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kevinsolstice
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2,0
Publiée le 29 août 2017
Le sujet et les thématiques du films sont intéressants, leur traitement non. Pour moi, le principal problème du film est son écriture : les motivations des personnages sont incompréhensibles et servent de ressorts scénaristiques.
On ressort toujours d'un film des Dardenne avec le sentiment d'avoir vu un bon film... qu'on n'aura pas envie de revoir de sitôt. Dès les premiers plans, on est saisis par une atmosphère, des personnages, l'hyperréalisme du jeu des acteurs, le naturalisme photographique, et les images saisies sur le vif en caméra portée. Les sujets sont toujours documentés, ici ils se sont beaucoup renseignés sur l'art et la manière d'exercer la médecine dans un cabinet fréquenté par ce qu'ils nomment "des tarifs mutuelles." Ces éléments mis en place, leurs films sont menés comme des thrillers haletants, on attend de connaitre la suite, "comment vont-ils se sortir de cette mauvaise passe ?" dans le cas de cette histoire, on veut savoir qui a assassiné cette jeune africaine, et pourquoi. En résumé leurs films captent notre attention comme un bon reportage à contenu social produit par Canal ou France 2. Il n'en reste pas moins que ce qu'il y a à voir dans leur film, se dévoile en une seule vision. Je n'ai personnellement jamais rien découvert de plus en regardant une seconde fois un Dardenne, même très longtemps après. Leurs personnage n'ont pas d'ambiguïtés, et ils n'évoluent jamais au cours des histoires, autrement que par une expression inédite dans le tout dernier plan. Les Dardenne font du cinéma consommable, mais il y a des films consommables qu'on voit et revoit sans cesse parce qu'ils divertissent, ce qui n'est pas le cas des leurs.
Après « Médecin de campagne », médecin de ville en Belgique avec « La Fille inconnue ». Le postulat de départ semblait intéressant : une jeune femme médecin refuse d’ouvrir son cabinet à une jeune fille sous prétexte qu’il est tard. Elle apprend que cette fille est morte de suite après, selon le rapport de la police venue la prévenir. Culpabilisée, la jeune femme médecin va tenter coûte que coûte de découvrir l’identité de cette jeune inconnue. Une enquête qu’elle va mener discrètement, à sa manière, parallèlement à la police. Cette quête se suffisait amplement. Retrouver le nom de cette jeune fille inconnue, c’était la sortir de l’oubli. Lui donner une adresse fixe sur laquelle sa famille, ses proches pouvaient honorer sa mémoire. C’était aussi dans une moindre mesure réparer l’irréparable. C’était racheter sa faute. Seulement les frères Dardenne ont décidé de pousser le bouchon plus loin : la jeune femme médecin va carrément résoudre l’accident mortel en identifiant et le nom de cette fille inconnue et le responsable de cet accident. spoiler: Comme par hasard, ce responsable était lié à sa clientèle ! Un peu gros et décevant. Adèle Haenel, impeccable dans son rôle de médecin - faudra s’y habituer -, endosse, à ses heures, l’habit du détective Hercule Poirot, autre concitoyen belge. Et c'est bien dommage.
Le dernier opus des frères DARDENNE est aussi consternant que les précédents, même si l’image ne tressaute plus – du fait d’une caméra portée à l’épaule – comme dans le sinistre Rosetta par exemple. Ces deux là ont un vrai talent pour filmer la laideur (une fois de plus, celle des alentours de Liège), la médiocrité des gens, le mensonge et la dissimulation. Le personnage de médecin prête à sauver l’humanité qu’interprète, de son mieux, Adèle HAENEL, n’en est que moins crédible, mais qu’importe, il ne s’agit que de militer en faveur des immigrés, des sans papiers, des prostituées et pourquoi pas de leurs souteneurs, surtout s’ils trafiquent aussi de la drogue. Les deux réalisateurs se sont trompés d’époque, la leur aurait évidemment été la période stalinienne en U.R.S.S propice à la diffusion sans cesse recommencée d’une idéologie aveugle. A quand un Oscar pour l’ensemble de leur œuvre ?
le film vaut surtout pour la performance de l'actrice principale, Adèle Haenel. L'histoire est intéressante. Toutefois c'est surtout dans la mise en scène qu'il y'a des manquements. Des longueurs qui ne rendent pas bénéfice au film et c'est dommage.
Il manque un grand quelque chose à "La fille inconnue" pour le faire entrer vraiment dans le ghotta des films des frères réalisateurs. Il manque comme un supplément d'intrigue et de dynamisme à ce scénario à la base plutôt convaincant. Par ailleurs, Adèle Haenel était-elle vraiment faite pour le rôle ? Son jeu distant et inexpressif ne colle pas forcément à la personnalité de l'actrice, le spectateur ne s'y attache pas spécialement malgré ses déboires et les sentiments à son égard ne sont donc pas au rendez-vous. Au final, une oeuvre aussi froide que le Nord de la France et une petite déception.
Plus qu'un drame, La Fille Inconnue prends une tournure spoiler: de polar lorsque Jenny se retrouve au milieu de ce trafic mafieux . Le tout mélangé avec un fond de prise de conscience sociale.
Un nouveau film Dardernne très décevant par son scénario qui n'apporte que peu puissance au film malgré la légère thématique sociale. Adèle Haenel porte tour de même le film de bout en bout.
Un film sobre et ultra-réaliste, comme toujours chez les Dardenne. Un jeune médecin joué par une excellente Adèle Haenel s’installe dans les quartiers difficiles d’une ville de province, en Belgique probablement. En tout cas les Dardenne n’ont jamais fait beaucoup de kilomètres depuis chez eux pour tourner leurs films. Cette fille rend service à ses patients avec une grande opiniâtreté et un oubli de soi des plus surprenants, dormant même dans son cabinet (l'occasion pour les cinéastes de représenter les difficultés au travail de nos jours). Un jour sa conscience professionnelle est mise en doute par un événement dramatique. Pour en savoir la cause, elle se met alors à fouiner, à ses risques et périls, dans les affaires louches qui gangrènent ces quartiers. Le climat inquiétant et réaliste qui est distillé donne à ce film un côté brut de décoffrage, avec des acteurs dont on oublierait presque que ce sont de simples acteurs jouant une fiction. Bref, un des films qui ont marqué 2016, comme vous pouvez le voir dans mon classement des meilleurs films de l'année sur mon blog, où se trouvent également des critiques (illustrées et avec quelques extraits) sur quelques uns des films de l'année : 7emeart.wordpress
Bof, bof et rebof.. Si vous n'êtes pas un fan invétéré des frères Dardenne, vous pouvez passer votre route. Un scénario qui tient à peu près en 5 lignes, des acteurs somme toute assez quelconques, le tout dans un rythme conduisant doucement vers l'ennui puis l'assoupissement. Évitable
La fille inconnue est le film dont j'avais besoin, celui qui me permet de reprendre goût dans le cinéma, goût que j'avais perdu depuis quelques semaines. Car c'est un cinéma fort, un cinéma qui fait vivre des émotions et qui se situe dans la directe continuité de la transformation du cinéma des frères Dardenne commencée avec Le Silence de Lorna.
En effet, ici on a des scènes qui commencent alors que les personnages sont déjà entrain de faire quelque chose, on n'a aucune contextualisation, on comprend au fur et à mesure que la scène se déroule qui est qui, qui fait quoi, qui pense quoi, quel est le rapport entre les personnages. Tout ceci témoigne encore une fois de l'immense savoir faire des frères Dardenne qui savent écrire des personnages, des situations.
Ici avant que quelque chose en rapport avec l'intrigue se passe, on a le quotidien, le labeur, la routine. Les personnages disent quelque chose sur eux, même s'ils sont secondaires, voire tertiaire au récit rien que par leur manière de se tenir, de se comporter, leurs vêtements, leurs silences.
Pour une fois on a une enquête chez les frères Dardenne, une enquête régie par la culpabilité, ce qui est beau c'est qu'on comprend cette culpabilité... La culpabilité de cette femme qui a voulu enterrer ses émotions, son envie d'ouvrir une porte pour marquer la distance entre elle et ses patients pour montrer l'exemple à son stagiaire...
Alors oui, on peut reproche un truc au film, vu que c'est leur premier film d'enquête, les Dardenne, dans l'écriture ne maîtrisent pas forcément encore très bien les manière d'amener les rebondissements. Enfin je pense à un rebondissement en particulier où la mère dit clairement à la toubib de montrer la photo de la fille morte à son fils car il la connaît peut-être, c'est un peu grossier... Mais si on tic un peu, c'est parce que tout le reste du film est ô combien vrai et puissant, donc forcément, le moindre faux pas dénote.
Cependant tout le reste est d'une telle justesse et prend véritablement aux tripes au travers de tous les non dit. J'aime beaucoup la relation qu'elle a avec son stagiaire, pour une fois c'est la fille qui court un peu après le mec. On sent qu'il y a quelque chose entre les deux sans forcément savoir quoi et c'est assez beau d'avoir cette ambiguïté là.
On retrouve bien sûr quelques têtes connues malgré une tête d'affiche nouvelle venue dans le cinéma des Dardenne, comme Gourmet, mais surtout Renier que je n'avais absolument pas reconnu.
Bref c'est vraiment un excellent film, qui sait prendre le temps de faire exister ses personnages dans un quotidien avant de les mêler à cette enquête, mais surtout qui sait justifier l'importance de cette enquête pour l'héroïne.
A la différence de la majorité des films des Dardenne, "La Fille Inconnue" a été reçue avec indifférence, voire un peu de déception condescendante lors de sa présentation à Cannes et de sa sortie en salle. C'est que, incontestablement, on n'y retrouve pas (plus ?) complètement les traits désormais habituels du "cinéma d'auteur" de nos frères belges favoris, un cinéma qui semble évoluer vers une plus grande neutralité encore dans la description de situations à la fois "banales" et pourtant à fort potentiel dramatique. Sa magnifique héroïne, dont l'obstination butée et le courage à la fois ténu mais indiscutable face aux agressions auxquelles elle sera de plus en plus confrontée alors qu'elle avance dans son "enquête", ne bénéficie pas comme se fut le cas naguère des plus beaux portraits de femmes des Dardenne, de la sublimation qu'apportait l'intensité formelle d'un filmage très impliqué. Adèle Haenel, elle même, joue avec une "absence" qui ne lui est pas coutumière, mais qui au final - un peu comme chez Ozu auquel le final de la "fille inconnue" m'a fait penser avec cette vague d'émotion qui survient presque par surprise et qui nous submerge - permet au film d'échapper au risque indéniable de n'être qu'un thriller au scénario assez improbable : mieux encore, si la conclusion du film - l'une des plus positives de l’œuvre des Dardenne - nous offre une sorte de triomphe de l'humanité obstinée sur la "merditude des choses" (drogue, prostitution, maladie, haine familiale, petits trafics minables, la barque est bien chargée...), cette légèreté neutre d'un film finalement assez trompeur lui confère une pertinence que lui aurait ôtée le choix de la tension ou bien de la virtuosité. Gageons que "la Fille Inconnue", ne serait-ce que pour sa réflexion plutôt pertinente sur la culpabilité qui devrait tous nous dévorer devant l'infinie misère des migrants et la cruauté d'une société indifférente, sera un jour réévalué au sein de la filmographie passionnante des Dardenne.
Jamais je n'aurais pensé dire un jour que je n'ai pas aimé un film des Dardenne, et que je me suis ennuyée..... Malheureusement c'est arrivé !! C'est à 90% dû à la personnalité, soit du rôle de la jeune médecin, soit de l'actrice elle-même, qui manque abominablement de vie ! Elle est d'un bout à l'autre sans sourire, avec une voix monocorde, molle ou froide, selon le moment. Est-ce demandé par les réalisateurs, ce genre de personnage sans lumière, limite antipathique ou agaçant ? Je n'ai pas accroché et c'est rare.... Je trouve étonnant de vivre un tel événement sans sembler rien ressentir, seul le fait de rester dans son petit cabinet nous suggère l'impact profond qu'il a sur elle. Dommage. Pour les 10% restants, je trouve que l'histoire très intéressante du départ n'a pas été fouillée suffisamment (l'histoire de cette jeune fille), et le peu de psychologie qui en ressort est maladroit et peu crédible (le fils et le père, même si J. Renier exprime, lui, enfin, des émotions !)
J'ai beaucoup aimé toute la réflexion à laquelle ce film nous amène sur la conscience, la responsabilité, comment se racheter quand on se sent coupable même si au départ, ce n'était pas intentionnel, comment, par inadvertance, en quelques secondes, parce qu'on ne réfléchi pas à chaque fois qu'on agit à toutes les conséquences, toutes les éventualités que ça peut engendrer, parce qu'on ne sait rien de son avenir, parce qu'on n'arrive pas à prendre le temps pour chaque situation, chaque événement. Ainsi, la vie peut devenir un enfer de remords pour celui qui croit qu'il a des valeurs morales et qui s'aperçoit, qu'il s'est trahi ; la honte de soi...