Le concept est prometteur, mais le projet n'est pas abouti ni maîtrisé, avec pour résultat une sorte de pilote de série Netflix, qui aurait pu être comparée à "Riget"/"The Kingdom"/"L'hôpital et ses fantômes" de Lars von Trier, ici dans un immeuble à cour, typique de Berlin.
Il y a un mystère, une énigme qui se dégonflera progressivement, comme une baudruche.
Les thématiques effleurées étaient pourtant pertinentes et d'actualité : gentrification, haine et rapports de force exacerbés par les différences économiques et culturelles, manque d'humanité des décideurs, absence de respect des petits chefs qui abusent allègrement de leur petit pouvoir, ...
Malheureusement, le propos de la réalisatrice turque reste confus (trop de personnages et de conflits), part en vrille et ne conduit nulle part, avec une brutale « fin ouverte », facilité répétitive des Dardenne.
Le plus remarquable est que ce fouillis turquo-allemand raté, passé presque totalement inaperçu ailleurs, est sorti au cinéma en Belgique. Cela s'explique parce que c'est coproduit, avec l'argent du contribuable wallon, par les insupportables frères Dardenne, qui sont à l'initiative de la reprise du cinéma Palace où leur influence est encore forte.
Vu en salle 3 du cinéma Palace (Bruxelles), en juin 2024.
Je conseille plutôt de revoir le chef-d'œuvre de Roman Polanski "Le locataire" (1976).