758 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
83 critiques spectateurs
5
7 critiques
4
38 critiques
3
27 critiques
2
10 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Renard des surfaces
5 abonnés
39 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 14 décembre 2017
Il fallait donc que ce soit sur un regard caméra qu'Harry Dean Stanton alias Lucky devait nous quitter ? Puis le désert l'éloignement, les derniers pas. C'est presque comme si lui-même savait que ce dernier sourire était l'appel pour le sommeil éternel. Car Lucky n'est même plus un personnage, il y a transparence avec l'acteur lui-même, un acteur qui a conscience de sa mort à venir et de la finitude humaine, en cela je pense immédiatement à la magnifique scène du banc de l'épisode 6 de la saison 3 de Twin Peaks qui là encore symbolise d'une manière simple et naturelle le repos éternel. Cela dit, le film ne se cantonne pas à vouloir faire passer ce message d'une mort inévitable aussi facilement. Au contraire, il se dégage une simplicité dans ce film, les personnages sont simples et par là même authentiques (même notre David Lynch à la recherche de sa tortue terrestre ), le lieu reste ce petit village d'un désert qui semble couper de tout (même de téléphone portable, il me semble pas en avoir vu à part dans une scène) et pas d’hybris à relever. C'est pourquoi les dialogues ne cherchent pas à dégager une leçon morale toute faite, on est juste amener à suivre la beauté d'un certain cynisme qui se dégage chez Lucky. Un film simple en somme mais touchant. J'aime ce genre de film où on veut pas nous donner de leçon de vie mais juste suivre « comme ça » les dernières déambulations de Stanton murmurant à coups de « bullshit » la clope à la bouche un peu même si c'est dans un autre univers le Paterson de Jarmusch. Cependant, il y a quand même une trame narrative qui se dessine, il y a bien voyage d’initiation pourrait-on dire même dans ce lieu clos. En effet la solitude de Lucky qui trouve son acmé à la suite d'une vilaine chute et de la séance chez le médecin qui s'ensuit se transforme au fur et à mesure en prenant conscience des autres qui sont tout aussi mélancolique que lui et qui ne recherchent qu'un peu d'amour. Mais là encore sans pathos. Car Lucky c'est à la fois le sage et l'enfant. On entre dans son passé avec une grande intimité et pudeur comme si Stanton se refusait au jeu de l'autobiographie, ce qui compte c'est le maintenant, l'habitude peut-être pour notre personnage. Bon je dois bien l'avouer je n'ai pas pu m'empêcher de verser ma petite larme à la fin du film d'autant plus qu'Harry Dean Stanton était (est) mon acteur favori La musique espagnole et les coups d'harmonica n’arrangeant pas les choses. J'ai eu du mal à sortir de la salle. J'avais tellement envie que Lucky revienne faire quelques exercices de yoga et nous montrer son si joli sourire de vieux bonhomme qu'on aimerait prendre dans ses bras. Merci Lucky pour ce cadeau impérissable !
Quand un acteur (John Carroll Lynch) passe derrière la caméra pour filmer un autre acteur (Harry Dean Stanton qu’on a pu voir, entre autres, dans « Paris, Texas » de Wim Wenders), cela donne une œuvre toute de finesse et se parant de subtiles teintes élogieuses. Non pas qu’il soit question ici de statufier qui que ce soit, pas même l’acteur principal du film (mort peu de temps après le tournage). Non, il s’agit plutôt de goûter à deux formes d’éloge qui sont aussi deux manières d’appréhender la vie, deux sagesses si l’on veut, l’une prônant la lenteur, l’autre se dévoilant comme un simple sourire. La lenteur, c’est celle de Lucky, joué par Harry Dean Stanton, qui, à son âge, n’a guère d’autre choix que d’opter pour un rythme apaisé. Manifestement, chacune de ses journées ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qui précède autant qu’à celle qui suivra. Tout semble codifié et immuable, du lever au coucher, en passant par la toilette, les exercices de yoga, le café, les cigarettes, l’épicerie, les mots croisés et les shows télévisés. Dans une vie comme celle de Lucky, il n’y a plus grande surprise à attendre et il vaut mieux prendre le temps de tout apprécier, y compris même une invitation à un goûter d’anniversaire où le voilà qui chante une chanson mexicaine ! Rien qu’une petite variation pour rompre un peu la routine, à l’exemple d’un autre mini événement qui ne concerne rien moins que la disparition d’une tortue ! Le reptile (symbole de lenteur s’il en est) a trouvé le moyen d’échapper à la vigilance de son propriétaire (joué par David Lynch) et de disparaître dans la nature aride de ce coin de Texas. On a beau être lent, cela n’empêche pas d’avoir des velléités de liberté ! Ah ! Si ! Il reste encore un événement qui s’invite pour perturber le train-train de Lucky. Car le voilà contraint de se laisser examiner par son médecin après avoir fait une chute soudaine et inexpliquée à la maison. Cela étant, le docteur ne lui trouve rien de déficient et lui conseille même de continuer à fumer ! A son âge, après tout, à quoi bon abandonner ce plaisir ? Bien que remis de sa chute, Lucky ne s’encombre d’aucune illusion, il sait qu’il n’en a plus pour bien longtemps. Et, pour lui qui affirme ne pas croire en l’âme, il n’y a rien à espérer de plus que la vie présente. Tout passe, tout est éphémère, comme il l’affirme, et il vaut mieux sourire que se lamenter. C’est ce que l’on retient de cet homme : son sourire. Que l’on partage ou non son scepticisme, qu’importe ! Tout ce qui compte, c’est qu’on a affaire à un beau personnage.
Chouette film vraiment pour ce dernier clin d'oeil d'Harry Dean Stanton qui trouve ici un superbe dernier rôle devant forcément l’interpeller quelque part. Premier long métrage de John Carroll Lynch, type déjà repéré pour sa tronche de psychopathe, qui en passant derrière la caméra fait juste ici pile-poil dans la cible, avec ce "road-movie" sans véritable voyage, si ce n'est celui du temps qui file - d'une la vie qui inéluctablement vous échappera tout bientôt. Ça pourrait être mélodramatique - pathos à gogo - etc... or c'est tout l'inverse : drôle - léger - acide mais aussi tendre & lumineux. Film dont le billet devrait être remboursé par les caisses de retraites et à mon sens vivement conseillé à ceux qui aimaient retrouver Harry Dean Stanton, ici entouré de quelques vieux routiers très efficaces. A voir vraiment sans modération !
Un vieux philosophe dans un long-métrage intimiste. C’est le récit d’un cow-boy solitaire qui vit de manière monotone dans une bourgade au milieu du désert. Stanton apporte son charisme unique au personnage, transcendant un récit sobre et subtil. C’est un film généreux et intelligent sur la vieillesse dont on ne ressort pas indifférent.
Il y a quelques mois, l'immense Harry Dean Stanton nous a quittés. Une grande perte pour le septième art. Mais juste avant de tirer sa révérence, le comédien nous a offert un chef-d'œuvre, un film dans lequel il a tutoyé la perfection absolue de son art. Lucky, c'est la chronique crépusculaire d'un homme qui a vieilli et qui déambule aujourd'hui dans sa petite bourgade du fin fond de l'Amerique. C'est aussi le portrait d'un vieux cow-boy solitaire qui fait parti d'un ancien temps révolu, un ancien temps archivé par l'Amérique moderne. Entre drôlerie, truculence et émotion, *Lucky* est un bijou, une merveille proposée par l'acteur John Carroll Lynch. Et si Stanton raflait un Oscar à titre posthume ?
Rares sont les acteurs très âgés à qui on offre de participer de leur vivant à un film hommage quelques mois avant leur disparition. C’est ce qui est arrivé à Harry Dean Stanton grâce à l’action conjointe de 3 comédiens et d’un réalisateur : les comédiens Logan Sparks et Drago Sumonja se sont métamorphosés en scénaristes pour raconter l’histoire d’un personnage ressemblant beaucoup à Harry Dean, le comédien John Carroll Lynch a récupéré ce scénario pour réaliser son premier film et le réalisateur David Lynch a fait l’acteur aux côtés de Harry Dean. Quelques mois plus tard, le 15 septembre 2017, le mythique acteur de "Paris, Texas" s’est éteint à Los Angeles, à l’âge de 91 ans.
Bien qu’il soit persuadé d’être un solitaire qui n’a besoin de personne, bien que se montrant le plus souvent bourru et mal embouché, râleur et nihiliste, Lucky est un personnage incontournable de la bourgade qui l’abrite, en plein désert de l’ouest américain. A 90 ans, il continue de fumer comme un pompier et passe une bonne partie de son temps à écouter des jeux radiophoniques et à faire ses mots croisés. Pour se maintenir en forme, il marche et fait plusieurs fois par jour des exercices de yoga en écoutant de la musique mexicaine. Quant à sa vie sociale, on en a vite fait le tour : le bar tenu par Joe et dans lequel il se rend régulièrement et un semblant de relation avec une famille d’origine mexicaine.
Et puis, un beau jour, voilà Lucky qui s’effondre au cours d’un exercice, ce qui justifie l’intervention du docteur du village. Rien de bien grave et cette sentence de la part du médecin : « Je ne te conseille pas d’arrêter de fumer, ça te ferait plus de mal que de bien ». Toutefois, pour Lucky, les choses deviennent claires : la fin est proche, il faut la préparer, il est peut-être temps de connaître la peur et d’adoucir son comportement.
L’histoire que raconte Lucky peut apparaître comme étant d’une grande simplicité : l’histoire d’un vieil homme qui tient à faire croire qu’il est désagréable mais qu’on ne peut s’empêcher de trouver terriblement attachant. En fait, au milieu de cette apparente simplicité se cache, mine de rien, une grande richesse de détails allant du croustillant à des réflexions philosophiques sur la vie, sur la mort ou sur l’amitié.
Film abordant avec une grande sérénité et beaucoup d’humour l’arrivée inéluctable de la mort, "Lucky" donne aussi une vision idyllique d’une Amérique « dé-trumpisée » dans laquelle toutes les communautés vivraient en bonne harmonie : dans ce bled dans lequel la majorité de la population est blanche, Joe, le patron du bar, est noir et la communauté d’origine mexicaine vit en bonne intelligence avec le reste du village.
Pour sa première réalisation cinématographique, l’acteur John Carroll Lynch frappe un grand coup : "Lucky" est un film qui traite de sujets graves avec légèreté et finesse , un film qui montre les Etats-Unis tels qu’on voudrait qu’ils soient, un film qui se déguste, un film qui ne manquera pas d’accompagner très longtemps les spectateurs. Quant à Harry Dean Stanton, grand acteur presque toujours cantonné dans des seconds rôles, le merveilleux cadeau que lui ont fait ses amis lui permet de quitter la scène avec son plus beau rôle, le sien, en quelque sorte !
Lucky a quatre-vingt-dix ans. Il occupe son quotidien entre ses passages au bar pour voir les amis, ses mots croisés, ses émissions télévisées, son verre de lait et ses cinq exercices de yoga. Mais au fond Lucky se sent bien seul et a peur de la mort qui approche. Premier long-métrage de l’acteur bien connu John Carroll Lynch, Lucky est un film bouleversant sur l’authenticité de l’âge. La mise en scène et en musique est poétique et offre une belle métaphore sur les derniers instants d’une vie. Mais si le film est autant poignant, c’est grâce à l’immense Harry Dean Stanton qui part par la grande porte en nous offrant cette sublime prestation avant sa mort en septembre 2017. S’il n’a jamais été très bon devant la caméra, c’est également un plaisir inestimable de rencontrer David Lynch lors de quelques séquences au bar. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
film magnifique! je l'ai vu ce matin au festival de Saint Jean de Luz; Le film est une réflexion sur la destinée humaine en même temps que sur les Etats Unis; Harry Dean Stanton joue merveilleusement le rôle d'un vieux cow boy de 90 ans qui habite une petite ville perdue au milieu du désert; la musique est très belle aussi, la prestation des acteurs épatante... Et le film est un message d'espoir et d'optimisme!