Baccalauréat
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velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2016
Après sa Palme d’Or obtenue en 2007 pour "4 mois, 3 semaines, 2 jours", après le Prix du scénario et le double Prix d’interprétation féminine attribués en 2012 à "Au-delà des collines", le réalisateur roumain Cristian Mungiu était, cette année, de nouveau présent à Cannes et son film "Baccalauréat" y a recueilli le Prix de la mise en scène, ex-aequo avec "Personal Shopper", d’Olivier Assayas. Lycéenne dans une ville de Transylvanie, Eliza est une élève brillante et, c’est certain, elle ne va avoir aucun problème à briller à l’épreuve du baccalauréat, ce qui lui ouvrira toutes grandes les portes d’une université anglaise prestigieuse. Sauf que, deux jours avant l’épreuve et alors que Romeo, son père, chirurgien dans la même ville, vient de la déposer à proximité de son lycée, Eliza subit une agression sexuelle et se retrouve gravement handicapée, psychologiquement bien sûr, et physiquement, avec une blessure au bras. Comment passer le baccalauréat dans ces conditions ? Une situation insupportable pour Romeo qui ne peut admettre que les efforts réalisés par sa fille pour changer d’avenir soient anéantis par ce coup du sort. Malgré ces handicaps survenus au plus mauvais moment, Eliza doit obtenir les notes excellentes qu’elles méritaient et Romeo n’hésite pas à partir dans l’enfer des passe-droits, des accommodements réciproques, de la tricherie pure et dure, un enfer dont on ne peut pas revenir, car vous voilà à jamais prisonnier d’une chaîne de liens et de réciprocités. Si "Baccalauréat" est un film sur ce que l’amour parental peut amener un père à faire pour sa fille, c’est tout autant un film sur la corruption qui gangrène la Roumanie contemporaine, un pays où il semble tout à fait possible d’obtenir son baccalauréat grâce à la triche ou à la corruption, quand ce n’est pas l’alliance des deux, un pays où les échanges de services semblent monnaie courante.
Dominique V.
Dominique V.

17 abonnés 227 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 décembre 2016
Un film toujours en mouvement, très condensé sur quelques jours, brillant dans sa mise en scène et son interprétation, filmé au plus près des personnages et de leurs problématiques.
Mais aussi un film très sombre et désespéré sur la Roumanie d'aujourd'hui et ses habitants si... "serviables".
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2016
En compétition à Cannes cette année, reparti avec le Prix de la Mise en scène, après la Palme d’Or reçue en 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ». Tout ça pour dire que le réalisateur de cette comédie dramatique (Cristian Mungiu) n’est ni un inconnu, ni un débutant, même si le cinéma roumain ne jouit pas encore du retentissement populaire qu’il mérite dans notre pays. J’espère que ça ne durera pas tant ce qui nous parvient depuis quelques années est d’une formidable intensité. Romeo, médecin respecté, a tout mis en œuvre pour qu’Eliza, sa fille adorée, puisse quitter rapidement la Roumanie, qu’il juge corrompue, pour étudier dans une prestigieuse université britannique. Elle doit pour cela obtenir son Bac, une formalité pour la jeune fille dont les performances scolaires ont toujours été excellentes. Mais quelques jours avant l’examen, Eliza se fait violemment agresser. Blessée et traumatisée, sa participation au concours est compromise. Son père va alors faire jouer ses relations pour qu’elle ait son diplôme, au mépris des principes qui sont les siens et des valeurs d’honnêteté et de probité inculquées à sa fille. Le film interroge notre sens moral. Jusqu’où serions-nous prêts à aller pour nos enfants, quel degré de compromis ou de compromission sommes-nous capables de franchir pour servir nos intérêts propres sans tenir compte de l’intérêt général ? En même temps que Romeo tente par tous les moyens plus ou moins (il)légaux d’aider Eliza, la famille implose et part en lambeaux (le père trompe la mère et personne n’est dupe, la maîtresse menace de se barrer et la grand-mère flanche). Victimes d’actes de malveillance dont la violence et la soudaineté entretiennent l’ambiance oppressante et délétère, chacun va devoir réfléchir aux conséquences de ses actes. Le récit est (trop ?) complexe mais remarquablement construit et l’engrenage infernal dans lequel se noie Romeo est proprement glaçant. J’en suis sortie des questions plein la tête… ce qui je pense est plutôt bon signe !
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2016
Avant d'être une véritable prise de conscience sur la société, en particulier roumaine, Baccalauréat est une satire sociale qui met en scène un médecin qui cherche à tout prix à garder le contrôle sur l'avenir de sa fille. Celle-ci doit absolument réussir son baccalauréat avec une note très supérieure pour intégrer une prestigieuse école. Tourné en longs plans-séquences, le film nous emprisonne dans le parcours, quasiment pas à pas, de ce père de famille. Les échanges, les magouilles sont d'une cocasserie qui vont ensuite se noyer dans un sentiment d'injustice lorsque les choses ne vont pas se passer comme prévu. En effet, sur le chemin du lycée, la jeune fille va se faire violer sous le regard fuyant de passants qui ne réagiront pas. En un rien de temps et après nous avoir mis en confiance dans l'humour, le réalisateur de 4 mois, 3 semaines, 2 jours, pose la question de la culpabilité et nous invite à réfléchir sur notre rôle de porter assistance aux personnes en danger. Mais il ne s'arrête pas là, il met aussi en avant les histoires réelles de corruptions dans le pays. Sous ses traits de drame presque comique, Baccalauréat nous piège ensuite astucieusement dans un polar dont on ne ressort pas indemne.
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anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 16 décembre 2016
Dans une petite ville de Roumanie, Baccalauréat suit le cheminement d'un bon père de famille amené à compromettre son honnêteté habituelle pour venir en aide à sa fille à la veille de son examen de fin d'études, et lui garantir ainsi un avenir plus radieux. À plusieurs reprises, on a l'impression que l'intrigue et la tension vont s'intensifier, que le ton va monter, que l'étau va se resserrer ou au contraire le mystère s'éclaircir mais non, le film suit son petit bout de chemin monocorde à coup de conversations à demi-mots, de petites faveurs accordées ici et là et de scènes quotidiennes dans des intérieurs miteux. La conclusion qui n'en est pas vraiment une n'apporte ni réponse, ni morale. Le personnage de ce père dévoué est quand même bien étudié et ses tourments intérieurs bien exposés. Pas inintéressant mais pas renversant non plus.
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