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Un visiteur
0,5
Publiée le 25 mars 2016
Sentiment de malaise face à la mise en scène, pour ne pas dire l'instrumentalisation des héros du film. Le journaliste s'empare de leur sujet pour les aider mais quelle marge de manoeuvre leur laisse-t-il? Je ne vois aucune forme d'émancipation lorsqu'il les force à ânnoner leur texte en prévision de la venue de l'émissaire de LVMH par exemple. La frontière est fine entre soutien et instrumentalisation.
Ruffin a raté sa vocation, il aurait dû faire des caméras cachés. En humour il s'y connaît, en journalisme et investigation c'est une autre histoire. J'ai pas compris grand chose sur ce qui était reproché dans le film aux grand patrons (des licenciements, c'est vilain...). C'est flou et on sent et tout le coeur du film repose sur l'élaboration du chantage. C'est bien orchestré, digne d'un Mission Impossible, mais on en tire quoi? Pas grand chose, comme si les grands patrons étaient des méchants invisibles en mode Inspecteur Gadget. Désolé, mais si c'est pour regarder un film aussi simpliste et manichéen je préfère mes bonnes fictions américaines
François Ruffin part d’un postulat simpliste : dans le capitalisme, il ne peut y avoir que des gentils (les salariés) et des méchants (les patrons). Et en grossissant le trait, il y a les grands patrons, qui sont donc nécessairement des grands méchants. Emotionnellement, cela peut tenir la route. Intellectuellement, c’est une autre histoire
Hypocrisie générale? Il me semble tout de même que la famille Klur reçoit une coquette somme alors que rien n'obligeait Bernard Arnault à le faire. Et que le père de famille a eu un emploi. Pas sûr que le traitement cinématographique qui en est fait incitera d'autres gestes de ce genre
J'y suis allée en voyant les notes et les commentaires positifs car la bande annonce ne dévoile pas tout l'humour et le respect dont fait preuve ce film. J'ai été très agréablement surprise. On sort le sourire aux lèvres et une impression qu'il est possible de changer les choses. Allez y!
Ce qui est frappant à la vision du film, c’est l’instrumentalisation de la famille klur par Ruffin. On est clairement dans une mise en scène imposée de la lutte des classes. Au début, lorsqu’il les laisse parler, le couple Klur ne demande qu’à avoir un emploi face à une situation financière désespérée. Et c’est là que rentre en scène Ruffin pour mettre en place son chantage. Que dit au fond ce film ? Si vous êtes les premiers à faire du chantage ça peut passer. Les autres tant pis. Voilà un beau message d’espoir à tous les salariés licenciés
Ce film c’est un peu le Bienvenue chez les ch’tis version docu. C’est plein de bons sentiments, on sourit parfois, mais ça vole pas haut. Quand c’est de la fiction ça ne me dérange pas, mais quand on touche à la réalité sociale, c’est plus embêtant. C’est le phénomène bobo du moment à partager lors des dîners en ville. « Tu as vu ce Ruffin ? Quel personnage hein !! ». Voilà, dans qq mois il nous restera plus rien comme souvenir de ce docu insipide, alors que j’ai encore en tête Le Cauchemar de Darwin, un vrai docu, vu il y a plus de 10 ans
A mi-chemin entre le tract politique et les caméras cachées de François Damiens... Un objet cinématographique non identifié, tartiné de facilités démagogiques
J'ai appris pas mal de choses avec ce film, le journalisme pour les nuls. Alors comment qu'on fait pour s'en prendre à un grand patron? On s'achète une action pour aller à l'assemblée des actionnaires avec des moules frites #blague #humour. On écrit de fausses lettres destinées à la presse et on fait du chantage #investigation. Et l'enquête dans tout ça? On préfère laisser ça aux journalistes sérieux de la presse écrite. C'est tellement plus marrant de porter un masque de grand patron à la plage en jouant à la raquette #blague #humour
Je tiens tout d'abord à saluer la belle com de Ruffin. Car en brandissant l'accusation de censure, Merci Patron! a finalement bien marché. C'est très bien joué, et c'est sûrement le seul point positif du film. Sur le plan cinématographique, on touche le fond. Le film est digne d'un reportage de D8 de fin de soirée : une mise en scène inexistante, une narration interminable et décousue... Sur la forme, c'est pas joyeux non plus. Le fond est aussi consternant et est digne d'un tract cgtiste. On est dans la stigmatisation, le chantage, l'accusation, dans un pays qui souffre déjà de trop lourdes fractures sociales. Au revoir la complexité, bonjour le populisme ! Un travail de journaliste? J'en doute...
Ce reportage / documentaire est l'illustration intéressante de la schizophrénie qui frappe notre pays, où d'un côté on encourage les jeunes à vouloir devenir milliardaires, et de l'autre on chercher à les lyncher à tout prix. Je préfère la première option.
"Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent! C'est pire!" Ce n'est pas de moi, mais de Coluche. Et cette citation illustre bien la teneur du film, qui ressemble à un pamphlet de la gauche extrême où les riches ne sont riches que parce qu'ils ont spolié les petites gens. En oubliant un peu trop facilement combien d'autres ils en font vivre.
Il y a ce passage magnifique quand une des 2 caméras cachées s'éteint, faute de batterie, à l'instant même où l'envoyé de LVMH raconte qu'il a sorti manu-militari un perturbateur lors de la dernière assemblée d'actionnaires du groupe. Lequel perturbateur, grimé en fils de la maison, se trouve à sa gauche et se recule d'instinct sur sa chaise une demi-seconde avant que l'écran ne devienne noir. Ne restent le son et son sous-titrage parce qu'il n'est pas très net. Ce choix de préférer, au montage, garder le noir plutôt que l'image de l'autre caméra parce que, à ce moment précis, ce qui est dit est plus important - et bien plus drôle- que ce qui serait vu, est la marque que Ruffin est un véritable cinéaste même s'il s'en défend.
Merci Patron ! est à l’image de la musique des Charlots utilisée dans le film, c’est une bouffonnerie. Qui dit bouffonnerie dit forcément caricature des puissants. On est dans ce schéma, et on n’en sortira jamais. Ceux qui s’attendent à une analyse économique approfondie et pointue peuvent passer leur chemin. On est pas dans Cash Investigation ou sur Mediapart. Ici on condamne d’emblée, certes avec humour, pour un licenciement vieux de plusieurs années et dont on ne fera qu’effleurer les causes. C’est long, laborieux, pas toujours inspiré, parfois de mauvais goûts et surtout, pas très instructif. Grosse déception…