Pas facile de parler d’un film dans lequel le temps vous a paru long, bien que ses qualités soient évidentes et son honnêteté absolue. ‘’Le fils de Jean’’ n’est pas fait d’en l’idée d’obtenir la moindre rentabilité, c’est un film d’auteur. Comme ma vision est personnelle, il est souhaitable que ce qui va suivre ne soit lu qu’après l’avoir vu. spoiler: On comprend mal pourquoi ce jeune parisien reçoit ce mystérieux coup de fil qui, tout en le dissuadant de partir à l’enterrement d’un homme qui pourrait être son père, ne peut en vérité que le forcer à y aller. L’accueil au Canada est tout aussi étrange comme tout ce qui suivra. Les dialogues sont parfois gênants de par leurs accents mais les regards sont éloquents ce qui compte le plus au cinéma. A un moment donné, surtout après la sagesse de la scène entre le héros et la fille des ses hôtes, le film nous amène à penser ‘’qui ‘’est le vrai père et que tout ce qu’il a fait, c’est pour voir son fils. Vu comme cela le film gagne en intérêt et la suite ne le démentira pas . C’est la vraie vie mais comme je vais au cinéma pour rêver, ce film ne me convient pas (contrairement à ‘’Welcome’’) et je ne peux être enthousiaste. Je me souviens de cette phrase de Jean Renoir : ‘’je ne vais pas au cinéma pour y voir la vie de chaque jour, je préfère alors aller au café. Au moins on y boit un coup’’.
A trente trois ans, Mathieu ne sait pas qui est son père…un coup de fil du Québec va bouleverser sa vie…Jean le père qu’il n’a jamais connu vient d’y mourir, disparu au cours d’une partie de pêche dans un lac…lors d’un congrès de médecins à Paris, il aurait eu une brève idylle avec sa mère, puis était retourné vivre parmi les siens…Mathieu apprend qu’il a deux frères et aspire à les connaitre. Souhaitant assister à l’enterrement, il est accueilli à Montréal par Pierre, un médecin ami de longue date de son père, au caractère quelque peu ombrageux …cette famille se révèle elle aussi un mille feuilles de secrets et on se laisse prendre par cette ambiance de mystère et ces échappées sur les magnifiques paysages du lac…c’est un film porté par un duo d’acteurs remarquables, Pierre Deladonchamps qui joue Mathieu et Gabriel Arcand qui joue Pierre…beaucoup de choses passent par les regards, les silences, c’est un film, plutôt consensuel, pudique et juste, jusqu’au retournement final, tout en retenue et en émotion contenue.
Attention coup de coeur ! Un film comme on en voit rarement. Saisissant de sincérité, on est plongé au coeur d'une histoire pour le moins touchante d'un fils à la recherche d'un père inconnu. Le casting est excellent et l'interprétation très juste et sans fausses notes. Mention spéciale à Gabriel Arcand qui est grandiose. A cela s'ajoute les paysages et l'ambiance superbe qui règne au Québec. Un chef d'oeuvre discret à voir et à revoir !
Pierre Deladonchamps et Gabriel Arcand portent ce film par la justesse de leur jeu tout en pudeur, tout en douceur. La mise en scène de Philippe Lioret est elle aussi "au cordeau", sans fioriture et tout en finesse. Le tout dans un décor Canadien particulièrement rafraichissant...
Quelquefois il n'y a pas besoin de beaucoup de dialogues, les regards et les silences suffisent pour créer une émotion implacable, surtout à la toute fin de ce film. Les personnages sont bien choisis, je me suis facilement attaché à leurs pas, à les suivre simplement. A chacun de ses films l'art de Philippe Lioret est de nous installer dans l'ombre de ses personnages et on ne les oublies pas de si tôt. Ce film est tout simplement beau.
Faire un film français au Canada, ben cà ne fait pas une bouse mais d'la marde. Film lent, poisseux, lourd. Bof bof donc. Je ne comprends pas les critiques qui parlent de beaux paysages. Montréal n'est pas une belle ville et ce que l'on voit du lac et des forêts n'est que trop limité.
C'est effectivement un excellent film. Le fils de Jean part à l'enterrement de son père qu'il n'a jamais connu. Il veut faire connaissance de ses frères. C'est un film très sensible. Le jeu des acteurs est particulièrement juste, la caméra sur le Québec est agréable. La musique tient très bien la route. Le scénario nous guide par ses non-dits. Un bon film qui marque. A revoir, même sur le petit écran.
Une analyse de la filiation. Le jeu d'acteurs est simple et empli d'humilité. Tantôt drame, tantôt comédie sentimentale, le scénario parvient à jongler entre les 2 styles cinématographiques.
Enfin un film vrai, des comédiens qui jouent juste et en pleine retenue, une histoire qui interpelle et surtout qui touche en plein cœur. Bravo au réalisateur et aux deux acteurs !!
Matthieu, un trentenaire parisien de la classe moyenne plutôt branchée, partage son temps entre son boulot de commercial dynamique et le fils dont il a la garde en alternance avec sa femme, dont il ne partage plus l'existence. Elevé par une mère célibataire décédée huit ans plus tôt, il ne connaît rien de ses origines paternelles. Aussi quand Pierre, un inconnu qui se dit l'ami de son père naturel, le contacte du Canada pour l'informer que ce père vient de mourir, qu'il laisse deux fils "officiels" mais lui lègue un colis que lui, Pierre, doit lui faire parvenir, son sang ne fait qu'un tour. Il décide illico de partir aux obsèques canadiennes, pour rencontrer les "frères qu'il n'a jamais eus". Mais l'accueil de Pierre manque un peu de chaleur et derrière la surface des choses il flaire des non-dits. Un mystère domestique s'installe où les frères ont décidément de fâcheux défauts, une impalpable tension gagne du terrain à mesure que le charisme de Matthieu et de l'étrange ami Pierre nous les rendent plus attachants... Famille je vous haime ? Les liens du sang, la transmission, la force des femmes et leur finesse aussi, le silence buté des hommes, autant de thématiques que ce joli film, tout en retenue, aborde avec sobriété et justesse, bien servi par des dialogues ciselés où le parler canadien nous régale sans excès d'accent. Avec, ce qui ne gâche rien, une belle lumière dans des scènes d'extérieur sur fin d'été au bord d'un lac, mais surtout la très belle prestation des deux rôles principaux de Matthieu (Pierre Deladonchamps) et Pierre (Gabriel Arcand). Ces deux là portent le film qu'ils irradient de leur présence touchante de belles personnes, sensibles, respectueux, ambigus jusqu'au dénouement surprise qui nous cueille en douceur. Un bon moment, dans la lignée des opus intimistes de Lioret qui a décidément une patte.