La pression de la censure et des interdits peuvent devenir source d'inspiration. C'est effectivement en contournant son interdiction temporaire de tourner un film que Jafar Panahi eu l'idée de réaliser ce film intégralement dans un taxi. Le cinéaste iranien se met d'ailleurs lui-même en scène dans son propre rôle. Moyens limités mais le talent est bien présent. Evidemment, la technique est ici restreinte mais les dialogues entre les passages et le chauffeur/réalisateur ainsi que leurs personnalités respectives apportent toute leurs saveurs au long métrage. Entre humour, tendresse et piques politiques, "Taxi Teheran" brosse subtilement et parciellement le portrait de la société iranienne actuelle. On pourrait cependant regretter que le film s'essouffle un peu vers la fin. La ballade à Téhéran en taxi en compagnie de Jafar Panahi vaut le coup.
Soumis à la censure, emprisonné, interdit de réaliser dans son pays, le réalisateur, affable et bénéficiant d'un gros capital sympathie, choisit de braver régulièrement les autorité pour continuer ses films, offrant ici un portrait de sa ville, de son pays, et détournant la censure de manière amusante. Reste que, même si l'idée de la caméra embarquée dans le taxi pour faire un vrai faux documentaire est originale et fonctionne dans l'ensemble, on s'ennuie beaucoup, chaque plan s'éternisant trop, faute de coupe. On a cependant une belle galerie de personnages et une vision d'un pays qui, si elle reste bienveillante, ne manque pas de pointer du doigt ses incohérences et ses (trop) nombreux problèmes.
On dirait presque un film amateur ou un projet d'étudiant et pourtant, ce film, aussi simple soit-il, est un véritable réflecteur des mœurs et de la vie courante de la société iranienne. Une caméra embarquée sur un taxi, le chauffeur qui est le réalisateur et nous voilà embarquer dans un one-day-road-trip dans les rues d'une ville iranienne. Et c'est à travers les échanges avec les passagers que Jafar Panahi nous peints d'une manière décomplexée et amusante mais oh combien émouvante les libertés d'expression et de culture dans son pays. Un film au final calme et épuré mais dont on en ressort agité.
quelle subtilité ! Du grand grand cinéma ! si simple et si parlant, ce réalisateur est un grand. Les personnages sont tous uniques, drôles, illustrants parfaitement la situation actuelle de l'Iran.
Mais pourquoi veulent-ils cacher la réalité qu'ils créent ? L'interrogation dans la bouche de la nièce du réalisateur resume la problématique de ce film politique, oeuvre de courage et d'intelligence qui brave les mollahs extrémistes. Entre rire et effroi... A ne manquer sous aucun prétexte.
quelle déception. j'avais espéré un bon film jubilatoire (comme les critiques le donnaient) sur la censure.... je me suis retrouvée devant un bon navet sans intérêt. ce n'est pas avec ce style de dialogue qu'ils feront avancer le schmilblick
Parfaitement raccordé, ce film m'a surpris et même effrayé quelque peu. Même s'il semble un peu sur joué, c'est un chef-d'œuvre qui, il semblerait, est criant de vérité.
La récompense berlinoise est avant tout un acte de bonne conscience: une façon confortable de lutter contre une dictature des esprits qui tient le coup depuis 1979. Sinon, le parti-pris de ne filmer que depuis l'intérieur de la voiture pourrait lasser si le film n'était pas aussi court... Il s'agit-là d'une vision assez réductrice de l'Iran d'aujourd'hui, mais le film a le mérite d'exister et d'aborder les sujets qui fâchent: la peine de mort, la censure, les petits trafics qu'elle engendre, la superstition appliquée à la religion (et vice versa)...
A la vision de Taxi Téhéran, on pense irrémédiablement à Ten de Kiarastami, un chef d'oeuvre injustement oublié. Le film de Panahi n'atteint jamais le niveau de celui de son compatriote mais est souvent très intéressant. Le cinéaste nous montre plusieurs aspects de la société iranienne à travers un enfant (pour parler du cinéma), une gosse gâtée qui évoque le garçon de Ten, deux vieilles femmes bigotes et ridicules (pour traiter de la religion), une femme en rose (beau personnage de cinéma par son charme) (pour évoquer la notion de justice dans son pays), un voleur et une institutrice pour parler de la notion du civisme, un homme accidenté pour renvoyer à la violence en Iran et un nain pour questionner l'industrie et le cinéma dans leurs rapports incestueux. Selon moi, dans ce film inégal mais plein de charme (un peu obligé tant le cinéaste souffre), les passages avec la femme en rose et le livreur de DVD sont les plus passionnants (on ne s'attendait pas à ce qu'il fut nain). N'oublions pas Jafar Panahi lui même au visage si sympathique qui passe de la joie (feinte ?) d'être reconnu au doute, à la crainte et au moment difficilement perceptible où une idée créatrice pour un prochain film semble pouvoir surgir à tout moment. Un film à voir rien que pour le cinéaste
Au delà de la mise en scène, des faux clients et du fait que ce film ne me laissera pas un souvenir impérissable, moi ce qui m'enchante à chaque fois c'est la vitalité et la politesse exquise des iraniens. Vous voyez en occident, quelqu'un hésiter à aller dénoncer un malfaiteur, qu'il à parfaitement identifié, simplement parce qu'il a appris que grâce à ce méfait, le coupable va pouvoir remonter la pente et qu'en le dénonçant, il risque de le condamner à mort? Ceux qui ont vu le film comprendront. Tout comme les excuses du nain, après être descendu de taxi....J'ai également adoré la fillette, à la langue aussi bien pendue et possédant un raisonnement aussi bien construit! Je n'en vois pas beaucoup de cettesorte, autour de moi ... Quoi qu'on dise, ça montre quand même que malgré tout, on a affaire à un peuple raffiné, issu d'une grande civilisation et d'une grande culture
Eh bien parfois où on est content de posséder la carte UGC pour avoir la possibilité de s'endormir et/ou sortir avant la fin de la projection; là en l'occurrence piquer un bon gros roupillon !
C'est chiant, long, bavard, parfois insupportable (mention spéciale pour la "petite nièce"). Incompréhensible cette avalanche de louanges pour un film aussi soporifique; enfin si : celles-ci ont sûrement davantage une dimension politique qu'autre chose, car un "chef d'oeuvre" cinématographique euh faut pas pousser et faudrait peut-être arrêter de prendre les gens pour des c....
Courageux, audacieux, cocasse et farfelu sont les qualificatifs qui définissent sans doute le mieux TAXI TÉHÉRAN de Jafar Panahi. Puisque le gouvernement iranien ne lui permet plus d'exercer son métier de réalisateur à sa guise, il a mis en place un procédé malin de caméra embarquée dans sa voiture déguisée en taxi. Femmes, hommes, enfant ou… poissons entrent et sortent de ce véhicule, dernier rempart contre la bêtise. On pourrait croire à un documentaire, mais non, toutes les scènes sont écrites puis jouées par des comédiens ou des amateurs dans leur propre rôle. On rit souvent de l'absurdité des situations même si, évidemment, tout cela est tragique. Privé de sa liberté expression (et de mouvement), Panahi contourne et critique avec beaucoup d'humour et de hauteur de vue, l'absurdité et la cruauté de la censure. Ses personnages, hauts en couleur, racontent les souffrances, les injustices, les peurs, les discriminations et la débrouille dans un pays étranglé par l'archaïsme de son régime. Cependant, l'ingéniosité du dispositif a ses limites. Les plans, toujours les mêmes, figent l'action (c'est la principale contrainte de l'exercice) et mettent l'accent sur les dialogues. Le film est bavard, le montage manque sérieusement de rythme, j'ai donc parfois lutté contre l'assoupissement. Mais la pirouette finale, sujette à plusieurs interprétations, est bluffante. (Voir Le film d'Ariane sur Facebook)
Je me sens obligé de réagir pour baisser cette note incompréhensible de 4/5 !!! Aucun intérêt , obligé de se protéger les oreilles , une caméra qui se veut être cachée sans vraiment l'être , bref ne perdez pas votre temps et votre argent . Seule l'affiche a été travaillée pour attirer les clients et les bobos parisiens.
C'est sympatoche mais sans plus, de là à crier au génie faut pas pousser... Il n'y a ni l'émotion, ni l'humour que j'espérais trouver en lisant les critiques et l'Ours d'or evidemment. Le film n'y est pour rien d'ailleurs, je n'avais qu'à pas faire confiance aux critiques, il est comme il est, sans prétention je pense, donc je met 2,5 étoiles.