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Avant que nous disparaissions
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Carlos Stins
88 abonnés
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3,0
Publiée le 17 mars 2018
"Avant que nous disparaissons", titre poétique pour une oeuvre inclassable qui en déroutera plus d'un, moi le premier. Kurosawa est un réalisateur que j'affectionne, notamment pour sa capacité à étudier en détail la psychologie de l'être humain que ce soit au travers de film d'horreur ou bien de drama mais, sur ce film, je dois avouer que je n'ai pas vraiment saisis où le cinéaste japonais voulait en venir. On retrouve cette volonté de critiquer les travers de la société japonaise par les actions de ses personnages et d’étudier le caractère paradoxal de l'être humain mais je dois dire que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre les motivations de ses personnages. Beaucoup agissent de manière irrationnelle et le film peut paraître incohérent tant il est compliqué d'en saisir les enjeux. Kurosawa mélange la science-fiction, l'horreur et l'humour pour un résultat hybride et trop disparate à mon goût. Le film commence par créer du mystère mais le changement de ton constant qu'il adopte le dessert dans la mesure où il perd le spectateur. Kurosawa n'en demeure pas moins un metteur en scène de talent doublé d'un grand directeur d'acteurs et certaines scènes marchent d'ailleurs très bien, profitant d'une bande originale de qualité. L'ensemble reste à mon goût trop inégal et compliqué à appréhender même si j'ai pris un certain plaisir à suivre ce film.
Ravi de voir ce film distribué près de chez moi, bien que j'en suis plutôt déçu. Le suspens des premiers plans est assez bien géré, avant qu'on s'embourbe dans une histoire statique. Néanmoins, les thèmes abordés sont intéressants, le film met en exergue les concepts construits par l'humain et la façon qu'ils ont d'influencer sa vie. Ce film permet de redéfini qui on est et de se demander pourquoi nous agissons de telle ou telle manière. J'ai un coup de coeur pour cet hommespoiler: qui sort de chez lui et parle sur la place publique quand on lui vole la notion de propriété. Ce qui est appréciable, dans ce film, c'est qu'on réussi à nous parler d'invasion, de chaos et de fin du monde, sans course-poursuite, sans monstre, sans adrénaline, sans bombe désamorcée à la dernière seconde, presque sans effets spéciaux (le peu d'effets spéciaux étant complètement ratés, mais ça a son charme). C'est un traitement beaucoup plus minimal de la catastrophe, qui change des production hollywoodiennes auxquelles on est bien trop habitués !
Pendant assez longtemps, presque toute sa durée, Avant que nous disparaissions ressemble à une sorte de parodie de la vieille série Les envahisseurs, sans David Vincent, toutefois. Impossible dès lors de le considérer comme un film fantastique mais plutôt comme une oeuvre qui joue avec certains du code du genre, avec un esprit tantôt ludique, tantôt burlesque, tantôt mélodramatique. Le mélange est assez étonnant, même venant d'un cinéaste comme Kiyoshi Kurosava, et assez détonant pour peu que l'on soit sensible à un type de poésie (faussement) naïve. Rien de spectaculaire dans tout cela, hormis l'espace de deux ou trois scènes et quelques longueurs surtout dans sa première partie sont à mettre au débit du film. Mais rarement on a vu un sujet comme l'approche de la fin du monde via une invasion extraterrestre relatée avec une aussi triste sérénité, rappelant dans un traitement totalement différent l'excellent Le jour où la terre s'arrêta de Robert Wise. Evidemment, derrière ce thème pré-apocalyptique se dissimule une analyse cruelle de la marche de la société et du conditionnement des individus qui la composent avec tous les concepts qui font fonctionner vaille que vaille la race humaine. Et plus avant, la physiologie et les dysfonctionnements d'un couple. De ce point de vue, l'idée que L'amour est une arme de construction massive et un espoir pour l'humanité n'est sans doute pas un scoop mais venant après tout un tas de péripéties qui obéissent à une logique délicieusement absurde, elle ne manque pas de sel dans sa suave simplicité et candeur. Avant que nous disparaissions marque en tous cas un renouveau de Kiyoshi Kurosawa après les décevants Creepy et Le secret de la chambre noire.
Cette nouvelle version des bodysnatchers intrigue, passionne, et déçoit énormément, car hélas Kyoshi s'emploie dans une interminable deuxième partie de ce trop long film à détruire, à force d'absurdités et de légèreté, tout le mystère qu'il s'était employé à créer
Avant que nous disparaissions est un pur divertissement à la japonaise avec son humour, son thriller et ses moments d’émotions. Il s’agit d’une adaptation d’une pièce de théâtre parodique qui imagine l’invasion de la Terre par des extraterrestres. Ces derniers prennent vie dans le corps de personnes et volent certains concepts de l’être humain en appliquant leurs doigts sur le front de ceux-ci. C’est alors que le cinéaste se sert de cette idée pour jouer avec les mots en donnant des définitions pleines de sens à la propriété, à la famille, au travail, au moi intérieur ou aux autres. Mais que se passe-t-il quand l’homme n’a plus conscience de ces notions ? Le film tente de démontrer ces absences psychologiques intérieures avec humour mais n’y parvient pas. Son bâclage se concrétise avec la notion de l’amour censée pouvoir tout sauver. Sélectionné en compétition Un Certain Regard au Festival de Cannes 2017, Avant que nous disparaissions est un drame fantastique pleins d’idées mais trop nébuleux pour être concret. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44