Le Libraire de Belfast
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠
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3,0
Publiée le 12 décembre 2025
Un libraire sans librairie, un rappeur couvert de cicatrices, un punk dyslexique féru d’opéra qui rêve d’aller en Amérique et une serveuse qui veut devenir chanteuse. Ce petit monde gravite autour d’un noyau, à savoir Belfast, capitale de l'Irlande du Nord, ville meurtrie par des années de violence et un chômage endémique.

Alessandra Celesia (La Mécanique des choses - 2023) réalise ici de magnifiques portraits, tendres et touchants. On fait la rencontre de John Clancy, cet ex-librairie avec lequel on prend énormément de plaisir à écouter, Jolene Burns, une serveuse qui participe à X-Factor (un concours de chant) et enfin, Robert & Connor Clarke, deux frangins diamétralement opposés (l’un est rappeur et l’autre passionné d’opéra et incollable sur l’Italie).

« Faut pas priver un homme de ses rêves. C’est comme amputer son âme. »

On prend un réel plaisir à aller à leur rencontre, voir John Clancy prendre soin de ses livres comme s’il s’agit de ses enfants (il leur parle et les rafistole), écouter Connor Clarke fredonner du Giacomo Puccini entre deux joints de beuh et s’imaginer aller vivre à Detroit ou devenir chasseur de primes.

Le Libraire de Belfast (2011) est sans fioriture et un très beau documentaire, seul regret, qu’il ne dure pas plus longtemps que ses 53 petites minutes.

⦿ http://bit[POINT]ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter[POINT]com/B_Renger ⦿
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 4 septembre 2014
La librairie de Belfast est un documentaire fortement mis en scène qui montre une partie choisie des vies de 4 habitants de Belfast. A l'inverse du documentaire classique, aucune personne tierce ne s'ajoute au discours des sujets filmés, les personnages seuls sont captés par le film. Ce qui n’enlève pas au réalisateur son r^ole de guide, d'explication, qu'il atteint principalement par le montage et le cadrage. Ses efforts de mise en scène visent à souligner l'influence de la partie de l'imaginaire dans la vie de chaque personnage. A ce titre le choix de l’absence de commentaire apparait d'autant plus légitime car l'intime et l'imaginaire ne sont pas des sujets qui peuvent se traiter "à la c'est pas sorcier", comme Fred et Jamie traitent la fonte des glaces. La mise en scène isole les personnages de leur environnement direct grâce à l'utilisation systématique de plans rapprochés, l’intimité ainsi créée focalise le spectateur sur les discours, attitudes, gestuelles des personnages. Cette sphère de l'intime, décrétée unique moyen d'accès à l'imaginaire et formalisé par de nombreux gros plans, le film la quitte uniquement pour intégrer des éléments hautement symboliques pour les personnages: le lit pour le libraire, la scène, le show business pour la jeune fille et les opéras italiens pour le jeune homme. Chacun renvoyant à leur représentation d'eux même (imaginaire de la morbidité, attirance de la célébrité, identité). La thèse du film étant que le monde imaginaire, né de rien, a une influence considérable sur nos choix de vie. Par ailleurs le film s'autorise quelques interludes à l’esthétique "clip" et une stylisation permanente de la vie courante qui dans l'ensemble font un ornement assez adapté au sujet (meme si non indispensable) mais qui agaceront sans doute les plus impatients. Dans l'ensemble le film est satisfaisant, fidèle à son sujet, il trouve même des manières assez innovantes de montrer la célébrité (pour la jeune fille) et le désarrois identitaire (le punk dyslexique). D'un autre coté son format et son statut de documentaire ne se prêtent pas au jugement critique (plus adapté à la fiction), donc j'ai mis 3 étoile pour dire: mérite d’être vu si le style convient et l'occasion se présente (sur arte en ce moment).