturel des acteurs, on ne tient pas tout le film avec la même attention, du fait du rythme en dents de scie, dommage. Le début est généralement intéressant, le milieu ralentit et nous entraîne beaucoup moins avec lui, et la fin se réveille légèrement pour quelques actions finales importantes. La musique est aussi un peu discrète, on aurait préféré qu'elle s'affirme un peu plus pour être au niveau des images qui sont parfois sublimes ! Que de magnifiques paysages ! Un grand dommage que le scénario soit aussi paresseux, car les acteurs et les paysages spectaculaires ont des choses à dire... À voir au moins pour découvrir le quotidien difficile des humanitaires...
Excellente comédie, mordante et amère, sur une ONG humanitaire en Bosnie vers la fin du conflit. Très réaliste avec ses humanitaires désabusés et acteurs locaux opportunistes, le tout sous l'égide d'une ONU plus bureaucratique que de raison. Les inconditionnels de Tim Robbins et Benicio del Toro, dont je suis, et tous les autres cinéphiles pourront qu'apprécier!
Un film espagnol avec l'efficacité et les allures d'un film américain, la finesse de l'humour en plus et une réflexion distanciée parodique et pleine d'auto dérision sur le sujet. La vacuité, la difficulté des humanitaires sur le terrain des théâtres de guerre et en particulier ici les Balkans avec une population qui semble n'en avoir rien à faire et qui de toute façon ressent une méfiance voir au delà à tout ce qui est étranger alors qu'ils se déchirent entre eux depuis des siècles. Magnifique palette de portraits de ces engagés volontaires aux différents profils et motivation, patchwork vraiment iconoclaste et mal assorti. Pour cela une distribution remarquable d'acteurs qui se permettent même d'en rajouter dans le second degré en cabotinant un peu avec il est vrai des situations surréalistes de drôlerie, frisant l'absurdité totale comme l'épisode central de la recherche de la corde mais qui dans le contexte apparaît comme une situation vraisemblable . Benicio Del Toro est énorme et endosse à merveille un rôle où son humour complète son personnage de gros dur inflexible habituel, Tim Robins est hilarant et joue le pitre de service et Olga Kurylenko illumine comme à son habitude le film par sa beauté, son talent et sa capacité à tout jouer avec la même réussite pour une des meilleures actrices internationales existante tout en cocorico oblige nous rappelle qu'elle est maintenant française. Un magnifique film, très drôle, très fin et très intelligent. Une fin réussie, drôle et percutante, un feu d'artifice final qui conclut admirablement ce petit bijou de film.
Ce film est une illustration particulière des ravages de la guerre. Il se laisse regarder avec intérêt dans la mesure où le contexte le permet. Les belles images et la réalisation garantissent son attrait. Mais par sa linéarité et son absence de réel élément choc, il sera de ceux dont on se souviendra à peine.
Y a de l'idée, quelques situations cocasses, une attente... mais au final y a pas grand chose. Y a des pistes de réflexion... qui sont vite plombées par un manque de rythme flagrant, des bla bla inutiles et longuets. Bref, je l'oublierai vite je pense.
C'est le premier film que je vois de Fernando Leon de Aranoa, qui n'en est pourtant pas à son coup d'essais, et j'ai immédiatement été touché par ce que dégage ce film. Les acteurs sont tous énormes et très crédibles, à l'instar de Benicio Del Toro et Tim Robbins, géniaux dans leur rôle de sauveurs du monde blasés par un quotidien usant et pas gratifiant pour un sous. Le film fait très documentaire sans en être un, car il accentue à mon avis très justement sur ce qui fait les tournants décisifs des journées passées par ces personnels d'ONG dans le Tiers Monde : des toutes petites choses. Des petits détails, qui mis bout à bout, permettent de réaliser de grandes choses. Trouver une corde, franchir une vache allongée en travers d'une route, manier la diplomatie avec les locaux et ses supérieurs, avec parfois des décisions insensées à respecter. Le film est beau, drôle, ne verse jamais dans le tire-larme et n'est fait pas trop. Une très belle surprise de 2016 à découvrir si vous ne l'avez pas encore fait.
Un film hors des sentiers battus et particulièrement réussi et remarquablement équilibré entre humour, parfois potache, et absurdité douloureuse de la guerre. Ici les derniers instants de la guerre des Balkans. Une équipe improbable d’humanitaires aussi charlots qu’attachants cherche une corde pour extirper un cadavre du fond d’un puits. De cette anecdote le réalisateur, aidé par des interprètes magnifiques, va faire une comédie grinçante mais pleine d’humanité qui m’a rappelé « MASH » de Robert Altman, qui se passait au Vietnam. Ici aussi on passe du rire à l’horreur mais on ne désespère jamais.
Il faut plutôt retenir de “A Perfect Day“ son côté satirique et burlesque, que le sérieux d’un témoignage désabusé de quelques humanitaires dans le quotidien absurde de la guerre et des effets connexes: ici un cadavre qui pollue un puits face à deux problèmes insolubles que ceux de trouver une corde et d’avoir le droit de l’utiliser. L’oeil décalé de F.L.de Aranoa est parfait pour cibler les incohérences et les absurdités du système OMG/ONU, et étonne par son parti-pris humoristique à décrire les activités de ses humanitaires, blasés mais toujours combattifs, que le cinéma a plutôt l’habitude d’encenser et de rendre héroïque. Le sérieux de la situation, voire l’horreur en contrechamps, ne nous permettant pas de rire complètement, et la redondance de certaines situations faisant parfois tourner le film en rond, il manque à “A Perfect Day“ un ton dénonciateur plus punchy et un scénario plus dense pour véritablement marquer les esprits. Les surprenants décors apocalyptiques renforcent une sensation de réalisme et d'une présence terrain très localisée. Très bon casting, un brin hétéroclite, mais parfait dans la désillusion, mention spéciale habituelle à B.del Toro et débridante de T.Robbins. A défaut de tirer sur la corde sensible, “ A Perfect Day“ tient la corde, ficelée au fil revêche mais inoffensif, qui fait passer un jour comme un autre comme un bon film sans lendemain.
Un film complètement décalé et traité avec beaucoup d'humour noir .... j'adore. Aucun message, juste un constat des absurdités et abus d'une guerre .. comme une autre. Les acteurs sont excellents.
Rendant hommage aux ONG, A perfect day, avec un humour nonchalant, présente la journée normal d'un missionnaire sans frontière. A la dois évasif, fataliste et positif, le long métrage porté par un casting en demi teinte, parvient, sans pathos, à présenter l'idiotie des conflits armées, les difficiles conditions de travail de ces héros des temps modernes, et leur impuissance répétitive face aux problèmes locaux et administratif.