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Mathieu B.
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3,5
Publiée le 2 décembre 2019
Une réalité dans laquelle Shibuya, le monde des humains, est un monde parallèle de Jutengai, le monde des Bêtes. Les bêtes savent comment passer d'un monde à l'autre mais pas les humains qui ne connaissent même pas l'existence du monde parallèle des bêtes. Et pourtant, Ren, un garçon solitaire et malheureux, rencontre Kumatetsu, un ours solitaire, qui est venu dans le monde des humains pour y trouver son disciple. Il rebaptise le garçon Kyuta et va lui apprendre les arts martiaux avec rudesse et maladresse. C'est un axe narratif assez intéressant car il diffère de la relation maître-élève traditionnelle : ici, l'enseignant est particulièrement mauvais et l'élève a très mauvais caractère. Ces deux êtres solitaires et au passé difficile, vont développer une relation père-fils qui va permettre à chacun d'apprendre de l'autre. Après plusieurs années entrainement, Kumatetsu est enfin respecté parmi ses congénères, et possède sa propre école d’arts-martiaux, tandis que Ren, adolescent, est adopté par toutes les bêtes du royaume. L’heure du combat entre Kumatetsu et Iozen approche : ce combat déterminera le prochain dirigeant du royaume des bêtes. Et c'est à cette période que Ren éprouve le besoin de retourner découvrir le monde des humains qu'il a quitté enfant. Ren va devoir choisir dans quel monde il veut vivre, et auprès de quel père. Mais Ren va découvrir qu'il n'est pas le seul à souffrir de cette fracture et de ce tiraillement. C'est beau, les dialogues sont dignes d'un manga, tout l'univers des arts martiaux est présent, les sentiments des personnages sont nettement perceptibles, globalement, on ne s’ennuie pas. Mais j'avoue que compte tenu des notes exceptionnellement bonnes, je m'attendais à beaucoup mieux. C'est un bon film, mais sans rien d’exceptionnel.
Les récits initiatiques jalonnent l’histoire. Plus besoin de présenter Joseph Campbell, auteur de la théorie du monomythe et de son schéma aux mêmes étapes pour la construction du voyage d’un héros. C’est d’ailleurs par le biais du mythe que l’être humain s’est défini et a évolué, par le passage d’une mémoire imitative en tant qu’Homo Erectus à une mémoire mythique avec l’Homo Sapiens. Les récits fondent ainsi les personnes, les influent dans leur avenir, leur personnalité. Désormais, nous sommes influencés par des histoires sous différentes formes, principalement culturelles.
Malheureusement, on oublie trop facilement l’aspect créateur de personnalité qu’ont ces récits pour aller vers la facilité. C’est ainsi que lorsqu’un film pour enfant est moyen voire médiocre, on sort l’excuse du « c’est juste pour les enfants ». Ce genre de comportement rabaisse l’importance du contact entre la culture et des personnes en pleine construction de leur personnalité. Heureusement, il existe encore des studios/artistes qui tentent de relever le niveau comme Pixar, Laika, Disney ou Ghibli. L’œuvre que nous allons aborder aujourd’hui partage la même nationalité que le dernier studio cité.
Ren est un garçon qui s’est enfui de chez lui après le décès de sa mère. Il arrive un jour accidentellement dans le monde des bêtes, créatures animales anthropomorphiques. L’enfant va alors devenir le disciple de Kumatetsu, guerrier égoïste et mal léché qui veut absolument prendre la place de son seigneur. Un lien fort va alors unir nos deux héros.
Mamoru Hosoda est sans aucun doute l’un des grands noms de l’animation nippone et le prouve à nouveau avec « Bakemono No Ko » (titre original). Il tisse à nouveau un récit où des personnages en difficulté se construisent dans des situations extraordinaires. Ren va devoir apprendre à gérer la colère qui le ronge depuis la mort de sa mère pour mener une vie normale tout en se confrontant à Kumatestsu. Ce dernier devra accepter à contrecœur son statut de père spirituel afin de lui-même se soigner de la propre rage et solitude qui l’animent. C’est la rencontre de ces deux êtres profondément blessés qui va les aider à grandir et devenir meilleurs. Leur relation s’avère des plus touchantes et constitue l’un des points forts du film.
Néanmoins, c’est plus à Ren (qui sera renommé Kyûta) que nous nous accrochons (normal vu son statut « humain »). C’est plus son combat intérieur contre lui-même qui animera le récit. Le roman Moby Dick est cité, ce qui est loin d’être anodin au vu de la portée du récit (ainsi que l’apparition d’une baleine). Devant faire face à un protagoniste constituant sa part sombre et sa haine envers le monde entier, Kyûta devra partir à la recherche de l’apaisement pour vaincre et réussir.
Si le récit mythique prend une forme des plus classiques (l’introduction confirme ce sens), Hosoda nous dépeint quand même certains personnages hauts en couleur. Malheureusement, cela fait partie des faiblesses du récit car ceux-ci explicitent un peu trop ce qui se déroule dans l’intrigue et qui était facilement compréhensible. En tout cas, cela n’empêche quand même pas ces derniers d’être assez bien écrits pour s’attirer les faveurs des spectateurs, qu’importe leur âge.
Ainsi, si « Le garçon et la bête » n’est pas exempt de défauts, son écriture et sa mise en scène ont de quoi le classer parmi les meilleurs films sortis cette année. Mais plus encore, cela l’inscrit dans le haut du panier des œuvres familiales animées qui oublient parfois de se concentrer sur leur message. C’est en effet dans ces films que les jeunes spectateurs vont prendre leurs marques dans un monde dont ils auront beaucoup à apprendre. Alors, au lieu de les mettre face à des œuvres aseptisées pour les protéger d’une certaine violence et de certains thèmes auxquels ils devront se confronter, ou encore devant des divertissements puérils, vulgaires, oubliables et aux messages des plus honteux (#LesNouvellesAventuresDAladin), il vaut mieux ouvrir nos enfants à des films comme « Le Garçon et la bête ». Car dire qu’une production peut être mauvaise car elle est destinée à des enfants, c’est rabaisser l’intelligence des générations suivantes et pousser les cinémas à ne sortir que des produits de basse qualité là où l’on aurait besoin de spectacles enrichissants intellectuellement…
Un régal pour des adultes mais encore mieux à voir avec de grands ados, ca parle de grandir, de devenir adulte, de prendre distance et parfois de perdre des gens proches, super fort et beau! Seul hic, la couverture ;o)
Un film fort bien côté et je comprend pourquoi il est assez prenant mais j'ai des réserves. Si certains aspect de philosophie et de relations m'ont aussi parues top le dénouement m'a laissé un peu pantois. Pas tout bien saisie c'est sûr mais l'impression forte que c'est une fin à l'eau de rose "capitaliste bien pensante" non pas que je souhaite des fins au déficit du courageux mais là ça m'a paru un peu facile et bâclé. Et pas à la hauteur de l'ensemble du film avec des références bizarres de "déification" et le manichéisme fort malgré qu'il ne soit pas au ras des pâquerette, trop basique y trouve un ressort fortement alambiqué.
Magnifique histoire, les dessins sont splendides, personnages attachants... Un très beau manga qui n'a rien à envier aux studios Ghibli ! Entre lui et Makoto Shinkai, Miyazaki peut être rassuré quant à sa retraite, ces réalisateurs sont des dignes successeurs à ce type de mangas qui sont véritablement splendides.
Après La traversée du temps, Summer wars et Les enfants loups, Mamoru Hosada qui s’est maintenant fait un nom nous sort un nouveau film : Le garçon et la bête. Une chose est sûre c’est toujours aussi intelligent et visuellement superbe, mais le film est inégal. La première partie est en effet la meilleure puisqu’elle parle d’éducation, mais sous une forme inhabituelle et original et souligne que l’éducation va dans les 2 sens : le maitre sur l’élève mais aussi l’élève sur le maitre, et c’est très intéressant. La seconde partie parle plus de la recherche de l’identité et c’est un peu moins fluide, plus noir et moins agréable avec un peu de « violence gratuite ». La fin qui amène combats et action décroche beaucoup du coté fantastique en défaveur du message que le film veut faire passer. On regrettera aussi certains passages un peu long, et d’autres vraiment trop court à l’image du voyage et rencontre avec les maitres. Beaucoup de positif une fois encore, même si on peut noter que c’est moins harmonieux.
La poésie des images est bien là et c’est grâce à elle qu’on apprécie le savoir faire japonais en matière d’animation. Les personnages et leurs histoires sont bien travaillés.
Mamoru Hosoda, signe un excellent film d'animation, enchanteur et émotionnellement grandiose. C'est avant tout, un conte initiatique entre un jeune garçon, Ren, et son maître, Kumatetsu, un ours rustre condamné à avoir un disciple pour pouvoir concourir à la succession au pouvoir. Une initiation semée d’embûches : mais le message est fort, plus subtile puisqu'il s’agit pour ce rustre d’apprendre à enseigner à son élève humble, à se serrer les coudes et partager les moments difficiles dans cette hostile odyssée qu’est la vie sociale. Mais ce film est aussi une belle réflexion sur deux mondes qui s'opposent : Un civilisation remplie de créatures fantasques dans lequel évoluent Ren et Kumatetsu et celui des Hommes. A travers le personnage de l'enfant humain, donc Ren, seul lien qui le lie aux deux mondes, Mamoru Hosoda met à douter son personnage dans une série de va et viens qui va complexifier son apprentissage, entre paternité, amour et ouverture à l’apprentissage humain, c’est-à-dire intellectuel. Ce qui le forcera à choisir de vivre le restant de sa vie, entre le monde dans lequel il a évolué ou bien le monde où il est née mais qu'il ne connait pas. Et pour terminer, le cinéaste y ajoute une dernière réflexion sur la part d’ombre inhérente transmise aux hommes : à travers les sentiments de haines et le ressentiment, qui fait surgir en nous une bête, un côte obscur qui s'empare de nous tel un poison, qui une fois enfermée, la bête en cage peut s’énerver et se réveiller. Très bien mis en scène, au travers d'un antagoniste victime de cette inhérence. Voici une belle réflexion sur nos incontrôlable instincts qu'expose ce film d'animation japonais. " Le Garçon et la Bête " est la preuve que Mamoru Hosoda s’investit énormément sur chacun de ses projets, il montre que son talent a encore de beaux jours à l'avenir. Il signe un superbe film d'animation alternant entre une peinture traditionnelle et des séquences à l’animation très sophistiquée, parmi lesquels s'ajoutent combats épiques et décors impressionnants. Par le réalisateur de " Summer Wars ".
Nul besoin de chercher plus loin le nouveau fer de lance de l'animation japonaise. Mamoru Osada nous livre ici une fable magnifique et un chef d'œuvre d'animation. Drôle, émouvant, imaginatif, complexe, "le garçon et la bête" nous entraine dans un voyage entre deux mondes et une quête d'identité. Fort et beau.
Absolument exceptionnel. Une avalanche d'émotion comme seuls les animes savent me susciter. Parmi les meilleurs animes de tous les temps, avec Your Name et Dans un recoin de ce monde. Le scénario sait être original et imprévisible tout le long et la maîtrise du rythme est parfaite, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Les dessins sont agréables à l’œil tout en restant assez classiques, mais ce n'est pas dérangeant du tout. A voir et à revoir !!
Vraiment intéressante comme histoire. La relation entre le garçon et la bête est totalement différente des autres relations qu'on nous propose dans la plupart des films. Deux personnages qui ont une personnalité similaire et atypiques et qui diffère seulement par leur âge. Ce qui nous offre une série de moment hilarant entre nos deux protagonistes. Quand à la qualité des dessins, je ne peux pas vous dire qu'ils sont extraordinaire, mais ils se prêtent vraiment bien avec l'univers. Ce film ne m'a pas spécialement fait ressentir d'émotions mais en tout cas, j'ai passé un excellent moment et je n'hésiterai pas à le à mes proches.
Un dessin animé au déroulement très basique, il suit les codes du genre comme sur des rails sans jamais oser prendre le moindre risque, seule la musique est surprenante et les dessins et les scènes de combat réussies, les personnages quant à eux forcent trop leurs traits. L'ennui finit vite par s'installer, ça conviendra mieux aux enfants même si le tout manque de magie qu'on retrouve dans les productions Ghibli.
Une fois de plus, le cinéma d'animation japonais nous délivre un beau message (sur les thèmes de spoiler: l'empathie, l'acceptation, la vengeance et la détermination ).
Si vous n’êtes pas initié au genre, je pense que celui-ci en est une bonne approche. Dans son animation qui est complétées par des effets numériques, par son action, son rythme et son schéma narratif relativement classique (bien qu'il y ai des retournements de situation et des dilemmes) , on n'est peu déstabilisé par rapport à nos standards. C'est un film qui est fait pour être exporté à l'international mais rassurez-vous, on y retrouve tout de même la culture japonaise.
Les personnages sont bien exploités, évoluent et ne sont pas "étiquetés". Les personnages principaux sont vifs tout comme l’animation (de par ses couleurs et son enchaînement) et le son (par des effets sonores qu'on ne trouve pas dans tous les films du genre). La musique est cependant un peu en retrait.
Ses points négatifs seraient que certaines scènes sont un peu longues au début (des réponses se font attendre alors qu'elles sont prévisibles), qu'il puisse être quelque peu prévisible et conventionnel mais c'est ce qui le rend accessible (par là, je ne veux pas dire abaissé pour les enfants).
En bref, si vous ne faites rien vous ne deviendrez personne. Il faut chercher à être meilleur qu'hier. Une fois fini, il vous donne envie de vous lever avec détermination pour vous lancer dans ce que vous aimez faire et d'apporter votre pierre à l'édifice. Ce film n'est pas une mauvaise chose dans le contexte actuelle, avec par exemple la baisse de l’espérance de vie aux USA due à un sentiment d'inutilité de certains jeunes qui peinent à se trouver une place.
Mamoru Hosoda nous signe un bon film que je vous recommande après son excellent Ame & Yuki.