Hier soir (jeudi 19 novembre 2015) se tenait l'avant première Rennaise de “Comment c'est loin” premier film du chanteur compositeur Orelsan. C'était surtout ma première avant-première (si on ne compte pas celle de Franny au Tribeca Film Festival de NYC) ! Hé oui, il fut un temps ou je me contentait comme tous les simples mortels, de voir un film au plus tôt le jour de sa sortie. Évidemment lorsque l'équipe du film est présente à la fin du film et répond au questions ça rend la séance encore plus cool !
Pour ceux qui n'ont pas le temps (ou l'envie) de lire, voici un résumé rapide de ma critique : Globalement intéressant, drôle mais ne casse pas trois pattes à un canard. Néanmoins plutôt bon pour un premier film.
Le speech : Orelsan et Gringe, deux jeunes rappeurs trentenaires, se font repérer à la radio par un producteur. Les années passent mais plus une seule parole ne leur vient, le producteur décide alors de les retirer de son label, Orelsan refuse et lui promet un titre pour le lendemain. Les Chasseurs Flowters ont donc 24h pour sortir un titre !
Hé bien ma fois, c'est plutôt pas mal, enfin une comédie qui arrive à sortir des vannes originales et tordantes ! Le film ne fait pas la même erreur que “We are your friends” en méprisant le processus de création des musiciens, il arrive au contraire à créer de l'empathie pour ces personnages qui galèrent à écrire leur sons.
Comédie oblige, le scénario reprend les schémas du genre et tombe malheureusement (en troisième partie du film) dans le cliché que je vais détailler ci dessous :
Phase 1 : La dispute entre deux meilleurs potes.
Phase 2 : La musique triste (piano ou violon, ne pas mettre les deux en même temps parce que il faut quand même rester subtil) et les plans où on les vois seuls, qui se manquent.
Phase 3 : Le moment où ils se retrouvent et se disent que “en fait, t'es mon meilleurs pote, je t'aime, blablabla”
Malgré ce cliché que je déteste amèrement, le scénario arrive à nous transporter et les dialogues arrivent à êtres soit hilarants, soit invitant à la réflexion. On pourras par contre déplorer la longueur et le manque de tonus de certaines scènes, même si cela n'impacte pas le fait que globalement le film passe plutôt rapidement.
Orelsan, Gringe et la plupart des acteurs jouant leurs propres rôles, nous avons tout de suite une sensation d'authenticité qui se dégage de leur interprétation. Malgré ce que l'on pourrais penser au premier abord, jouer son propre rôle même parodié est une tâche compliquée, ils ont énormément travaillé sur cet aspect et je salut l'effort car c'est très réussi.
Leur personnages sont des caricatures d'eux même et certains sortent vraiment de nul part (je pense au comic-relief dont j'ai oublié le nom). Le développement du personnage de Gringe est d'ailleurs très étrange.
Lors de la scène où Gringe et Orelsan se disputent, Gringe hurle que ils n'ont aucun avenir dans le rap, mais à aucun moment dans le film Gringe n’a émis une remarque négative sur leurs avenir….
La bande son est -bien évidemment- composée de morceaux de rap écrits et interprétés par les Casseurs Flowters.
Contrairement à “We are your friends” nous n’avons pas ici l'impression de regarder un long clip musical de 1h40. Une idée très intéressante est même présente : la musique extradiégétique (en dehors du film, donc que les personnages n'entendent pas) et les paroles traduisent ce que pense le personnage. Ne vous-y méprenez pas, presque tous les films le font, mais ici les paroles sont subtiles et les tournures de phrases agréables. C'est malheureusement trop peu utilisé mais ça reste une excellente exploitation du talent des chanteurs.
Photographiquement parlant, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Les plans sont efficaces mais convenus. La ville de Caen est plutôt bien filmée de nuit mais il n'y pas de folies de faites de ce côté là.
Globalement c'est un film fort sympathique que les fans des Casseurs Flowters vont s'empresser d'aller voir. Ils ne seront sûrement pas déçus, pour les autres les situations comiques tordantes arriveront assurément à convaincre et permettront, pourquoi pas, de découvrir ce groupe au multiples talents.
Sortie le 9 Décembre
PS : Le fait que Ablay (il joue dans le film) m’ai dit que je suis swagg, n'as rien à voir avec le fait que je suis positif avec ce film !
PPS : Le fait que ce soit le premier film d’Orelsan a quelque chose à voir avec mon indulgence vis à vis de ce film !