The Souvenir - Part II
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Yves G.

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2,0
Publiée le 6 février 2022
Julie est une jeune étudiante en école de cinéma. Fille unique d’un couple déjà âgé de riches propriétaires terriens, elle habite un vaste duplex dans un des quartiers les plus huppés de Londres.
Julie s’éprend d’Anthony, un homme plus âgé qu’elle, qu’elle accueille dans son appartement et qui y vit bientôt à ses crochets. Anthony, qui prétend travailler au ministère anglais des affaires étrangères, se révèle être un mythomane et un héroïnomane.

"The Souvenir" est un film largement autobiographique tourné en 2019 par Joanna Hogg à partir d’un épisode tragique de sa jeunesse dans les années 80. Il est constitué de deux parties, presqu’autonomes, qui, comme leurs belles affiches, se font miroir. La première se focalise sur la liaison entre Julie et Anthony. La seconde raconte comment la jeune étudiante en cinéma fera de cet idylle tragique le sujet de son film de fin d’études.

Si l’on visionne ses deux parties à la suite l’une de l’autre, "The Souvenir" dure donc près de quatre heures. Ce n’est pas rien. Et c’est sans doute trop.

Certes, le film nous montre, dans sa seconde partie, sur un mode quasi documentaire, comment se tourne un film, quelles questions un jeune réalisateur, pas toujours préparé à le faire, doit trancher, quelles sourdes dissensions émergent dans l’équipe de tournage au point de la fissurer. Il interroge aussi l’écriture d’une fiction autobiographique, tiraillée entre deux impératifs parfois contradictoires : la fidélité aux faits tels qu’ils ses sont déroulés et leur paradoxal manque d’authenticité si on les rejoue tels quels devant la caméra.

Mais "The Souvenir" souffre d’un défaut rédhibitoire. L’histoire d’amour entre Julie et Anthony ne fonctionne pas. Ce n’est pas la faute des deux acteurs, l’un et l’autre excellents : la jeune Honor Swinton-Byrne (dont la mère à la ville, la célèbre Tilda Swinton, une amie de longue date de la réalisatrice Joanna Hogg, joue ici le propre rôle de sa mère à l’écran) est une révélation et Tom Burke est déjà un acteur confirmé (il interprétait le personnage de Orson Welles dans "Mank"). Mais aucune alchimie ne se dégage de leur couple disharmonieux. On ne voit pas, on ne comprend pas, ce que diable elle lui trouve. Alors, certes, la seconde partie du film éclaire les mystères de cette union contre-nature. En tournant son film, Julie doit s’interroger sur les raisons profondes de sa passion et en informer les acteurs qu’elle a choisis (on reconnaît la toujours juste Ariane Labed). Sans cette seconde partie, la première aurait été lugubre. Mais avec elle, elle n’en devient pas pour autant passionnante.
traversay1

4 502 abonnés 5 400 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 février 2022
Même si l'on n'est pas forcément séduit par The Souvenir, impossible de ne pas être fasciné, d'une manière ou d'une autre, par le geste cinématographique de Joanna Hogg, qui se remémore ses jeunes années, quarante ans plus tard, marquées notamment par l'apprentissage de son futur métier. Dans The Souvenir 2, un tantinet plus abordable et moins dans une pose auteuriste que la première partie de ce diptyque, exit l'amoureux de son héroïne, ce qui au-delà du deuil à faire, la rend plus libre et prête à s'engager dans la grande aventure professionnelle. Le film ressemble cependant toujours à une séance de psychanalyse, avec une mémoire qui peut embellir ou noircir les faits et les états d'âme mais cette recherche a sans doute fait beaucoup de bien à Joanna Hogg, tout en elle pouvant donner l'impression au spectateur de naviguer dans des zone très intimes, laquelle, hormis la curiosité intrinsèque du cinéphile, peut s'avérer gênante et surtout tellement étrangère à son vécu et à ses aspirations en termes de fiction. L'on comprend bien la volonté de la réalisatrice de montrer comment l'art en général, et le cinéma en particulier, sont capables de transcender les traumatismes les plus profonds (il faut bien que genèse se passe) mais cette expérience est filmée comme quelque chose de très personnel (ce qui en fait le pricx pour certains) et ne tend que peu la main à ses observateurs pour se rendre universel. C'est une question d'appréciation :chacun appréhendera à sa façon le style de la cinéaste et sa griffe narrative qui sont singuliers et sensibles mais un brin trop travaillés, voire affectés.
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 161 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2022
Légèrement en dessous de la Part I, cette Part II est pourtant indispensable pour saisir combien la création peut transcender un trauma - ce qui semble être finalement l'élan qui a poussé à l'existence de ce fabuleux dyptique.
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