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SofaVoyageur
96 critiques
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2,5
Publiée le 14 avril 2026
L'affiche du film est appâtante avec un beau casting pour une fratrie tout sourire (Slimane Dazi, Soufiane Guerrab, Farida Ouchani, ...), mais c'est un leurre ! (je trouve d'ailleurs dommage que Tata Milouda qui joue le rôle principal de la mère soit reléguée en bas de l'affiche). Ce n'est pas du tout un film familial "feel good". En réalité, c'est même l'inverse: une ambiance froide, des relations distantes et des personnages assez pessimistes ou bien tous en pleine crise existentielle en même temps. Pas de bol !
Tout démarre lorsque la mère, Zayane, 75 ans, reçoit une lettre lui annonçant le décès d'un homme qu'elle a connu, par le passé, en Algérie. Une boîte lui est léguée et elle décide de partir la récupérer en ne laissant qu'un petit "je pars" sur le frigo, lu plus tard par une de ses filles. Résultat, les onzes enfants se réunissent, surpris et inquiets, au domicile de celle-ci.
L'histoire se scinde alors en deux (coups) : un mini road-movie de la mère avec son amie assistante sociale, Amel (Brigitte Roüan), sur le chemin de ses souvenirs et un huis clos de la fratrie essayant de démêler la situation et qui vont découvrir des secrets de leur mère...
Ce que j'ai le moins aimé: les scènes de la fratrie. La profondeur des onze enfants n'est pas suffisamment travaillée et je les trouve par conséquent plus malaisants qu'attachants. La mayonnaise ne prend pas, les liens familiaux sonnent faux. Les dialogues sont ennuyeux et les émotions (qu'elles soient positives ou non) ne me sont pas parvenues. On dirait que Fejria Deliba, la réalisatrice, a voulu incarner pour chacun des enfants des identités et des choix de vie propre, démontrant que dans cette famille d'origine algérienne il y a de l'hétérogénéité. Un message qui a du sens afin de faire comprendre que les tous les hommes et toutes les femmes de culture musulmane n'appartiennent pas une masse uniforme. Mais la facon dont c'est amené est parfois caricaturale et lourde : la sœur en mini-jupe rose flashy, la fumeuse de clopes, celle qui boit du vin, celle qui porte un voile, le frère fermé, le nerveux, celui qui traite de fantôme sa belle-sœur en hijab, celui qui boit du vin, celui qui boit du soda de marque algérienne, ... Bref, une sorte de salade composée un peu indigeste mais où chacun pourra plus ou moins s'identifier et aura sa sensibilité piquée au vif. C'est un peu faire taire des clichés mais par d'autres clichés.
Ce qui m'a plu (et frustré): suivre la mère dans sa virée. Milouda Chaqiq (Zayane) est formidable, elle transperce l'écran avec ce mélange de pudeur et de ténacité. L'histoire autour de ses secrets de jeunesse aurait méritée d'être plus développée. Il m'aurait plu que le fil narratif se porte plus sur la situation et les émotions de la maman.
À sa décharge, il s'agit du premier long-métrage de Fejria Deliba, d'où peut-être le manque de maîtrise (scènes creuses, rythme inégal) et l'envie d'y insérer comme dans un fourre-tout une multitude de propos auxquels elle tenait. Sur 1h20 de film, il est évident qu'elle ne pouvait pas développer tous les personnages.
En conclusion, derrière chaque mère il y a avant tout une femme, un vécu et des secrets...
Pour son premier long métrage Fejria Deliba nous entraîne dans une famille en pleine crise existentielle et c'est plutôt réussi. Milouda Chaqiq est excellente dans son rôle, comme tout le casting d'ailleurs. J'adore Farida Ouchani et je regrette de ne pas la voir assez à l'écran. Quelques scènes trainent un peu en longueur, d'autres n'ont pas vraiment d'intérêt et je trouve que la fin est un peu "brutale". Heureusement que j'avais vu l'interview de la réalisatrice qui souhaitait que le spectateur "s'interroge" à la fin du film ; pour le coup c'est un pari gagné ; je me suis dis que, finalement, je ne savais pas grand'chose de la vie de ma mère... à part qu'elle a été une fiancée, une épouse, une veuve et une mère de plusieurs enfants. Je ne dois pas être la seule à être frustrée de ne pas savoir comment Zayane, et les enfants, réagiront à son retour à la maison mais peut être y aura t-il une suite...
Curieuse réalisation que celle de ce film. La belle histoire - émouvante - de cette "mamie" ne pique la curiosité du spectateur qu'au bout de 30 minutes ... c'est long. C'est le temps nécessaire (utile ?) pour installer l'histoire de cette femme dont les enfants vont comprendre (ou, pour certains, refuser l'idée) que leur mère est certainement passé à côté de sa vie de femme (mariage arrangé et amour contrarié). Touchante histoire mais écrin trop low-cost.
Un film d'une grande humanité servie par Milouda Chaqiq campant une mère arabe admirable pleine de vie et de bon sens . un regard sur l'intégration, les différences culturelles et comment on essaie de s'adapter dans une société qui parfois heurte des sentiments nés d'une histoire et ou d'une culture différente . Un film aussi sur le passé et comment il peut ressurgir pour hanter le présent . Positif sur bien des points .
Il y a des petits films, souvent silencieux, prudents et humbles, qui valent bien des discours politiques, pompeux et grandiloquents. "D'une pierre deux coups" est de ceux-là. Certes, c'est une œuvre humble, qui ne cherche pas à faire du bruit, parfois maladroite dans la mise en scène, mais qui, à elle toute seule, résume toute la complexité du parcours migratoire, a fortiori des contradictions dans lesquelles les enfants nés de parents immigrés se retrouvent. Zayane, une femme de 75 ans, se suffit à elle-même dans son quartier dont elle n'a jamais dépassé le coiffeur, sinon qu'elle a bien besoin qu'on lui lise les lettres qu'elle reçoit. Justement, on lui a adressé un faire-part d'un décès qui la replonge dans son passé en Algérie, et surtout la contraint à organiser sa disparition provisoire au sein de sa grande famille. Le portrait de Zayane n'est pas tant réussi que la myriade d'enfants qui se réunissent dans son appartement en attendant le retour de leur mère. Ces enfants sont adultes, et ils disent toute la difficulté de se situer à la fois dans l'héritage familial et culturel qui est le leur, et les velléités sociales ou les freins que leur offre la société. Fejria Deliba est une réalisatrice qui promet pour le futur. Cette œuvre est réjouissante dans la mesure où elle donne la parole à une communauté maghrébine en évitant soigneusement le pathos ou le thriller social. La réalisatrice filme une famille comme toutes les autres, rongée par des secrets qui influent les rapports humains des enfants, tout en appuyant avec justesse les mots qui résistent pour ces parents immigrés à raconter ce qui les a conduits sur les terres françaises. En même temps, "D'une pierre deux coups" est un film joyeux, truculent, simple, qui fait du bien au cœur et à la raison. Bien sûr, ce n'est pas le chef d'œuvre de l'année, c'est en tous les cas un spectacle honnête, généreux, dont on aurait tord de se priver en ces temps de tensions sociales.
D'entrée on pense à Fatima avec lequel ce film possède en commun le même prototype de personnage personnage principal : une femme mûre vivant dans son monde, maniant avec la plus grande des difficultés l'expression de la langue française mais qui, loin d'être sotte et pusillanime, vivra des moments de vie d'une importance capitale. Milouda Chaqiq, une découverte, joue très bien cette vieille femme appelée par son passé. On n'oublie pas son élocution dont les phrases s'achèvent par "bye". On regrette quand même que sa balade vers un ancien amour soit un peu trop minimaliste, on aurait espéré que le scénario fût alors plus surprenant, plus riche en péripéties. cette balade reste quand même assez émouvante. La partie de la réception familiale où, les uns après les autres, les personnages arrivent dans la salle à manger de la mère de famille est bien réussie. Tous les acteurs sont bons, très natures. Le film évoque alors Maurice Pialat et A nos amours. La violence de cette scène est très éprouvante. Pas souvent évoqué, je crois que D'une pierre deux coups traite de la difficulté pour les humains d'assumer leurs choix, leur apparence (la fille blonde qui se rembourre le corps, la femme lesbienne, la belle fille voilée etc...) Mine de rien, le film questionne les problèmes sociaux avec une grande acuité. Dommage que le film soit, pour une fois, trop court. On aurait préféré qu'il durât trente minutes de plus afin de développer son humanité où être agrémenté d'humour. Un des bons films de ce printemps
Ce film, sorti il y a 10 jours, est original et intéressant. Je suis contente d'avoir pu le voir. Cependant, un petit bémol : je m'attendais à mieux. D'un côté on a la maman qui part avec une amie chez une dame qu'elle a connu pour qu'on lui remette des affaires que lui a laissées un monsieur décédé, et d'un autre côté il y a tous ses enfants qui viennent chez elle et se demandent pourquoi elle est partie alors qu'elle ne s'absente jamais d'habitude (elle a laissé un mot). Aussi ses enfants vont découvrir par hasard des souvenirs de leur maman qu'ils ignoraient. Comme je l'ai dit c'est original et intéressant, toutefois, l'ensemble de ce film est assez plat, terne, on s'attend à plus de révélations et surtout à plus d'émotions, c'est un peu dommage.
La réalisatrice, dont la mère était également analphabète et mère de famille nombreuse, dresse un portrait de ces femmes qui sont la matrice de ces familles. La plupart, de la génération de Zayane, vivent un quotidien étriqué, dont elles ne maîtrisent pas tous les codes : se déplacer par exemple. Néanmoins, elles refusent d’être considérées comme des victimes. Par ailleurs, elles sont avant tout des mères, pleines de dévouement, de dignité, avec leurs joies, leurs peines et leurs secrets. Personne ne songe que Zayane puisse avoir eu une vie intime en dehors de son mariage vraisemblablement imposé. C'est une mère courage. Hors de la cité, elle est perdue. Et pourtant, elle que personne n'écoute jamais, va se retrouver, va révéler sa force tout autant que sa fragilité.
Ce voyage initiatique va la ramener plus de cinquante ans en arrière, quand elle était au service d'un couple de colons ; elle fut alors amoureuse de l'apprenti de son patron qui lui a appris la photographie et l'usage du super huit. Bien sûr, la vie les a séparés, mais ils ont correspondu, elle en lui envoyant des petits films qu'elle tournait sur ses enfants (ils sont dans la boîte que sa patronne lui rend), lui en lui envoyant des lettres parlées sur cassette. Pendant son absence, ses filles fouillent la maison à la recherche d'un indice expliquant sa disparition (deux d'entre elles vont même à la police) et trouvent ces fameuses audio-cassettes. Elles découvrent donc le secret de leur mère et le dévoilent lors du grand repas qui réunit toute la famille. Un choc pour certains d'entre eux, les hommes surtout, qui imaginent mal que leur mère (sainte) ait pu vivre une histoire d'amour clandestinement. Réactions et tensions vont aller bon train, d'autant que si certains se sont bien adaptés aux mœurs françaises, d'autres sont restés plus réservés et traditionalistes. Formidable réflexion sur les difficultés de l’intégration, et un portrait de femmes éblouissant.
Un pur moment de grâce. Un portrait de femme incroyable. Le portrait d'une mère découvert par ces enfants. A découvrir, absolument. Un film qui fait du bien à l'âme...
Les séquences de « road-movie » sont très réussies, mais malheureusement la réunion de la fratrie dans l’appartement familial tourne un peu court, d’autant plus qu’on préfère de loin rester avec le sympathique tandem formé par Milouda Chaqiq et Brigitte Roüan.
Une jolie surprise tant le film se révèle à la fois simple, émouvant et d'une écriture fine. Il s'agit surtout d'un magnifique portrait de femme et de mère interprétée par l'incroyable Milouda Chaqiq, la qualité du film repose en grande partie sur la qualité de cette actrice. Sans jamais sombrer dans la caricature, elle réussit à rendre son personnage touchant, drôle et d'une force insaisissable.
Une belle surprise, à ne pas rater! Entre rires et larmes d'émotion, une belle histoire qui ne se devine pas. Mamie vous transporte dans son road movie et la fratrie vous surprend dans son huis clos... le tout bercé par une belle musique, et surtout loin des clichés, ça fait du bien. Merci à la réalisatrice et bravo à toute l'équipe. à quand la suite ?
Superbe film très émouvant à voir absolument , comme dans toutes les familles il y a de la joie,des pleurs des rires, l amour quoi !!!!! Les jeux d acteurs sont plein de sensibilité.....