Cargo
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FaRem

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3,5
Publiée le 18 mai 2018
À la base "Cargo" est un court-métrage, un très bon court-métrage sorti en 2013 qui mettait en scène un père infecté qui mettait tout en oeuvre pour sauver sa fille. Une belle et triste histoire à la fois qui était parfaite pour ce format court donc tout l'intérêt de ce film était de savoir si l'adaptation en long-métrage allait tenir la route ce qui n'est pas toujours évident. Pour moi, la réponse est oui ! Avec quelques nouveaux éléments par rapport au court-métrage, Ben Howling et Yolanda Ramke sont parvenus à rendre cette histoire plus riche et plus profonde sans dénaturer ce qui faisait le charme du court-métrage. Le début de l'histoire nous plonge directement dans le vif du sujet avec comme on le comprend une situation désespérée pour l'espèce humaine qui dure depuis de nombreuses semaines puisqu’on remarque certains détails (kit de contamination ou autre) qui montrent qu'il s'est passé énormément de choses depuis le début de cette crise et que certaines choses ont été tentées en vain. On suit donc ce couple qui va tout faire pour préserver leur petite fille. Lorsque Andy est infecté, il ne lui reste que quelques heures pour mettre à l'abri sa fille. Sur sa route, il va rencontrer certaines personnes seulement, toutes ne sont pas de confiance. "Cargo" n'est pas un simple film de zombies, on peut d'ailleurs parler davantage d'infectés qui ont quelques caractéristiques originales, mais plutôt un drame dans un cadre quasi post apocalyptique même si l'on ne s'en rend pas compte puisque le film se déroule dans la nature. Il n'y a pas beaucoup d'action, ce n'est pas non plus violent sur le plan visuel par contre, ça l'est dans les faits entre les gens désespérés qui font de terribles choix et ceux qui utilisent la crise comme prétexte pour faire des horreurs et n'éprouvent plus une once d'humanité. C'est cette humanité mise à rude épreuve qui est au centre de ce drame humain qui utilise les codes de l'horreur comme un tremplin pour une histoire plus personnelle sur l'amour, le deuil, la paternité et la famille. "Cargo" est un bon film, un beau road-movie avec une histoire attendrissante qui ne réserve néanmoins aucune surprise si l'on a vu le court. C'est d'ailleurs pour cela que je garde ma préférence pour le court-métrage qui m'avait surpris et touché, mais ce film est quand même une réussite.
RedArrow

1 884 abonnés 1 687 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2018
Andy est condamné. Dans les 48 heures qui suivront sa morsure, il ne sera plus qu'une carcasse sans âme déambulant parmi tous les autres infectés d'une épidémie qui a transformé l'Australie en terre peuplée de morts-vivants. Mais il doit encore tenir ces quelques heures, résister et lutter contre l'apparition des premiers symptômes pour elle, pour Rosie, sa fille encore bébé, afin de lui trouver un refuge...

Adapté de leur propre court-métrage de 2013, "Cargo" de Ben Howling et
Yolanda Ramke fait partie de ces rares films de zombies qui, sans prétendre révolutionner le genre, réussissent à fondre ses incontournables ressorts dans un nouveau contexte pour y apporter un regard neuf.
Ici, la contamination de l'Australie semble être un mal nécessaire et inévitable, comme si ce fléau était l'apothéose des souffrances endurées par son peuple natal et qu'il nettoyait leurs terres de la présence occidentale telle une punition divine. Les aborigènes, leur civilisation et leurs croyances, semblent en effet renaître face à l'épidémie, devenant une sorte de recours ultime que la modernisation de la société avait trop longtemps cherché à museler, conduisant par là même à sa propre perte par son ignorance. Mais ce que "Cargo" s'évertue à nous démontrer c'est que, même dans la désolation la plus totale, un pont est toujours possible entre ces deux mondes si l'ouverture et la compréhension sont ses fondations. Il s'incarne évidemment ici dans la rencontre entre Andy et une fillette aborigène, Thoomi.
D'un coté, Andy se refuse à baisser les bras face à son sort funeste inévitable pour protéger sa fille, de l'autre, Thoomi n'accepte pas d'abandonner son père, un aborigène ayant épousé les moeurs de la société moderne et contaminé par l'infection, afin de rejoindre sa mère qui, elle, a embrassé pleinement les origines de son peuple. La rencontre entre ces deux êtres que la superficialité des apparences oppose mais dont la plus profonde nature est bâtie sur les mêmes intentions passera d'abord par un affrontement contre un être monstrueux, paroxysme du mal australien, qui prefère ne voir aucune once d'humanité chez ces natifs en les considérant comme de simples animaux juste bons à être enfermés en cage et qui continue à piller le reste des ressources du pays pour s'assurer une position dominante pour un potentiel "après".
L'alliance d'abord forcée entre Andy et Thoomi face à cet adversaire cristallisant tous les maux australiens sera la véritable boussole vers un futur meilleur de "Cargo", film crépusculaire traversé d'une désespérance presque constante induite par les conditions insurmontables de son héros et d'un pays au passé ayant volontairement omis ses origines. Ce pessimisme ambiant semblant se confondre avec les sublimes paysages du bush australien habitera encore pendant un moment ces deux personnages, il faudra qu'Andy soit confronté à sa nemesis de figure paternelle lors d'une séquence glaçante et que Thoomi retrouve toute la force de l'amour d'un père pour sa fille dans les yeux d'Andy posés sur la petite et touchante Rosie (aaah, son "dad...daddy" irrésistible, elle prétend clairement au titre de bébé le plus mignon du monde !) pour que leur relation prenne véritablement corps et dégage un déferlement d'émotions par l'ouverture de ces deux êtres l'un à l'autre qui ne quittera désormais plus le film, allant même de façon croissante jusqu'à exploser dans une conclusion magnifique où les larmes se partagent à l'intensité dramatique du sort inéluctable d'Andy.

Vu sa qualité, "Cargo" méritait sans mieux qu'une simple sortie sur Netflix. Un film de zombies (à noter que le mot n'est pas prononcé une seule fois mais il s'agit bel et bien de zombies et non d'infectés qui courent dans tous les sens) avec une telle intelligence construisant une critique sociétale basée sur l'histoire chaotique de tout un pays, où l'émotion sait apparaître avec parcimonie pour tout emporter sur son passage, où une certaine générosité en péripéties et un dépaysement total parviennent habilement à contrecarrer le sentiment de se retrouver en terrain archi-connu propre à ce type de film, et, enfin, porté par deux interprètes simplement formidables (Martin Freeman, un choix judicieux pour un tel personnage se révélant dans l'adversité, est parfait et la petite Simone Landers transpire le naturel), aurait au moins dû connaître les honneurs du grand écran pour rendre pleinement justice à sa qualité. Surtout lorsqu'il s'agit, et on peut le dire sans trop s'avancer, probablement du meilleur film de ce genre que l'on verra cette année. À découvrir absolument.
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