Dans son taxi, les passagers et passagères se succèdent, discutent entre eux ou avec le réalisateur. En 80 minutes, des scènes comiques vont succéder à d’autres plus tragiques, quand bien même elles sont traitées avec humour ; les sujets les plus divers vont être abordés : le rôle dissuasif ou non de la peine de mort, la situation de la femme dans la société iranienne, le rôle que jouent les vendeurs de DVD pirates dans la diffusion de la culture (Les séries et les blockbusters américaine, certes, mais aussi Woody Allen et Nuri Bilge Ceylan), les règles qui font, qu’en Iran, un film est, ou non, diffusable ; des scènes de la rue iranienne vont nous être dévoilées : femmes en hijab, petits métiers de la rue ; une personnalité importante de la société iranienne va nous est présentée : Nasrin Sotoudeh, la femme aux roses, avocate et militante des droits de l’homme (et de la femme !!!), allant visiter Ghoncheh Ghavani, alors en garde à vue. Rappelez vous : cette jeune irano-britannique condamnée pour avoir milité pour le droit des femmes à assister à des matchs de volley masculin ! Incroyable la richesse que peut receler un film tourné dans un taxi ! Autant "Ceci n’est pas un film" se révélait ennuyeux à regarder malgré l’intérêt du thème, autant "Taxi Téhéran" est passionnant, cocasse et riche en surprises.
Que ce faux docu soit un geste politique risqué et donc courageux, c'est un fait qui explique peut-être l'enthousiasme unanime des critiques et la consécration du film à Berlin (quant à savoir si elle est justifiée par ses qualités intrinsèques, c'est une autre histoire). Qu'il nous informe sur l'habileté d'un peuple à "passer entre les gouttes" de la rigueur dictatoriale islamiste est un autre fait indéniable, mais cette habileté n'a rien de très surprenant... Faire défiler dans un "taxithéâtre" tout un peuple diversifié, fait de combinards opportunistes, de pleutres, de sordides hypocrites, de voleurs, d' une espiègle fillette fûtée ou de belles personnes (comme tout échantillonnage d'humains extrait d'une capitale) était peut-être une bonne idée...Pondre un film accrocheur, vraiment drôle ou réellement inquiétant en aurait été une autre, or pour moi le compte n'y est pas. Désolé, braves gens, je me suis ennuyé sévère passé le premier tiers du film. Ca n'a pas fonctionné pour moi, voilà tout. C'est globalement besogneux, bricolé sans coup de génie et monotone à mon goût... J'admire un peu J.Panahi de réussir à afficher un perpétuel sourire un peu détaché sur son visage poupin et sympathique, malgré ce qu'il nous dit avoir vécu, malgré ce qu'il en est réduit à faire pour continuer d'exister en tant que réal... Mais son petit dernier m'a laissé froid.
Ce film n'est ni un chef d’œuvre, ni même excessivement drôle...en revanche, il est une photo assez nette d'une société iranienne qui doit se confronter quotidiennement aux rudesses de la charia . Il faut saluer le courage de ces gens qui au travers de l'objectif dénonce une loi rétrograde et obscure tout en montrant un peuple qui donne envie d’être mieux connu. Un jour la jeunesse de ce grand pays , par son envie de liberté, étonnera le monde occidental.Il ne peut en être autrement.
On ne peut apprécier Taxi Téhéran sans prendre en compte le lourd contexte qui l’entoure. Jafar Panahi est un réalisateur iranien qui doit composer avec la politique répressive en termes de liberté d’expression de son pays et personne ne remettra en cause ce combat mais cela ne justifie pas tout. Le plus dérangeant en fait avec ce film c’est la forme empruntée ; des caméras prétendues cachées qui doivent capturer des moments de vie. Alors d’accord c’est inspiré par de véritables réactions dont a été témoin le réalisateur / chauffeur mais ça reste réinterprété et donc l’ensemble s’éloigne totalement d’une quelconque authenticité. Autant Ceci n’est pas un film m’avait parlé, autant ce Docu-fiction me laisse indifférent avec parfois des courses en taxi interminables.
Bon film mais trop de longueurs ... On apprécie la franchise du réal, la volonté d'expliquer son pays sa culture à travers les dialogues des clients ... On appréciera moins ben certains dialogues
Un Ours d'Or, vraiment ? Il s'agit pourtant d'une véritable supercherie et je suis étonné que si peu de personnes ne la relève. En effet, les prétendus passagers du taxi ont tous une intervention bien planifiée. Tout a été savamment orchestré pour avoir un caléidoscope partiel de la société iranienne et surtout pour dénoncer les absurdités du système, et la censure cinématographique (avec le pseudo-devoir d'école de la nièce censée réaliser un documentaire - en réalité, cela lui permet d'énoncer les règles en la matière de façon peu subtile). Je connais l'Iran, pays que j'adore, et je ne souhaite pas soutenir le pouvoir en place et sa charia d’État. Mais même l'ambiance si chaleureuse et nonchalante de ce pays ne s'invite dans ce film pourtant clandestin. On a donc droit, comme c'est commode, aux thèmes du vol (3x), du cinéma (fil conducteur, logique mais les Iraniens ne parlent pas de cinéma à longueur de temps), de la superstition, de l'accident/testament (cette scène manque cruellement de vraisemblance, entre autres, la femme est en ville 10 minutes après être arrivé à l'hôpital avec son mari en sang... or le sourire de Panahi ne le quitte jamais quelles que soit les circonstances!) etc. Le rôle de la nièce cristallise ce truquage. Ses dernières phrases si matures, lucides et implacables ne peuvent sortir de la bouche d'une fillette. Conclusion, doublée par le casse lui aussi orchestré, qui sonnent faux comme le reste du film. Quitte à tout arranger, autant créer des scènes encore plus riches de sens et de charge critique, non? Enfin, d'un point de vue formel, le dispositif de caméra cachée (doublé de caméra d'appareil photo numérique via la nièce) rend l'image aussi sautillante et laide que les plans sont statiques car confinés à l'habitacle du taxi. Certes, le film est courageux, le postulat et le dispositif sont intelligents, mais la visibilité des ficelles m'ont empêché de le savourer, même si certaines phrases et réflexions font mouche et que la scène du petit ramasseur de bouteilles montre parfaitement l'inanité de ce qu'il est permis de filmer. Panahi s'amuse et signe un documentaire mineur, je pense qu'il serait le premier à avouer qu'il ne méritait pas un prix cinématographique de telle envergure. Politique, sans aucun doute, mais il s'agit là de cinéma, les jurés des festivals semblent de plus en plus l'oublier...
Voilà ce que l'on peut appeler : un chef d'œuvre. Ce film est l'exemple parfait et nous montre qu'avec peu de moyens il est tout à fait possible d'avoir : des intrigues, des plans généreux et artistiques, des acteurs nickel et d'importants enjeux ! Je ne connais aucun film tourné intégralement dans un espace aussi petit avec autant de restrictions ! N'oublions pas que l'Iran est face à une politique artistique très strict et que le film évoque à la merveille toutes les règles sans jamais les enfreindre ! Les iraniens ont toujours ce "truc" pour pouvoir captiver le spectateur avec de petites intrigues du quotidien, et ont ce sens très poétique et artistique de nous montrer les choses. Jafar Panahi a encore signé un film d'exception et de génie. Ce film est majestueux et mérite toutes ces récompenses. Je défie Hollywood de nous faire des intrigues avec si peu de moyens et autant de restrictions ! BRAVO !
Film très intéressant qui m'a permis de connaître davantage Téhéran, les gens, l'Iran...donc vraiment docu-fiction avec un scénario, une trame dans ce désordre organisé :-) En revanche, ce n'est pas une chef d'oeuvre, parfois quelques longueurs (nécessaires ou pas) mais vaut le détour pour cette immersion dans Téhéran. Les personnes sont très attachantes. 3.5 me semble juste.
Quel joli petit bijou que ce Taxi Téhéran! Je suis fan! Ce film change des autres et puis voir la vie dans ce pays si fermé ça fait quelque chose! Seule déception, ce sont des acteurs. Je comprends les motivations de prudence et de protection des anonymes.
Évidemment on est très loin des films à gros budget mais c'est un film touchant et bien fait, dans un huit clos en taxi avec plein de monde qui rentre et qui sort de ce dernier
Je suis allée voir Taxi Téhéran pour pouvoir observer la vie quotidienne, la tenue vestimentaire, l'attitude des gens avant d'aller en voyage en Iran. J'ai trouvé le film un peu décousu, la fin complètement incongrue - on ne réalisait pas que c'était la fin.... On dirait que le film est plus une protestation contre le fait d'être censuré/interdit de quitter le territoire, qu'une prestation artistique en lui même. Je comprends la démarche, mais je m'attendais quand même à avoir une œuvre qui tienne la route pour elle même.
Sinon, fait quand même remarquable, on ne s'ennuie pas vraiment (un peu), ce qui, pour un film en lieu clos, filmé avec une caméra embarquée, est quand même un tour de force.
Ah si quand même la petite nièce du réalisateur est très drôle, impertinente et sublime, je l'adore :)
Le procédé n'est pas nouveau (mélange de fiction et de réalité) mais adapté à l'Iran il se révèle audacieux et pertinent. C´est le troisième film que Panahi réalise depuis qu´il a été condamné par le gouvernement iranien à une interdiction de filmer, de sortir d´Iran et de donner des interviews. Afin de tourner sans se faire remarquer, l’équipe a placé trois caméras dissimulées dans le taxi. Pour protéger l'identité de ses passagers, Jafar Panahi n'a pas mis de générique de fin à son film. Sans être aussi enthousiaste que la critique et parler de chef d'oeuvre, le film a le mérite de décrire avec humour et légèreté le quotidien du peuple sous le joug islamiste, et de revendiquer le pouvoir libérateur du cinéma d'auteur. Certaines séquences sont savoureuses, comme l'évocation par la petite nièce des nombreuses règles à ne pas enfreindre pour diffuser un film. Alors peu importe si le procédé est parfois un peu répétitif et brouillon, la force du cinéma est bien là.
Jafar Panahi réalise avec Taxi Téhéran une œuvre courageuse et subversive dans laquelle il passe outre son interdiction de tourner en Iran pour proposer une lourde charge contre le régime des ayatollahs. Il s'amuse non sans malice à brouiller les cartes entre film documentaire et fiction. Puissant et culotté. Ours d'or à Berlin.