Mais quelle belle surprise ! On passe du rire aux larmes, de l'émotion à la violence, de la sidération au fou rire. Et ce jeune Dany avec son lapin blanc Dido, il est tout simplement incroyable, avec sa sucette en bouche, ses cheveux décolorés et sa dégaine d'Emo Boy. Sans oublier les chansons de Patty Pravo, chanteuse italienne iconique des années 60. Vraiment une excellente découverte.
Aller au cinéma, c'est aussi prendre des nouvelles du monde. Avec "Xenia" de Panos H Koutras, nous avons, au travers d'un périple de deux frères mal assortis, un instantané de la situation actuelle de la Grèce. Xénophobie, homophobie, crise et ses inévitables inégalités, fascisme rampant voire triomphant, font exploser les clichés touristiques des plages de sable fin et enfonce le clou d'une actualité qui semble un peu oublier ces derniers temps ces presque parias de l'Europe. La vie est de moins en moins simple au pays de la moussaka et encore plus problématique quand on est d'origine albanaise comme les deux principaux personnages du film. Orphelins depuis peu, leur mère vient de décéder, Dany, 16 ans et Odysséas, 18 ans, vont rechercher leur géniteur disparu dans la nature depuis belle lurette, avec l'espoir de pouvoir obtenir une reconnaissance de paternité qui leur permettrait d'éviter l'expulsion en devenant grec . Leurs pérégrinations seront l'occasion l'occasion de sortir complètement de l'enfance, de régler les quelques meurtrissures qui y sont liées mais aussi, en filigrane, de dresser le portrait guère joyeux d'une population assez cosmopolite. Citoyens d'Europe un peu à la dérive, englués dans une crise dont une des rares portes de sortie est, avec l'immigration vers des contrées plus accueillantes, la machine à rêves nommée télévision et ses émissions de télé-réalité, cette jeunesse nous touche grâce au regard plein d'amour du réalisateur. "Xenia" joue sur beaucoup de tableaux à la fois : le récit initiatique, la critique sociale, l'analyse du passage délicat à l'âge adulte tout en y incorporant d'autres éléments comme le thriller, la comédie musicale, le fantastique symbolique, le militantisme gay pour le droit à l'indifférence. J'avoue que tout ce mélange passe finalement très bien, à part, pour moi, une certaine lourdeur dans les symboles. Le doudou vivant/peluche/géant est un peu trop surligné et la petite traque dans la forêt, avec ses plans rappelant "La nuit du chasseur" un soupçon too-much. Cependant, ce film dégage une telle énergie, un tel amour du cinéma, qu'il serait dommage de s'en priver. Plus sur le blog
Et en fait un regard moins convenu qu'il n'y paraît car le personnage de Dany qu'on peut prendre pour une coiffeuse au petit pied se révèle au fur et à mesure un être profondément perturbé.
La relation entre les deux frères qui est au cœur de ce film et pouvait être taxée de manichéisme n'en revêt que plus d'intérêt.
Construit à la façon d'un road-movie, ce film nous mène sur un chemin de quête du père qu'apparemment a abandonné ses enfants et sa femme alcoolique au profit d'une vie accommodée et conservatrice voir facho. Le parcours assez mouvementé et plan de rebondissements (parfois trop) est ludique et fantaisiste et l'imaginaire prend une place très important. Sur fond de comédie, ce film se révèle comme un portrait très actuelle de la société de l'Europe du Sud, où la crise y est pour quelque chose, souvent xénophobe, homophobe, raciste et classiste. Même si quelques fois il est un peu "éparpillé", cette histoire se laisse regarder avec grand plaisir. Les jeunes acteurs albanais méritent une mention.
Une pépite. Difficile de dire pourquoi ce film m'a transportée tant les trouvailles, les péripéties sont tout en finesse et que les énumérer m'amènerait à déflorer l'histoire. Ce qui est toujours néfaste pour donner l'envie à d'autres d'y aller. Alors, juste une phrase qui j'espère ne dévoilera rien ou si peu : Xenia ou comment le meurtre d'une peluche conduit à l'âge adulte ! Un régal. Sans compter la chanson "Tutt'al più" de Patty Pravo. Superbe. Bien sûr, la xénophobie est abordée et le réalisateur la dénonce ; entre grecs et albanais, l'entente n'est pas au rendez-vous. Mais il est troublant de voir comment le plus jeune des frères, homosexuel, dans sa propre communauté, n'a pas non plus le droit à la différence. Reste la magie d'un film qui s'invente à chaque scène.
Film très sympathique, frais, avec des personnages très attachants, une belle bande son. Une certaine image de la Grèce d aujourd'hui peu reluisante tout de même.
Une belle histoire sur la relation fraternelle, les 2 acteurs sont touchants et vraiment justes. on pense à Almodovar à plusieurs moments, peut être la musique, la danse et la folie de certaines scènes ! Sur fond d'une Grèce qui n'échappe pas au front national et ou les "étrangers" doivent marcher la tête basse, surtout si ils sont homos... tout n'est pas parfait dans ce film, quelques longueurs mais pas si longues...On sent que le réalisateur avait beaucoup de choses à exprimer. Mais le film trouve son équilibre avec de très très beaux moments, son "surréalisme", sa poésie, ses personnages si attachants. Ne le ratez pas, c'est un film original, drôle, lumineux et entraînant au son de Patty Pravo !
Ody ! Apprends-moi le grec je t'en supplie !!! (ou viens en France que je t'enseigne la langue d'ici...) Sans blague... Que c'est long... Et puis, qu'est-ce que c'est qu'cette décolorée blondasse complètement allumée avec son gros lapin ??? C'est franchement du grand n'importe quoi, c'est parfois mal joué même... L'histoire n'est pourtant pas inintéressante, mais le scénario est mal ficelé, on a du mal à comprendre le rapport entre la participation de Ody au concours de chant et la recherche du père... Et puis alors la fin me laisse pantois... Je suis passé complètement à coté... 2,5 est cher payé...