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gabdias
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2,0
Publiée le 23 juin 2026
Suite du succès immense du premier film (près de 8 millions d'entrées en salle en Espagne), mêmes recettes avec cette fois ci la Catalogne, plus convenu et moins surprenant, on continue la belle histoire.
Grand succès l'année de sa sortie en Espagne, cette pure comédie repose sur les antagonismes régionaux du pays, à la manière de ce que peux faire "Mais qu'a t'on fait au bon Dieu" en France. Une jeune basque va se marier à un catalan indépendantiste, et son ex-copain, Andalou pur jus, va tenter de faire capoter le mariage à l'aide des parents de la mariée. On ne peut évidemment pas faire plus cliché, mais le scénario assume et se met en quatre pour créer des situations croustillantes (ce qu'il arrive par moments à faire). On ne peut sans doute pas apprécier autant l'exercice que les espagnols eux-mêmes, mais le résultat final reste dans tous les cas un vaudeville sans réelle autre ambition que de divertir.
Une comédie absolument hilarante, à l’humour décapant, qui se moque allègrement du principe des régionalismes et des nationalismes en Espagne. Au travers de différents personnages choisis dans les différentes régions d’Espagne, le réalisateur Emilio Martinez Lazarro crée une comédie humaine, une sorte de farce , dans un certaine tradition du grand cinéma italien des années 60/70,de Risi ou Comencini, mais sur un ton un peu plus léger. Il y a tout d’abord le séducteur andalou, bellâtre mièvre, gominé, à l’accent trainant, ( excellent Dani Rovira) qui séduit toutes les touristes qui viennent visiter Séville en leur apprenant la « Sevillane », mais en version collé/collé. Don Juan invétéré ,il tombe pourtant amoureux d’une basque réservée et mystérieuse ( la belle Clara Lago, déjà remarquée dans le très bon film Colombien "Inside") . Il y a le Bobo catalan, tordant de rire, snob, bourgeois artiste, patron d’une galerie d’art que l’on retrouverai volontiers en version locale à Paris, quartier Bastille, à NY Tribecca , ou à Londres Chelsea. Il parle un vrai catalan « historique » et méprise tous les autres espagnols et veut faire croire à sa « mama » que la Catalogne est maintenant indépendante (personnage absolument formidable de la vieille bourgeoise catalane, arrogante et bornée) . Et puis il y le beau père de la fiancée : basque, rustique, taciturne,authentique, ancien pêcheur, mais Basque avant tout, qui ne veut pas fouler le sol de l’Espagne historique. Tout ce beau monde se retrouve en Catalogne pour participer à la noce annoncée. Beaucoup de quiproquos, de farces, de situations grandguignolesques. Les acteurs sont tous excellents. Et la vision des régionalismes est très pointue, très juste, parfaitement politiquement incorrecte. Le film est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Et c’est probablement le meilleur film traitant de ce sujet, avec humour, délicatesse et finalement affection pour tous ces espagnols qui ne veulent plus appartenir à la « Grande Espagne », mais restent finalement si Latins et si proches. Un film vu à l’étranger et qui j’espère trouvera un Distributeur pour la France, car c’est un petit bijou. Emilio Martinez Lazarro, réalisateur déjà confirmé, mais pas connu en France est très efficace. Il y avait eu un premier Opus à ce film « 8 apelidos basques » ; ( énorme succès en Espagne avec 7 millions d’entrée !! ) que je n’ai pas vu. Mais ce 2e Opus peut complètement se voir sans connaître le premier.
A force de voir des bons films et d' y chercher "la petite bête" pour prouver qu'on réfléchit encore un peu au cinéma, voir un bon vieux navet des familles, plus ou moins du niveau des Max Pecas du début des années 70, permet de relativiser les critiques qu'on porte trop souvent contre du "travail honorable". Ici, avec ce "Ocho apellidos...", l'analyse est d"une simplicité enfantine : tout est atrocement mauvais. Le scénario - copie dégonflée de maintes romcom américaines déjà bien peu intelligentes , les acteurs (systématiquement ridicules) et la mise en scène (inexistante). Mais le pire n'est pas l'inanité complète des situations et des personnages - sans crédibilité, sans évolution, sans logique aucune -, c'est la manière dont les crétins qui ont imaginé le film ont voulu nourrir leur "histoire" des stéréotypes les plus basiques de chacune des grandes régions espagnoles (Pays Basque, Catalogne et Andalousie en premier, mais pas seulement...), stéréotypes sur lesquels le film n'offre aucun recul, aucun début de réflexion - par exemple sur l'identité espagnole ou sa fragilité bien connue (ou alors la définition qu'il propose, c'est l'amour du jamon iberico et du vin de Rioja...) : loin d'être drôle, le résultat est consternant et surtout profondément réactionnaire. Disons que sur un thème relativement similaire, "Bienvenue chez les Ch'tis" pourrait passer pour un chef d'oeuvre de Billy Wilder !