Compañeros
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vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 avril 2019
Les films sur les méfaits des dictatures militaires en Amérique du Sud, souvent appuyées par la main discrète de la CIA, sont nombreux et Wikipedia en recense plusieurs centaines, tant documentaires que de fiction. Pourtant, au contraire de l’Argentine, du Chili ou du Brésil, l’Uruguay n’est que peu représenté, à l’exception notable d’Etat de Siège de Costa-Gavras en 1972. Compañeros commence lui, en 1973 et nous raconte la lente agonie d’une poignée de prisonniers « politiques » jetés dans des geôles abjectes pendant une «  nuit de 12 ans », c’est le titre original. Voilà pour l’histoire. Basé sur le récit d’un des prisonniers, la saga est d’évidence à la gloire de ces militants qui doivent d’avoir survécu à cet enfer grâce à un moral d’acier, au soutien à l’extérieur des familles, et à l’aide très discrète de quelques rares intervenants au sein des prisons militaires. Pour la partie cinématographique, le bilan est moins glorieux. Les jours s’ajoutent aux jours et il y a peu d’évènements qui permettent de meubler un film de plus de deux heures. La scène de l’arrestation - au mitan du film - donne un peu d’air au spectateur de même que la longue mais bienvenue sortie de prison. Si le contexte est sans doute très explicite pour le spectateur uruguayen, il m’aurait paru nécessaire de disposer d’un contrepoint plus précis sur la nature de cette dictature militaire qui est très circonscrite au monde pénitentiaire dans le film, ainsi que sur les agissements de ces braves Tupamaros qui n’étaient peut-être pas les agneaux qu’on nous présente, gentils pères de famille, jamais en colère et sûrs de leur victoire finale.
pedro Toulouse
pedro Toulouse

4 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 avril 2019
Un trio d’acteurs époustouflants qui nous raconte la triste histoire des démocraties latino-américaines, des aspirations démocratiques et de liberté étouffées. Des histoires personnelles qui donnent au récit de l’Histoire une dimension de vertige absolu. Tant de cruauté, de barbarie. L’insupportable, l’impensable rendus possibles par ces petites mains qui donnent corps aux dictatures. On se rappelle de Garaje Olimpo de Marco Bechis. A voir absolument à l’heure où les nostalgiques de Franco reprennent du poil de la bête
leobis
leobis

71 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 avril 2019
Encore un film sur une histoire vécue, remarquablement mis en scène. Les trois acteurs sont excellents et nous laissent pantois devant les scènes de torture morales que les vrais personnages ont du endurer durant la dictature militaire
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 12 octobre 2019
Un film singulier tant dans sa structure que sa réalisation. Quasiment un huis clos, pas vraiment un film de prison, mais plutôt un film sur la résistance humaine, la persévérance et la résilience. Je regrette cependant que la trajectoire des trois personnages principaux ne soit pas plus évoquée et mise en avant.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2019
L'affiche est sobre, d'une blancheur macabre, provoquant presque un effet repoussoir. On craint le film politique, bavard, dont on manquera des clés pour cerner l'enjeu historique. En réalité, "Compañeros" est tout autre. Dès les premières séquences qui montrent avec génie, malgré l'évidente pénurie des moyens, depuis la tour centrale d'une prison, un monde qui s'effondre. Nous sommes en Uruguay, en Amérique du Sud, dans ce continent lointain dont la musique latine et rythmée et le fétichisme touristique nous feraient presque oublier les années de tyrannies et l'horreur humaine dont a été capable le pays.

"Compañeros" est le récit tragique d'une prise d'otage de trois hommes qui durera plus de dix ans. C'est une prise d'otage particulière, car elle est commanditée par un Etat militaire qui craint la rébellion. A travers ces trois hommes, le cinéaste décline les pires tortures morales, psychologiques et physiques dont un pays peut se rendre coupable. Mais le cinéaste décrit le formidable appétit de vivre qui caractérise ces hommes déchus que les militaires promettent à la folie. Ils s'inventent des langages, ils recherchent des espaces de vie même minuscules au milieu du dénuement et de la brutalité qu'on leur impose. Le film se transforme alors en un véritable hymne à la vie, à la poésie et à l'amour. On vibre avec ces trois héros et notre regard devient une béquille humaine face à la barbarie la plus épouvantable.
Paul F.
Paul F.

13 abonnés 246 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2019
Contrairement à ce que l’on pourrait penser il ne s’agit pas ici d’un film politique, il n’y a pas d’interrogatoire, pratiquement pas de questions, pas de jugement. Bien sûr la base est politique, mais ce que veut nous montrer le réalisateur c’est la résistance de ces trois personnes, qui ne sont plus des prisonniers mais des otages, en réalité, et dont les militaires ne savent pas vraiment quoi faire. Privations, torture psychologique, enfermement et isolement total ; tels sont le quotidien de ces trois militants, opposants politiques, ici, et de bien d’autres on s’en doute. Un très bon film. Les deux heures sont vite passées comparés aux 12 années d’enfermement qu’ont vécus ces gens.
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2019
Un hommage poignant à la résistance face aux exactions et au libre arbitre des juntes militaires (sud-américaines) ayant participé aux guerres sales dans les années 70...

AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2019
Trois hommes emprisonnés sans procès puis torturés pendant 12 ans. Alvaro Brechner a choisi de ne pas aborder l'aspect politique, de ne pas expliquer l'histoire uruguayenne, des luttes sociales et le coup d'Etat de 1973. Seul l'enfermement de ces hommes l'intéresse avec la volonté de faire partager la souffrance de ces hommes. Le projet est noble, Alvaro Brechner est talentueux, c'est indiscutable, malheureusement il se heurte au même mur que les réalisateurs qui l'ont précédé : aucun son, aucune image ne pourra faire ressentir leur souffrance aux spectateurs confortablement installés dans leur fauteuil. Seuls Laszlo Nemes ou Gaspard Noé pourraient y prétendre. Le propos est fort, le film mérite d'être vu mais il pêche par excès d'esthétisme et c'est bien dommage.
William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2019
Certes Companeros n'est pas un "feel good movie" loin de là, mais ce n'est pas une raison pour ne pas avoir conservé le titre original "la nuit de douze ans" beaucoup plus explicite. Ce film urugayen décrit les affres subis pendant douze ans d'enfermement par trois activistes d'extrême gauche du groupe Tupamaros. La junte militaire au pouvoir en Uruguay dans les années 70/80 entend les briser, pour, on suppose, les conduire au suicide; elle ne parviendra pas à ses fins. Le film se réfère explicitement à Kafka pour relater cette terrible histoire, avec tout ce qu'elle comporte de situations absurdes. On pense bien sûr à Midnight express, en plus "intellectuel". Le film peut être considéré comme une ode au courage et à la résistance des hommes face à la barbarie. Il fallait bien deux heures pour montrer cela; elles ne m'ont pas paru longues. En prime une déchirante version (dans le contexte) du Sound of silence de Simon et Garfunkel, interprétée par Silvia Perez Cruz qui joue dans le film. Hautement recommandé.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2019
Un joli film politique qui me rappelle l’esprit militant de Costa Gavras.
Même si on se souvient hélas des drames du Chili (Pinochet) et de l’Argentine (après Peron), les Tupamaros et l’Uruguay étaient flous dans ma mémoire.
Au delà de « l’Histoire » , la torture, l’esprit de résistance,
le film est parfois lyrique, poétique, dur et éprouvant.
Un film fort, plein d'Elan !
Le sujet est si puissant qu'on oublierait de parler de la forme! Des geôles qui effraient, des comédiens convaincants...et Soledad Villamil, qu'on a tant aimé "Dans ses yeux" avec Ricardo Darin....
thenewchamp
thenewchamp

56 abonnés 366 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 avril 2019
Le film traite des conditions de detentions de trois "rebelles" qui ont un jour decider de renverser le gouvernement en place et ont par consequence été placé en prison. Le film est bien tourné, on a l impression de vivre leurs conditions de détention cependant je n ai pas aimé que le film soit centré uniquement sur cet aspect. C est dommage on passe pas assez de temps sur l avant ou l apres prison ni même la situation politique de l'Uruguay ...
Les choix de pauline
Les choix de pauline

161 abonnés 270 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2020
A aller voir absolument !!
Un immense film sur l’enfermement, sur la force de résistance, la résilience et la fraternité. Thème qui reste tellement actuel.
Film tragique et pourtant lumineux, plein d’espoir et terriblement humain. Qui alterne descriptions cruelles et absurdes de l’incarcération et beaux moments oniriques plein d’humanité.
Je ne vais pas vous mentir , ce film m’a cloué à mon fauteuil. L’émotion y est intense mais salvatrice.
Je n’ai pas pu m’empêcher d’applaudir quand l’écran est devenu noir entraînant toute la salle avec moi.
Allez y tant que le film est en salle .
Et après allez vous faire une petite comédie!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 avril 2019
La plongée dans cette Uruguay sous dictature est particulièrement prenante. On sort de ce film avec l’esprit chamboulé. La divergence des avis politiques est-il suffisamment justifié pour permettre ce traitement des etres humains ?
Au final, c’est un film humanisant, qui nous rappelle ce passé dictatorial et qui nous amène à réfléchir sur l’avenir du monde que nous menons...
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 avril 2019
Si l'histoire est édifiante, sa mise en scène reste boursouflée du début à la fin. L'interprétation permet de suivre ce (trop) long récit sans ennui mais le surlignage continuel des horribles conditions de détention des trois prisonniers et l'absence de variation dans la réalisation finissent par lasser quelque peu. Nonobstant, le destin hors norme de Pepe Mujica, homme d'exception à bien des titres, mérite que l'on fasse le déplacement.
cameradine
cameradine

23 abonnés 90 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 avril 2019
Après le coup d’état de 1973 en Uruguay, trois hommes, José « Pepe » Mujica, Eleuterio « Ñato » Fernández Huidobro et Mauricio « Ruso » Rosencof, trois Tupamaros (pour faire court, des militants d’extrême-gauche) sont, comme de nombreux autres prisonniers politiques, gardés comme otages par la junte militaire au pouvoir, et leur calvaire va durer douze longues années. Ce film évoque leur histoire. Ce n’est pas un documentaire sur la dictature (moins connue au demeurant que celles du Chili ou de l’Argentine), car on reste vraiment au plus près des trois personnages principaux, qui sont coupés du monde pendant plus d’une décennie. Plutôt que de filmer des scènes spectaculaires, le réalisateur s’attache à montrer la torture psychologique qu’ils ont subi, privés de tout ce qui fait la dignité humaine : isolés 24 heures sur 24 dans des cachots minuscules et sordides où la lumière du jour n’entre jamais, mal nourris, dans des conditions hygiéniques déplorables, avec l’interdiction de lire, écrire, ou communiquer avec qui que ce soit… les mots sont insuffisants face à la réalité. Mais si ce résumé vous donne envie de fuir, rassurez-vous : le film ne se résume pas à un huis clos glauque pour spectateurs masochistes. L’horreur ne parvient jamais à effacer complètement l’humain, qui se manifeste au travers de différentes scènes : les brèves rencontres avec les familles, très émouvantes, les parties d’échecs en morse entre Ruso et Ñato, et plus surprenant encore, le lien qui se créée presque malgré lui entre Ruso et l’un de ses geôliers… Et comme l’humour est tout ce qui reste dans les situations les plus désespérées, il y a même quelques scènes drôles (peu, mais il y en a) ! Si le scénario suit la chronologie de l’histoire, il n’est jamais linéaire, ménageant des flash-back mais aussi des scènes étranges relevant du délire psychotique de Pepe, qui sombre dans la paranoïa. En deux heures il n’y a aucun temps mort ! Les trois acteurs principaux (Antonio de la Torre, Chino Darín et Alfonso Tort) sont excellents, dévoués corps et âmes à leur rôle. Enfin, la réalisation est d’une maîtrise remarquable : le plan d’ouverture, littéralement étourdissant, vous fait entrer d’emblée dans le film, et le montage parallèle entre Pepe, Ñato et Ruso est très efficace. En un mot comme en cent : magistral ! Probablement un des films les plus forts de l’année !
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