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Léa A
68 abonnés
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5,0
Publiée le 1 octobre 2014
"The Tribe" n’est pas un film sur les sourds et muet, mais le plus poétique des dialogues jamais réalisé entre le cinéma, le handicap et le social. (...) Suite sur mon blog :)
Ce n'est pas parce qu'il est interprété par des sourds muets que The Tribe a fait du bruit à Cannes, le film est tourné sans voix off, sans sous titre, sans musique en plus en langue des signes. Le premier film de l'Ukrainien Myroslave Slaboshpytskiy est un véritable geste de cinéma n'appartenant à aucune case et se voulant unique et contemplatif. C'est en admirant les adhérents d'une institue de sourd muet face à son lycée que Slaboshpytskiy à l'idée de faire de cette langue un langage cinématographique, il traine ensuite le projet pendant plus de 20 ans, le film revoit tout de même quasi toute la grammaire du cinéma en cassant les code de ce qu'on a pus voir ces dernières années, les seuls sons que l'ont entend c'est l'eau qui coule, les voitures, les pats… rien d'autre ! Aucun mot ni une musique ne vient envahir les émotions que le réalisateur veut nous transmettre. Le film a d'ailleurs remporté le prix de la semaine critique à Cannes, plutôt pas mal pour un film sulfureux réduit à une attraction sensationnelle comme l'ont été Anti Christ ou Irréversible… Irréversible que le réalisateur cite bien comme une grande influence et ça ce voit, les deux films ont pas mal en commun, leur lenteur forcée, des scènes fortement érotiques, la plans séquences ou encore la scène finale de The Tribe qui s'inspire d'un des moments les plus choc du film de Gaspar Noé que Slaboshpytskiy critique comme étant un film essentiel (copain). The Tribe est finalement exactement ce qu'il a promit d'être, sur le papier c'était un film expérimental, glauque sur un adolescent partagé entre amour et haine profonde. Et dès le premier plan du film on s'en rend compte, on va assister à du jamais vu sur tout les niveaux et surtout à celui de la narration ou le film brise une véritable muraille avec style. Le style se marie avec l'histoire et vice versa et le réalisateur n'y va pas de main morte pour choquer avec une scène d'avortement à l'ancienne ou celle ou nos deux protagonistes nous offrent un 69 qui renvoie Kechiche au placard. Forcé et brutal le tout est très déstabilisant et à la sortie on ne sait pas si on vient de vivre un grand moment de cinéma ou une perte de temps. Il faut l'admettre le film parle beaucoup pour ne rien dire et l'intrigue s'égare pour finalement ne pas raconter grand chose. Et l'utilisation de la langue des singes n'est pas vraiment justifié, "car l'amour et la violence n'ont pas besoin de traduction" disait la bande annonce mais ces deux choses peuvent très bien s'exprimer par orale. On ne sait donc pas vraiment ce qui a poussé le réalisateur à la langue des signes de plus que ce choix enlève au film toute cette ambiance qu'il aurait pu avoir pour devenir qu'un ovni froid.
Bilan : The Tribe a tout pour plaire mais finalement il est tellement froid que la distance qui le sépare de son spectateur est immense et grandi malgré ces scènes chocs. Une expérience inoubliable mais pas moins désagréable.
Il y a longtemps les damnés de la terre devaient se lever pour créer un nouveau genre humain. Aujourd'hui, il ne reste rien de cet avenir prometteur et l'Ukraine envoie ses plus déshérités, ses infirmes aux confins du pays, dans la misère la plus absolue. Myroslav Slaboshpytskiy décide de suivre un jeune sourd-muet dans un internat spécialisé où tous les élèves et professeurs ont la même infirmité. Pas de parole, pas de sous-titres, seul le bruit et les images d'une vie en enfer. Il débarque dans un milieu hostile, corrompu et violent. Les plus faibles sont rackettés, les filles sont exploités. Il existe une effroyable contradiction entre le silence oppressant, dépourvu d'attaques verbales, et l'extrême brutalité des gestes qui à travers une inexorable surenchère conduisent de manière irréversible au pire. On pourrait reprocher le voyeurisme de l'approche choisie, mais la volonté de dénoncer l'abandon et la déchéance dans lesquelles sont jetées ces âmes innocentes, justifie à mes yeux l'impitoyable réalisme qui imprègne ce film; je fais particulièrement référence à une scène d'avortement insoutenable. Perturbé, je suis ressorti immensément marqué par ce film de lutte contre un ennemi à la force de destruction insoupçonnée: l'indifférence.
Il faut, à propos de ce film, distinguer l’idée de départ du résultat final. Imaginer un long-métrage qui soit vu et vécu différemment selon que l’on soit capable d’entendre et de lire le langage de signes est, on le répète, un coup de génie. Mais qui est malheureusement gâché de la plus vile des manières par un scénario et une mise en scène d’une violence inimaginable. L'enchainement interminable de scènes choquantes que constitue « The tribe » ruine complètement l’idée novatrice qui a guidé la création du long-métrage. Avant même que le film n’ait vraiment commencé, le réalisateur se tire déjà une balle dans le pied en annonçant dans un carton introductif que le film a été tourné entièrement en langage des signes et qu’il ne comportait ni sous-titres ni voix off. Ce dont tout spectateur se serait rendu compte au cours de la projection (s’il n’était pas déjà au courant avant). Prendre ainsi de haut ses spectateurs n’est que la première des humiliations que va dérouler « The tribe »…
"Le film "The tribe" relate l'intégration d'un jeune garçon sourd à un gang des adolescents également sourds, apparemment abandonnés par leur famille dans un internat délabré, sans surveillance des adultes encadrants... Après avoir subi et réussi le bizutage, ce jeune garçon est le témoin de la délinquance bien organisée selon l'hierarchie et les rôles des jeunes sourds en y plongeant vite pour être accepté par ce groupe, il découvre l'organisation du trafic : exploitation des petits vendeurs de portes-clés, vol, racket, prostitution ... Il va tomber amoureux d'une jeune prostituée sourde... Alors, comment va-t-il réagir et agir ? Parviendra-t-il à s'en sortir sans être exclu du groupe ? Jusqu'à où ira-t-il ? Va-t-il continuer ou briser le trafic ? Le film "The Tribe" est frappant, fascinant, envoutant et passionnant au niveau de la mise en scène, du jeu des acteurs ! "Un nouveau souffle au cinéma !" Pendant la générique de ce film ukrainien, on lit : " This film is in sign language, no subtiles and no voice-over " Je me suis dit que ça va être une sorte de la Tour de Babel linguistique ... Ce qui est intéressant dans ce film, c'est de nous obliger à être attentif au jeu corporel, aux gestes des acteurs et à des scènes pour recueillir au maximum des informations afin de cerner le contexte du film .. Malgré la langue étrangère, non traduite et sans voix, ce film parvient étonnamment à respecter l'enchainement des scènes, des décors pour nous permettre de comprendre ce qui va arriver dans la suite. Et, on s'étonne d'entrer facilement dans des scènes. Hallucinant ! Myroslav Slaboshpytskiy, le metteur en scène m'a laissé à bouche bée dans sa facon de réaliser avec de longs séquences qui ont dû nécessiter beaucoup de temps de préparation aux comédiens avant de tourner. Là, on dirait les techniques typiques au théâtre ! En plus, Myroslav S. suit avec précision et perfection le rythme et la chorégraphie des acteurs également impressionnants par la brutalité et la force de leurs jeux corporels et leur maitrise de soi face à la violence, la souffrance, par exemple, une insoutenable scène d'avortement d'une jeune prostituée ! Intense, ce film ! C'est fort ... Enfin, le film "The tribe" implicite une intéressante réflexion politique sur la prise en charge des personnes handicapées dans des institutions. On se demande si dans les pays de l'Est, les institutions spécialisées sont bien financées et contrôlées pour être dans des normes de sécurité par exemple. Il y a aussi une réflexion éducative sur les jeunes abandonnés par leur famille, et politique Ces jeunes n'ont pas de repères sociaux, ni avenir professionnel. Manipulés et exploités, ils tombent dans la délinquance pour survivre ... Choquant ! Ouah ...
Parti-pris radical. Aucun dialogue. Uniquement les sons de la vi(ll)e. Pensionnat de sourd muet. Langage des signes. Plan séquences. Post communisme. Mafia sourde. Prostitution. Viol. Violence. Avortement. Absence d'espoir.
Vu au Festival de cinéma de Douarnenez, THE TRIBE est réellement un film violent et choquant. Parfois il peut provoquer une profonde malaise. Comme certaines critiques récentes l'ont mentionné, le réalisateur au nom imprononçable est, cinématographiquement et violemment parlant, dans la même voie d'Ulrich Seidl et de Michael Haneke : des adolescents d'un internat spécialisé pour sourds se forment en tribu pour le vol, le viol, la tuerie et la prostitution. En plein début, on découvre très vite les décors pauvres, sans valeurs, sombres et froids avant qu'on n’aperçoive les longs plans-séquences — il en a filmé 23, selon les médias, ce qui explique la "lenteur" du film. Clairement, de ma part, il n'est pas si lent que cela : cette lenteur se rapproche à la vie, la réalité qui nous permet de prendre le temps de respirer et de comprendre visuellement, vu que ce n'est ni sous-titré ni vocal : seulement en langue des signes ukrainienne et du bruit sonore. Ensuite, les scènes de violence s'ensuivent petit à petit, juste après la présentation des personnages, tous interprétés par des acteurs sourds non professionnels sauf un qui est entendant : celui en tenue chic qui gère la prostitution est en réalité l'interprète au profit du tournage. En tant que cinéphile sourd, THE TRIBE ne rend pas forcément hommage au cinéma muet : c'est la réalité dans le monde des sourds, celui de Kiev en Ukraine. On se pose des questions dans ce film, comme par exemple "Comment se fait-il que ce pensionnat n'ait pas d'éducateurs ?" — il faut bien comprendre que, selon les voyageurs sourds français, l'Europe de l'Est vit dans le misère et dans l'ignorance, d'où l'absence des éducateurs dans certains internats. En ce qui concerne le choc, c'est les séquences inattendues : l'érotisme, la prostitution des deux jeunes filles sur un parking de routiers malpropres, le bizutage par les plus vieux de la tribu, les trafics, l'avortement dans la salle de bain... Ce N'EST PAS un film SUR la communauté des sourds et SUR les difficultés sociales, il s'agit d'un film dramatique comme les autres. En revanche, ce n'est ni la violence ni le choc qui nous empêchera pas de le voir, vu je l'ai noté 4 étoiles sur 5.