Un film émouvant, qui montre avec sensibilité les mirages de l'émigration, les effets délétères de celle-ci sur les villages d'origine et sur les familles ainsi que les systèmes mafieux d'exploitation de ces flux de la misère. A voir.
Dans la mesure où, petit à petit, les films indiens qui nous sont proposés sortent du modèle "Bollywood" et nous proposent des histoires plus ou moins réalistes de l'Inde actuelle ou récente, prenant la suite des chefs d'œuvre de Satyajit Ray, jusqu'ici sans descendance, celui-ci, un peu trop long, est intéressant mais un peu décevant, par la faute d'une réalisation un peu languissante, et d'un scénario pas très cohérent.
Depuis quelques années une nouvelle vague du cinéma indien, loin de Bollywood, voit le jour reprenant les codes du cinéma occidental tout en gardant un côté exotique propre au pays. "Umrika" en fait parti et nous subjugue par sa justesse. L'histoire pose des questions sur les différences générationnelles entre les petits villages et les grandes villes dans un même pays, la fascination pour un pays étranger qu'on n'a jamais vu, le devoir familiale et le besoin de ne pas décevoir ses proches. C'est prenant et touchant, on lâche des petites larmes plusieurs fois. La réalisation est soignée. Le choix de tourner en Super16 donne du grain à l'image et ajoute un charme correspondant à l'époque. Les jeunes acteurs, déjà vu dans des productions américaines, sont parfaits. Un très beau film qui mérite ses prix.
C’est un film indien comme on les aime, lent, profond, humain et généreux. Il illustre une réalité indienne des années 80, avec la ruralité, la communauté humaine, la famille, les problèmes d’éducation, la surpopulation des villes, la corruption et les changements violents de gouvernement en toile de fond. Il montre aussi la vision que les Etats Unis d’Amérique (Umrika) donnaient au monde à cette époque (Ronald Reagan, la guerre froide, la navette Challenger, le jour de la Marmotte) et les fantasmes que cela suscitait chez les candidats à l’immigration. C’est un film chaleureux, drôle et intelligent avec des histoires d’amour, d’amitié et des caractères bien campés, vraiment un bon moment de cinéma.
Contrairement à ce que vous avez peut-être pu lire sur certaines affiches, ce film n'a rien d'un « feel good movie ». Touchant, il l'est assurément, drôle parfois, assez triste souvent. La découverte du village de l'Amérique des années 1980 est assez amusante, les personnages très attachants (mais je ne fais personnellement pas le lien avec les migrants actuels mis à part le passeur mafieux). Un bon moment sans grande surprise toutefois.
Un petit bijou à voir absolument et même à revoir ! Une image particulièrement réaliste de cette Inde à deux vitesses et un quotidien tellement éloigné des images que peut avoir le touriste moyen. Le rêve américain sans une seule image de cet Eldorado... Mais beaucoup de photos :-))
C'est un film sur la possibilité d'"Umrika", une destination fantasmée, un pays de cocagne (1e "astuce" scénaristique" - spoiler: l'Amérique, on en parle, et surtout par correspondance, mais on ne la verra jamais à l'écran) . Ce film indien "naturaliste" déçoit - tant par la mise en scène convenue et languissante, que par l'histoire-même : comment se donner les moyens de ses rêves - ou plutôt de ceux d'une mère envahissante (2e "astuce" scénaristique que cette procuration) - ou les aventures de Ramakant (même interprète que dans "L'Odyssée de Pi" - mais nettement moins inspiré), aux champs (paisibles), puis à la (très grande) ville (dangereuse). Loin des codes bollywoodiens et des mythologies colorées et naïves du genre, le très cosmopolite Prashant Nair louche plutôt du côté des formatages occidentaux et des discours ad hoc en matière d'immigration - on ne s'étonnera donc pas de l'emballement du "public" à Sundance....
Le scénario accumule, malheureusement, trop de lourdeurs et survole son (passionnant) sujet pour se concentrer sur une intrigue familiale peu originale et dont les "secrets" sont rapidement devinés. Malgré le charme des acteurs, on s'ennuie ferme après la première demi-heure et le réalisateur ne parvient pas à se défaire d'une mise en scène sans grande inspiration.
Un petit bijou à ne pas manquer, drôle et émouvant à la fois. Depuis qu'un Indien d'un petit village est parti en "Umrika" (aux Etats-Unis), il envoie des lettres idylliques à sa mère, qui est complètement gaga de son fiston. Quand l'espoir d'un monde meilleur prend le pas sur la vie et les joies au présent.... Ancré dans l'époque Reagan, cette chronique sur les illusions perdues, les rapports familiaux complexes et les traditions indiennes m'a touché jusqu'aux larmes.
Unrika est un bon film. Il repose sur un scenario fondé sur le rêve américain dans les années 1980, par les habitants d'un village du Jivatpur, situé à l'ouest du Bangladesh, au sud du Népal et au Nord de Bengal. Le jeune homme quitte le village pour réaliser le rêve inaccessible de sa mère, pour rejoindre la grande ville puis Umrika - L'Amérique -. Mais l'aventure d'un départ pour Umrika n'est pas simple. A défaut de réussir ce rêve, ce jeune a réalisé un compromis en fondant une famille dans la grande ville de cette région de l'Inde en laissant croire sa famille à son émigration. Le jeune frère tente aussi cette aventure en voulant rejoindre son frère en Umrika. Il découvre lui aussi la grande ville mais ne renonce pas à l'aventure Umrika pour honorer sa famille et surtout le rêve de sa mère. Si le film repose pour une part sur cette aventure et ses avatars, il présente aussi une part importante sinon davantage, la peinture sociétale de la grande ville à cette époque. On y voit le peuple travailler et vivre dans des conditions rudimentaires, précaires et une hygiène douteuse. Ce monde vit mais surtout survit par la débrouille, les petits boulots, les petites affaires et même parfois au service de la mafia locale. Cette ville grouille de monde et semble en plein dynamisme. Je m'interroge, pourquoi avoir choisi cette époque ? Pourquoi ne pas avoir fait un film contemporain ? A moins que les conditions de vie et les rêves soient toujours actuels ? Depuis L'Europe nous ne sommes pas à même de mesurer l'évolution depuis cette époque. D'autant que nous savons comme pour la Chine qu'en Inde, une partie de la population a un niveau de vie comparable à l'Occident. Je reste donc un peu frustré. Qu'en est-il maintenant tant des rêves et de la société au Jivatpur ?
Dans la même veine que The Lunchbox, ce nouveau film indien est un vrai régal ! Nous avons apprécié le scénario qui nous a embarqué dans une histoire loin de notre monde et pourtant si proche par bien des égards. Les acteurs sont excellent, l'Inde nous est montrée sans fard, mais avec amour par le réalisateur. Un très bon film qui sort malheureusement en plein été et qui doit avoir un très bon bouches à oreilles, les spectateurs l'ayant plus apprécié que les critiques professionnels toujours trop blasés et ne sachant pas goûter ces films qui nous changent tellement du quotidien !!!!
Voici un film d'actualité alors que les migrants déferlent sur l'occident. Umrika montre bien la fascination qu'exerce les pays riches sur les habitants des pays pauvres et comment ceux-ci sont prêts à tout affronter dans l'espoir d'un avenir meilleur. Un film bien tourné, avec de bons acteurs et surtout sans sentimentalisme de mauvais aloi. En bref un film qui mérite d'être vu.
Grosse déception. Le film nous fait sentir en permanence la raison qui peut motiver des jeunes à émigrer. Mais il ne se passe pas grand chose en fait. Le scénario est inabouti, le récit très haché et mou, la narration manque de nerf. Le film tombe dans certaines facilités que je qualifie de racoleuses et qui m'ont pas mal énervé. Certaines scènes sont purement illustratives.