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Lyon W.
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4,0
Publiée le 5 octobre 2014
Film sec, composé de plans séquences extrêmement bien mis en scène qui contrairement à ce qui est dit ici et là n'est pas à voir comme un film muet. Primo parce que le film lui ne l'est et puis parce que finalement la mise en scène ne s'y apparente pas. Il y a du bruit, tous les bruits (à ceci près qu'à mon étonnement on entende jamais spoiler: les clients (chauffeurs poids lourds) des prostituées ne jamais prononcer un son ) et n'est jamais surligné de musique. Les acteurs sont très bons et le procédé fonctionne très bien puisque l'on comprend l'histoire. Maintenant on peut tout de même émettre un bémol car parfois le manque de sous-titre permanent (même sur les longues conversations dont nous sommes par conséquent exclus du détail et de la subtilité) pourrait nous faire penser que la langue des signes n'est pas vraiment une langue ou n'a pas autant d'intérêt qu'une langue orale. La même histoire (ou presque pour certaines scènes qui ne seraient pas possibles autrement) en Ukrainien non sous-titré ne provoquerait pas le même ébahissement angélique chez certains. Bref, il n'empêche que malgré tout ce film cru et direct (comme la langue des signes nous l'aurons compris) est violemment très bon.
The Tribe fait directement penser par sa radicalité à une autre première œuvre d’un réalisateur d’Europe de l’Est : Clip, de Maja Milos qui avait été défendue sur ce même blog (10e meilleur long-métrage de 2013). Ces deux œuvres divisent les spectateurs entre d’un côté les puristes d’un cinéma qui reste dans les limites du visiblement correct et de l’autre ceux qui assument pleinement le voyeurisme de l’image. En assumant leur radicalité, aussi bien Maja Milos que Myroslav Slaboshpytskiy – réalisateur de The Tribe – dépassent la simple question de la gratuité. Leurs œuvres s’inscrivent dans une société violente car en perpétuellement délitement idéologique depuis la chute de la Yougoslavie pour l’une et de l’URSS pour l’autre. Ces jeunes tentent de se construire face à Etat-gendarme absent qui donne comme modèle la corruption et la marchandisation de toutes choses, même des corps. Ils sont les sacrifiés, et mêmes les martyres, d’un environnement en ruine. La tribu de Slaboshpytskiy est livrée à elle dans cette école aux allures de prison où règne la loi du plus fort. Avec « marche ou crève » comme seule règle, Sergey (l’impressionnant Grigoriy Fesenko) est obligé de s’uniformiser pour avoir ne serait-ce qu’une chance de survie. Il s’insère dans l’unique hiérarchie sociale en vigueur : celle de la violence. Entre prostitution et passage à tabac, il n’y progresse que par le sang coulé dans un free fight ou par la mort accidentelle ou non de ses tortionnaires. Le seul espoir se trouve dans l’ailleurs, dans l’Italie dont rêve Anna (Yana Novikova, parfaite). The Tribe est une œuvre sur la jeunesse ukrainienne mais par métonymie un œuvre sur l’Ukraine en elle-même. Un pays gangrené par une mafia banalisée à tous les échelons de la société et qui s’immisce jusque dans les écoles.
Néanmoins, l’audace – et donc la force – de The Tribe supplante largement celle de Maja Milos : à la radicalité formelle, le cinéaste ajoute pour son premier long-métrage une radicalité filmique. « Ce film est en langue des signes. Il ne comporte ni sous-titres, ni voix-off, ni commentaire » sert de préambule à plus de 2 heures en immersion dans un monde de silence. Cette idée, volontairement radicale, pourrait sembler contre-productive, voire complètement vaine. Et usant de la langue des signes ainsi, Slaboshpytskiy pourrait également l’écraser par une philosophie qui signifierait qu’elle n’est même pas digne d’être traduite. Mais, le réalisateur la sublime en ne laissant aux spectateurs qu’une seule issue : la regarder. Car si aucune parole audible n’est proférée, The Tribe n’est aucunement une œuvre silencieuse. Les phrases deviennent des gestes, le langage une danse. En parlant avec leurs corps, les protagonistes se rapprochent du pantomime. Ils exaltent les passions qui les animent : l’amour devient seulement un jeu de regard, le désir de la chair et le claquement d’un baiser ; l’inquiétude s’entend par le bruissement des pantalons dans les couloirs de l’internat ; la domination ne résonne que par les claques assenées sur les soumis effrayés ; et enfin la tristesse n’est plus qu’une subtile transformation de la respiration appuyée par des larmes.
Myroslav Slaboshpytskiy entraîne son spectateur dans un inconnu rarement mis en avant dans le cinéma contemporain, celui d’un monde où règne le silence et siège les bruits. Dans ce monde sans parole, la langueur des respirations s’entrecoupe seulement par des claquements de portes qui débutent ou closent toutes interactions entre des personnages voués à un individualisme de survie. Le cinéaste ukrainien utilise ce travail prodigieux sur le son à son échelle infime pour asseoir une atmosphère particulièrement angoissante. Le silence sert à enfermer les personnages d’en un huit-clos confondant où les couloirs de l’internat se substituent au mieux à un parking de camions seulement accessible par le confinement d’une camionnette. Slaboshpytkiy accentue l’étouffement de ses personnages par des plan-séquences étirés à l’extrême qui place comme seul référent un présent où les personnages doivent, malheureusement, subir la moindre seconde. Le cinéaste, nouveau maître de la mise en scène, ne choisit jamais la facilité de l’hors-champs. Il cherche à rendre compte d’une réalité tangible, et cette réalité ne s’esquive pas.
The Tribe fascine car il juxtapose deux réalités qui ne peuvent se comprendre. D’un côté, celle des protagonistes compréhensible uniquement par la langue des signes qui exclut le spectateur. De l’autre, celle du monde sonore qui restent inconnu à ses sourds-muets mais que partage aussi bien le cinéaste que le spectateur. Cette juxtaposition entraîne une ironie tragique, malsaine et intrigante, puisque les spectateurs disposent d’un environnement sonore qui modifierait intégralement aussi bien les rapports entre les personnages qui sont inaudibles, et donc invisibles, que les rapports des personnages avec leur environnement qui renforcent les dangers de la vie – notamment ceux de la route (un camion qui recule, une camionnette qui arrive). Mais le lien entre ces deux réalités distinctes se retrouve dans l’universalité des sentiments humains qui se dégagent de l’œuvre de Slaboshpytskiy et permet une compréhension aisée de ses thématiques. Ce qui marque dans The Tribe, ce sont les passions presque animales qui parcourent les personnages aussi bien pour le meilleur, l’amour que Sergey porte à Anna, que le pire, l’escalade de violence. Cette escalade est telle que les personnages semblent prendre littéralement possession du récit en apportant une instabilité au sein même de l’œuvre.
The Tribe est une expérience unique pour le spectateur courageux qui aura su voir dans cette radicalité de l’audace plutôt que la gratuité. Il plonge dans un monde de silence qui est riche d’un double langage : celui dansé par ces acteurs sourds-muets qui peuvent (enfin) faire briller leur génie ; mais aussi celui mental du spectateur qui appose sur l’œuvre ses propres dialogues issus de la part d’imaginaire que lui propose Myroslav Slaboshpytskiy. Avec son premier film, le cinéaste ukrainien dévoile une force narrative et formelle justement récompensée à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes.
Film surprenant, entièrement tourné en langue des signes et sans sous-titres, The tribe est une œuvre dérangeante et dépouillée mise en scène avec talent. Des plans-séquences sublimes dans des lieux souvent sordides ou les acteurs, tous de vrais sourds et muets, se livrent à des corps à corps d'une grand violence. Une société ukrainienne gangrené de l'intérieur, voilà ce qui est représenté par ce film malaisant dont le radicalisme peut déstabiliser. Rappelant le cinéma d'Alan Clarke mais aussi celui d'Haneke, The tribe est un film dur et sans concession sur la délinquance et la prostitution ou les rapports de force ne peuvent que supplante toutes les autres formes de relations humaines. Et pourtant, un semblant d'émotion survient à travers une histoire d'amour timide et tendre ou l'émotion affleure derrière la brutalité du coït. On regrettera cependant une certaine complaisance notamment lors d'une scène d'avortement too much qui n'apporte rien au film. A découvrir sans aucun doute, un film qui a le mérite de proposer quelque chose de nouveau au niveau de la représentation du corps et du langage au cinéma.
Un concept original, ne donne pas automatiquement l'intérêt escompté, c'est le cas de ce film, où les sous titres manquent cruellement malgré un scénario simple à comprendre. C'est dommage car l'idée n'était pas mauvaise, mais le film traine trop en longueur. Pas essentiel!
Avec son idée radicale de filmer entièrement son premier long-métrage de plus de deux heures en occultant les dialogues au profit du language des signes, l’ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy a largement de quoi susciter la curiosité des cinéphiles avides de créativité. Cette expérience cinématographique sans précédent se veut un hommage au cinéma muet, mais c’est en réalité parce qu’il apparait come un message pronant l’intégration des sourds-muets que le concept de The tride semble pétri de bonnes intentions. Et pourtant, l’humanisme inhérent à ce sentiment d’apitoiement disparait vite pour laisser place à une peinture sans concession des pires comportements humains. Depuis le bizuttage jusqu’à la violence extrème, en passant par le racket et le viol, le spectacle donné par les jeunes personnages de ce film est particulièrement dérangeant et même moralement discutable. Mais le plus gênant à la vue du film n’est finalement ni l’absence de paroles, même si l’on se demande parfois ce que peuvent bien se raconter les personnages, ni la cruauté monstrueuse qu’ils dégagent et qui en vient à eclipser l’histoire d’amour mais bel et bien sa mise en scène qui ne se composent que de très longs plans-séquences, certes maitrisés, et qui font que cette œuvre, déjà par nature silencieuse, se retrouve dénué de rythme et donc devient, sur la longueur, quelque peu fastidieuse.
Malgré le succès de The Artist, personne n'avait osé se glisser dans cette brèche nostalgique et proposer d'autres films muets. Si The Tribe est très différent du film de Michel Hazanavicius, c'est le premier à oser à nouveau ce pari et a séduire à nouveau les critiques Cannoises. Mais attention nous ne sommes pas ici pour rire mais pour servir une bonne cause de manière dramatique.
En intégrant une école spécialisé pour Sourds & Muets, Sergey va découvrir qu'une bande y mène des magouilles en tout va comme une petite mafia. En acceptant ces codes, il s'y impose progressivement et séduit même l'une de filles de la bande. Cet amour et la jalousie qui en découle va cependant tout faire basculer.
Attention car The Tribe n'est pas loin de l'oeuvre expérimentale. En transformant son court métrage Deafness en long métrage, le réalisateur Ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy a choisi de tourner son film intégralement en langage des signes sans aucun sous titres ou voix off. Un projet original qui se révèle avoir rapidement des limites car les spectateurs qui ne connaissent pas la langue des signes ne pourront que tenter de deviner l'intrigue et les dialogues rien qu'avec les images.
On est au début intrigué et amusé par ce challenge mais celui ci montre rapidement ses limites. Il en effet impossible de tout saisir et l'ennui s'installe rapidement dans ces scènes super lentes où il faut tout deviner. C'est là qu'on réalise a quel point le cinéma parlant a été une grande invention d'autant plus que nous n'avons ici aucun carton explicatif ni même de musique pour nous donner des pistes.
Tout le film se compose d'enchainement de plans séquences filmés en plan large, rappelant les films de Benoît Delépine et Gustave Kerven. Comme le duo français, Myroslav Slaboshpytskiy aime faire traîner sa caméra et s'arrange que pour les seuls paroles prononcées restent inaudibles en filmant au loin. Mais là, où le duo Grolandais arrivent souvent à nous faire rire avec ce procédé, ici ce n'est définitivement pas au programme.
The Tribe est un film dur qui suit des jeunes Ukrainiens sourds & muets sans avenir qui cherchent toutes les combines pour s'en sortir. Racket, vol et prostitution sont leur quotidien au point qu'ils en oublient de suivre les cours. Cela nous arrange puisque la seule séquence en classe est particulièrement ennuyeuse puisque incompréhensible. Leur vie est finalement très monotone et certaines scènes reviennent inutilement pour allonger un film de deux heures et quat qui aurait bien pu être raccourci d'une bonne demie heure en enlevant de longs déplacements et des scènes répétitives.
Pour jouer les élèves de cette école spécialisée, le réalisateur Myroslav Slaboshpytskiy a fait appel à un ensemble d'acteurs sourds et muets pour la plupart d'entre eux débutants. Du lot il y a surtout la jeune Yana Novikova qui se démarque particulièrement à cause d'une scène d'avortement pour le moins choquante. Autrement il est difficile de juger de leur prestation globale vu qu'on ne les comprends pas. On pourrait cependant reprocher à leur interprétation de donner parfois l'impression de se retrouver devant un vieux film burlesque car certaines expression et mouvements semble exagérées à la manière d'un vieux Charlot ou Buster Keaton.
Annoncé comme très violent, The Tribe ne montre au final que très peu de scènes choquantes mais y va très fort lorsque c'est le cas. On reste cependant dans la suggestion et seuls les âmes vraiment sensibles pourront vraiment être choquées. C'est surtout l'ennui qui prédomine dans cette fausse bonne idée. Voir un film dans les conditions d'un sourd & muet nous fait bien réaliser leur handicap mais empêche de comprendre toute l'histoire au point que l'on fini totalement par décrocher.
Dans la forme le réalisateur a choisi de diffuser son film sans sous-titre, malheureusement c'est là que se pose les limites de son concept. Il y a énormément de scènes (trop) longues, ajoutées au bavardages incessants le spectateur a trop souvent des moments de frustration. Dommage... Néanmoins le réalisateur signe là un excellent film, aussi ambitieux qu'audacieux avec en prime une révélation éblouissante avec la jeune actrice Yana Novikova.
Un choc... C'est certainement le mot qui définit le mieux cette expérience assez unique. The tribe porte pourtant une histoire assez simple : celle d’un jeune Ukrainien sourd et muet qui débarque dans un établissement spécialisé et va devoir trouver ses repères et sa place dans cet univers violent et cruel.
Dès les premières minutes, il est aisé de réaliser que l'on est face à un vrai film de cinéma, avec des partis pris et de choix très forts et marqués. En effet, le premier (et le plus évident), est annoncé dès le début par un carton introductif : le film sera intégralement en langage des signes ( un élément introduit dans le scénario par l’environnement dans lequel évoluent les personnages), sans sous-titre et sans traductions. On est donc face ici à un choix radicale, voire brutal pour n'importe quel spectateur. Mais c’est bien sur ce point déstabilisant que la magie purement cinématographique opère : le réalisateur nous fait par ce choix la preuve que le cinéma est un art puissant, car l’image permet de tout comprendre ! Par le jeu des acteurs, les cadres (on reviendra sur la mise en scène), la narration... tout est claire ! Ce langage inhabituel (presque inapproprié à priori) au cinéma plonge aussi dans une ambiance particulière, tamisée et inquiétante. Le son est d’autant plus important que le moindre événement sonore voit son impacte décuplé, en rupture avec l’habituel calme, soulignant la brutalité de l’instant. Il devient alors fascinant d’observer ces sourds et muets, extrêmement bavards : The tribe est en fait très bavard, il parle beaucoup, mais par les signes. Le dialogue est en réalité omniprésent, et devient fascinant à observer, et permet même de comprendre des brides de mots… l'aspect universel de l’image est magnifiquement mis en avant. Mais le film de Slaboshpytskiy ne se réduit pas à ce choix de cinéma, et toutes se autres composantes sont aussi puissantes. La mise en scène relève aussi du pur exercice de style, puisque le film est uniquement composé de plans séquences, absolument splendides, qui alternent dans une même temporalité entre cadres fixes et finement composés et des travellings au steadycam virtuoses. Un certain mécanisme (faiblesse de scénario diront certains) se met en place, puisque chacun de ces plans séquences se terminent tous pas un cadre fixe et une sortie de champ d’un ou plusieurs personnages, mais permettent en réalité de décupler l’impact et le force du plan final, déjà un pure choc en lui même. La virtuosité s'applique aussi au vrai travail fait sur la manière de filmer les personnages, filmer ces corps qui s’expriment. Durant les travellings, la caméra semble danser avec eux (ou contre eux parfois...), s’éloigne et se rapproche dans d’amples mouvements. Elle s'insinue aussi dans leur intimité la plus primaire, la sexualité étant toujours filmée en plans fixes, dans lesquels les personnages en plein pied occupent tous le cadre à l’horizontale. Il s’en dégage une certaine beauté et poésie, une nouvelle fois en rupture avec le reste du film, bestial et brutal jusque dans sa représentation du texte. The tribe est effectivement indéniablement un film brutale. La violence est montrée et omniprésente, les plans son longs et éprouvants (complaisant dans le glauque et le morbide dirons d'autres), rien n’est caché, les actes les plus animaux et archaïques sont montrés de manière assez frontale, parfois à la limite de l’insoutenable. Mais cette violence n'est qu'une manière d'insérer ces personnages dans un univers, un monde et un environnement lui-même violent... Cette imagerie 'est que partie intégrante de ce que filme Slaboshpytskiy: un monde ou la concession n'existe pas, à l'image de son cinéma !
Au final, The tribe est sans doute une vrai claque, une vraie expérience dont on ne ressort pas indemne. Le résultat de ce premier film, au delà de tous jugement critique, est vertigineux, l'ambition est démesurée et la séance éprouvant. Mais il ne reste à la fin plus que le souvenir d'un pure film de cinéma, à l’état brute !
très déçu par ce film. c'est presque un documentaire. mais même le documentaire est raté. c'est loooong. c'est plat . et on s'emm.... franchement. et cette belle langue des signes n'est pas montrée sous son meilleur jour: c'est trop rapide , c'est nerveux , (comme les personnages) on essaie de suivre mais aucun effort n'est fait par le réalisateur pour qu'on accroche! question violence, moi j'en ai pas vu! juste un peu de cul , c'est cru mais on n'y croit pas du tout ,tout comme les scenes de baston franchement tout sauf violentes (faut aller voir punisher), j'avais presqu'envie de me marer, quand à l'avortement n'en parlons pas , tout le monde sait comment ça se passe dans ces pays...., les vrais reportages peuvent être 10x plus choquant (et pas interdit-16) c'est de l'amateurisme c'est vrai , mais à aucun moment il n'y a un soupçon d'intensité dramatique. bref les récompenses , je vois pas bien ce qu'elles ont récompensé dans ce film...dommage le sujet mieux traité aurait pu être génial
Un film a découvrir en salle de cinéma pour profiter pleinement de l’expérience. Le silence amène une vérité des actes humains. Ici rien n'est caché derrière l'hypocrisie des paroles des faux semblant, ne ressort que le corps dans sa faiblesse et dans sa monstruosité. La réalisation fait de long plans séquences laissant se déroulé une discussion un enveniment d'une situation et accentue cet effet. Un film choc par deux ou trois fois qui nous met à rude épreuve mais qui finalement grâce a ce silence et a ce temps pris ne nous interdit pas de penser durant la projection et en ce sens il laisse libre le spectateur contrairement aux autres films ou musique et dialogues conditionne notre mal aise ....
L'initiative de ce film est audacieuse. The Tribe est un film assez radical. C'est une expérience unique de voir un film muet, avec des échanges entre les protagonistes bien plus étendus qu'un "film muet" classique. Ce film décrit une tranche de vie d'une communauté close, avec des partis pris de réalisation manifestes : long plans fixes, violence physique, psychologique et scènes de sexe assez démonstratives, répétitives, qui confinent presque à la complaisance. Toutefois la mise en évidence du langage du corps est réussie, magnifiquement filmée, comme le rappelle l'affiche. Le film nous apprend que les sourds-muets ne sont pas uniquement gentils et inoffensifs. Ce petit monde a un mode de vie bien rodé. Vouloir déstabiliser ce mode de vie a des conséquences très inattendues, va apprendre notre héros Sergei. Grande réussite.
The tribe est la plus grande imposture vue récemment. Qu'il ait obtenu toute une série de récompenses à la Semaine de la Critique indique la faiblesse de cette section du Festival de Cannes, dans laquelle la posture est si importante.
Myroslav Slaboshpytskiy filme des sourds-muets orphelins délinquants sans sous-titre. C'est beaucoup. C'est trop. Ce faisant, il nous contraint à la position de spectateur voyeur, et il réduit le handicap des acteurs à un certain type de réification : les personnages ne sont plus des êtres humains, mais des concepts agités devant une caméra complaisante.
L'impression que le film m'a donné lors de sa projection à Cannes était extrêmement désagréable. Le réalisateur me semblait manquer de respect à la fois vis à vis de ses spectateurs, de son sujet, de ses acteurs et même de ses références. Slaboshpytskiy ne manque pas de convoquer la violence la plus crue, un peu à la manière d'un Tarantino ou d'un Winding Refn, mais sans l'hystérie joyeuse du premier, et sans l'ambition plastique du second.
Les femmes sont tout au long du film manipulées comme des objets, les scènes de sexe sont mises en scène comme des photos de calendrier porno soft (cf ci-dessus), bref, tout est emprunté, artificiel et pernicieusement calculé.
D'émotions il n'est pas question ici, Slaboshpytskiy préfère manipuler les grosses ficelles du cinéma d'auteur formaté festival. Un véritable petit catalogue d'horreurs est ainsi proposé : violences, combats, avortement sauvage (on est si loin de la sécheresse émouvante de 4 mois 3 semaines 2 jours), prostitution, meurtre sanglant.
The tribe est poseur, artificiel, vain, et son réalisateur est un manipulateur primé.
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Qu'il est étrange cet objet cinématographique venu d'Ukraine. Et diablement inconfortable. Tourné en langage des signes et sans sous-titres, The Tribe est tout à fait compréhensible et il met rapidement dans le bain d'un univers impitoyable où la loi du plus fort s'impose toujours. Le réalisateur ne nous épargne rien et certaines scènes (l'avortement, l'ultra violence finale) sont au-delà du supportable. Le film veut nous montrer ce qu'il y a de plus laid dans la nature humaine et il y parvient sans peine. Avec complaisance ? Hélas, oui.