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rogerwaters
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3,5
Publiée le 21 août 2017
Totalement passé inaperçu lors de sa sortie en salles, Keeper est pourtant un premier film belge doté d’un vrai point de vue sur l’adolescence. Le point fort du métrage est que son auteur ne juge jamais ses personnages, que ce soit les ados ou les adultes. Il saisit au mieux l’espèce d’insouciance de ces êtres décidément trop jeunes pour expérimenter la parentalité et ses conséquences. Toutefois, le cinéaste ne se fait jamais didactique ou explicatif et il évite ainsi l’écueil du film à thèse moralisateur. Il se fait l’écho d’un phénomène, plutôt rare d’ailleurs, sans oublier de montrer la tendresse qui unit les deux jeunes gens concernés. Il analyse aussi les espoirs de cette jeunesse très matérialiste qui doit, à un moment, se confronter à la réalité de leur situation. Tout ceci est servi par une BO éthérée et une réalisation solaire que l’on apprécie beaucoup. A noter également la justesse de tous les acteurs.
Tout le tragique de la condition humaine face à la reproduction se trouve là, incarné dans les corps de deux adolescents magistralement dirigés et filmés. Le film est déchirant car il touche à la vérité sans le moindre surplomb moralisateur, cette impuissance ontologique face à la brutalité du réel, cette fabrique de malheur, cette machine odieuse qu'est la nature, à la fois tentatrice et sauvagement punitive. Maxime et Mélanie se débattent là-dedans avec des armes en papier, et Guillaume Senez réussit là ce que les Dardenne - par exemple - ratent le plus souvent depuis "Rosetta" par excès de raideur scénaristique. Le film palpite, haletant, tandis que le ventre de Mélanie s'arrondit, oscillant entre tendresse et déchirement, jusqu'à ce dernier plan inoubliable. L'image et la musique ne sont pas négligées, loin de là. Un cinéaste s'affirme, vivement la suite. Grand film.
Ce film est un chef d'oeuvre !! Un portrait ultra réaliste de l'adolescence d'aujourd'hui avec ses excès, ses dérives et sa soif de liberté ! Les deux jeunes acteurs sont exceptionnels et on ne voit pas le temps passer !! On aimerait les secouer et leur demander d'être responsables et lucides et on s'indigne devant leurs choix et leur comportement et vraiment ce film est un coup de poing et un coup de maitre !!! Acteurs et réalisateur à suivre !
Des comédiens qui joue de façon très inégal, et il y en a qui sont très mauvais. L'histoire est vraiment très émouvante. Et traité sans en rajouter et c'est vraiment agréable à suivre.
Max’ et Mel’, tous deux 15 ans, attendent un enfant ; encore dans l’enfance mais se projetant déjà avec vigueur dans le monde des adultes… Un monde pourtant surdimensionné pour leurs frêles épaules. Guillaume Senez nous montre les dilemmes provoqués par un tel choix (garder l’enfant) et l’implication des parents de ces ados dans cette grossesse hors norme car eux aussi seront impactés par cette éventuelle naissance. Ce film pose de bonnes questions : comment devenir parents si jeunes ? Comment ne pas déposséder totalement du choix final d’éventuels parents même si jeunes ? Quelle place pour le jeune papa dans cette grossesse sous contrôle parentale ? Quels impacts de la propre histoire des parents des jeunes dans l’accompagnement de cette grossesse ? Ce film est riche, fin et subtil ; Senez, à l’image de ses aînés belges, parvient par la chronique familiale réaliste à ne jamais tomber dans le discours moralisateur ou misérabiliste. Quelques intentions données aux comédiens, quelques bribes de répliques ; et en avant pour le tournage, et çà donne un ton très naturel et très frais au film. Pour un premier film, il fallait l’oser, mais pour cela il a la chance de s’appuyer sur un duo de jeunes comédiens prodigieux. Mais c’est cette spontanéité dans le jeu qui rend ce jeune couple aussi craquant. Je connaissais déjà la justesse de Kacey Mottet Klein qui du haut de ses 17 ans est déjà un comédien reconnu dans le cinéma d’auteur social… Mais quelle belle découverte avec le jeune Galatea Bellugi dans le rôle de Mel’ ; adorable, formidable mais aussi terriblement capable de déstabiliser Max’ par ses réactions imprévisibles. Beau duo accompagné d’une floppée de seconds rôles que Guillaume Senez sait exploiter pleinement ; tous sont utiles au récit et ont une réelle épaisseur psychologique. Et puis la belle surprise de ce film est de mettre le rôle du jeune futur père au centre du film. Choix qui offre un final fort émouvant auquel il est difficile de résister.
Un film où se mêle drame et poésie. Des acteurs brillants et talentueux qui nous transportent à leur manière. Une réalisation et un montage qui accrochent !
Maxime et Mélanie ont quinze ans et s’aiment. Pour eux, tout semble possible jusqu’au jour où Mélanie apprend qu’elle est enceinte. Ce très jeune couple va devoir mûrir afin de faire des choix quant à leurs véritables aspirations. Maxime peut-il vivre sa passion du football tout en endossant un rôle de père ? Mélanie doit-elle écouter les conseils avisés de sa mère pour décider de garder ou non le bébé ? Ce couple est plein de naïveté et il nous touche car il est juste. Guillaume Senez filme l’adolescence avec un regard authentique, évitant la facilité des clichés de l’âge. Si à quinze ans, nous sommes insouciants, nous pouvons également être assez adultes pour penser et réagir. Ces paradoxes sont traités avec une finesse étonnante. L’interprétation des jeunes acteurs est scotchante et jamais la direction n’est menée avec malveillance. Keeper parle d’un fait qui arrive malheureusement, d’un fait qui peut faire tabou, mais le film est réalisé dans la communication et c’est ce qui en fait une œuvre pleine de vérité et ça en est presque bouleversant. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Voilà qui sent bon les César... Un film à voir de toute urgence ! Émotion, empathie, finesse, intelligence, réflexion, et honnêteté. Voici tous les ingrédients réunis pour faire de ce premier film un film qui restera. Vivement le prochain film de ce réalisateur Franco-Belge.
Très agréable, car ce film est d'une justesse parfaitement maîtrisée. Tout est crédible, dans les dialogues, en particulier ceux des ados, et dans les réactions de chacun des personnages face aux événements. Le film est cohérent en lui même car il est simple, et nous présente une histoire simple et des personnages simples, ce qui a donc pour force de ne pas déstabiliser le spectateur, et de faire en sorte qu'il puisse s'identifier dans chaque situation. Mais cela pose la question de savoir si ce genre de film serait plus fort en poussant les sentiments et les émotions des personnages à l'extrême, ou en gardant cette pudeur émotionnelle très juste, mais qui nous fait peut-être légèrement moins vibrer.
Récemment j'ai vu Tête Haute qui était mieux interprété et mieux cerné au niveau du sujet. Si je fais la comparaison c'est que dans la réalisation, je suis obligé de faire le même constat : je déteste cet aspect documentaire à la "tellement vrai" ou "confession intime" où l'on expose des cas socio comme étant la normalité de la France et de la Belgique. Comme le dit la mère de la fille dans Keeper "Je l'ai vécu avant toi", cela confirme mon idée que les cas socio perpétuent des cas socio, y'a toute une éducation et toute une société à revoir, depuis quand des parents laissent des enfants de 15 ans sortir en boîte ? C'est même boîtes qui ont l'interdiction de faire entrer des mineurs ? (quid dans le film ?)... Mais au delà de ça, on préfère montrer les décisions immatures tout au long du film plutôt que d'affronter les vrais problèmes : Décider de choisir de l'avenir du gamin à la foire avec un attrape-peluche, rêvasser de concilier enfant et centre de formation de football, spoiler: Ne pas assumer d'avoir fait face à sa mère à 3 mois et demi et choisir à la dernière seconde de le faire naître sous X et j'en passe... Au final, qu'elle décide de garder ou d'avorter ne dépend que d'elle et son choix sera forcément le bon. spoiler: Mais non, à la fin elle n'assume plus et empêche donc au père de vivre son rôle pleinement pour lequel il a sacrifié sa passion. Je n'aime pas les revirements de décisions dans Keeper et je n'ai pas aimé comment on a traité le sujet, mais il faut relativiser ce n'est que le premier long métrage de Guillaume Senez, il a l'avenir devant lui. A suivre.
Ils ont 15 ans. Lui, Max, il rêve d'accéder à une carrière de foot avec les encouragements de son père. Elle, Mèl, elle l'aime éperdument son Max. Et le drame arrive : Mélanie est enceinte. Le drame ? Parce qu'attendre un bébé à 15 ans, c'est loin d'être une évidence quand on a encore un avenir à construire, des fêtes et des sorties à partager, et des amours peut-être à commencer. Guillaume Sénez a réalisé une œuvre honnête, simple et délicate. Il regarde l'adolescence avec tendresse et acuité. Il a créé un film belge, qui ne soit pas glauque, ou social. Au contraire, le film se passe dans un quartier pavillonnaire réservé aux classes moyennes, avec des personnages de la vraie vie, pour les uns divorcés, pour l'autre mère célibataire. Ce qui intéresse le réalisateur, c'est la grandissement à la vie de ces deux jeunes-gens. On apprend ô combien l'adolescence est la continuation de l'enfance, et qu'à ce titre, elle mérite des mots pensés, une retenue, là où les jeunes brillent parfois dans les excès et la tentation d'indépendance. Pendant tout le film, le spectateur a envie de serrer le jeune couple dans les bras, et de les accompagner dans leur choix de vie si difficile. L'interprétation de Kacey Mottet Klein et Galatéa Bellugi est subtile et remarquable. Ils retrouvent les regards, la gestualité, les voix propres à ce passage si particulier de la vie. On pourra peut-être regretter que le regard de la caméra se fixe surtout l'adolescent, Maxime, mettant un peu de côté Mélanie, voire faisant craindre pour la jeune-fille, une stéréotypie dans le comportement. Mais la douceur du récit l'emporte allègrement. "Keeper" (dont le titre mystérieux devient une évidence pendant le déroulement de l'histoire) est un film réjouissant, beau, souvent douloureux, mais qui donne envie de faire confiance à une jeunesse qui détient les clés de sa propre vie, bien plus que la société des adultes ne le croit.
Un trés beau film, sensible, touchant, sur un sujet pourtant difficile à traiter (la grossesse d'un couple d'adolescents Maxime et Mélanie). Filmant au plus près les doutes, les déchirements, la souffrance d'une telle décision (le garder ou pas), le film révèle surtout 2 acteurs (adolescents) absolument étonnants par leur sincérité et le réalisme des situations. Les autres acteurs (les parents notamment) sont également trés convaincants. La force du film et sa grandeur c'est qu'il ne pose pas de jugement sur un sujet aussi tabou. Qu'il n'impose pas aux spectateurs une vision, un point de vue sur un thème aussi délicat et intime. Bref.. Un film délicat, difficile à oublier tant par sa justesse que la qualité de l'interprétation. Et lorsque l'on se dit que c'est un premier film... on a hâte de voir le second !!!
Le premier plan de Keeper montre deux adolescents s'embrassant avec fougue. Ils sont jeunes, insouciants, libres. Mais elle tombe enceinte et là commencent les questionnements. Dans une veine naturaliste, le premier film de Guillaume Senez séduit par sa vérité, sa sincérité, sa qualité d'interprétation mais aussi son découpage narratif, qui pallie une mise en scène un peu sage. Keeper s'attache principalement à celui qui va, peut-être, devenir père. C'est un parti pris. Un autre film aurait pu être tourné avec la vision de la future maman. C'est sans lourdeur mélodramatique et sans angélisme non plus que Senez trace le chemin, avec une maîtrise plutôt remarquable pour un tout premier long-métrage. L'influence des frères Dardenne est lointaine, on pourrait tout aussi bien citer Pialat mais le réalisateur franco-belge possède déjà un style qui lui est propre. Prometteur, le garçon !
Une jeunesse insouciante ? Un couple d'adolescents en manque de repères ? Non, Guillaume Senez casse les clichés et les préjugés avec un film qui va proposer d'autres pistes, d'autres solutions ou pas...C'est culotté de raconter une histoire qui aurait pu devenir un cauchemar à filmer, ici le réalisateur accomplit un vrai sacerdoce sur le questionnement de la vie, il puise son scénario dans une logique de l'espoir même quand les choses paraissent débridées. Ce petit couple au fond représente la jeunesse mais aussi le regard trouble du mystère de la vie, c'est beau et talentueux !