Ce petit film indépendant américain est une petite pépite à regarder si vous savez faire preuve de patience.
Le film s’articule sur les relations étranges et ambigües entre deux étudiantes vivant dans un quartier huppé des États-Unis.
La première Amanda, a le profil du sociopathe ordinaire, un peu manipulatrice, incapable de la moindre émotion et venant de mutiler son cheval, dont la blessure l’empêchait de refaire de l’équitation.
Et de l’autre, Lily, une jeune femme brillante et au futur tout tracé, à ceci-près que son beau-père l’insupporte au plus au point.
La rencontre de ses deux jeunes femmes que tout oppose est intéressante à voir.
Le film a un rythme long, de longs plan-séquences entre les deux héroïnes, des passages plus courts et brefs voir expéditifs avec les parents de Lily.
Le thriller est étiré au maximum, faisant peser tout le poids du film sur les scènes entre les deux jeunes actrices, qui excellent à merveille dans leurs rôles, une vraie découverte de ces deux futures grandes actrices (je l’espère pour elles).
Les choix du décor, ce manoir gigantesque au bord de l’eau, qui devient un personnage du film, à l’instar des pavillons d’un slasher.
On appréciera le choix toujours juste de la caméra, des légers travelings, du choix des lumières, qui donne une tonalité toujours adéquate aux scènes.
Le final est dans la lignée du long-métrage : jamais nous ne verrons le passage à l’acte, entièrement suggéré.
Idem pour l’épilogue, où le réalisateur montre le nouveau quotidien des deux femmes, avec la voix-off d’Amanda. Jusqu’à la fin, le réalisateur veux préserver la candeur de ses héroïnes, leur pureté, et l’image douce et inoffensive qu’elles renvoient.
Un film très classique sur sa forme et son fond, mais réalisé d’une main de maître, laissant le champ-libre à toute la justesse de son casting.
Certes pas un grand film, mais un indé classe et tout en subtilité et douceur. Un petit moment de cinéma, rien que çà.
Cela m’a rappelé le très bon mais plus sombre Un élève doué (1998) de Bryan Singer.